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JA Massif central
« Notre travail mérite des prix ! »

Les jeunes agriculteurs confirment que les annonces du président Sarkozy sentent le réchauffé. En aucun cas, ils veulent s’en contenter. L’avenir de l’agriculture en dépend.

De gauche à droite : Julien Fau (JA Cantal), Régis Desbordes (JA Haute-Vienne), Michel Queille (JA Massif central), Raphaël Fabre (JA Puy-de-Dôme) et Gilles Amat (JA Auvergne).
De gauche à droite : Julien Fau (JA Cantal), Régis Desbordes (JA Haute-Vienne), Michel Queille (JA Massif central), Raphaël Fabre (JA Puy-de-Dôme) et Gilles Amat (JA Auvergne).
© DR

Toutes les filières agricoles avaient besoin d'un vrai bol d'air. L'ensemble des professionnels en conviennent.

A ce besoin impérieux, le président de la République a répondu par un nouvel endettement, pour « consolider la trésorerie des exploitations ». « C'est illusoire et à côté de la plaque », estime Michel Queille, président des JA Massif central. « Nous demandions l'année blanche, c'est-à-dire donner la possibilité aux paysans de rembourser une année de leur emprunt en différé, dans les dernières années où courait cet emprunt ». La réponse du Chef de l'Etat peut se résumer ainsi, selon Julien Fau, président des JA Cantal : « travailler plus c'est s'endetter plus ! ». Ce n'est pas tout à fait comme cela que les jeunes ont choisi ce métier, et imaginé leur avenir. Alors, ils vont continuer à se battre, « pour faire en sorte que cette année blanche aboutisse », mais aussi « pour exiger un meilleur partage de la valeur ajoutée».

Les beaux discours ont vécu

« Nicolas Sarkozy nous a parlé de régulation des marchés, de meilleure organisations de filières. Si ces déclarations d'intention vont dans le bon sens, force est de constater qu'il nous les resserre à chaque discours, à chaque campagne électorale, et en attendant, rien ne se passe ! », estime Michel Queille.
Le temps de l'action est donc venu, et les JA considèrent que la solution durable est à trouver du côté d'une politique de prix plus encadrée. « Il faut imaginer une nouvelle façon de faire du commerce avec les produits agricoles, dans l'intérêt de tous les maillons de la filière, du producteur au consommateur », explique Gilles Amat, président des JA Auvergne. Il fait de cette question un enjeu politique, puisqu'elle conditionne la souveraineté alimentaire de la France.

Mettre au pas la grande distribution

L'équation est très simple, « nous produisons des denrées qui ne couvrent même pas nos charges, donc nous vendons à perte. La grande distribution, sous couvert de la crise, exige des prix d'achats toujours de plus en plus bas, et au bout de la chaîne, le consommateur est floué, puisque les produits qu'il achète sont toujours aussi chers». Ce cercle infernal où les marges ne profitent qu'à un seul maillon de la filière n'a que trop duré. « 9 milliards de soutiens sont accordés aux agriculteurs dans le cadre de la PAC, par les citoyens européens.
9 milliards, c'est aussi le bénéfice que tirent les GMS sur les produits alimentaires français ! ». Face à ces chiffres, la politique de prix qu'appellent de leurs vœux les responsables agricoles est loin d'être utopique.
« Aujourd'hui, nous allons poursuivre notre travail auprès des députés et des sénateurs, pour que dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture votée prochainement, nous disposions d'une porte de sortie en matière de meilleure répartition de la valeur ajoutée », conclut Gilles Amat.

 


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