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Interview
“ Notre priorité, c’est avant tout de dépister la besnoitiose ”

Présente dans le Sud de la France, la besnoitiose gagne du terrain sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le point avec Romain Persicot, le directeur régional du Groupement de défense sanitaire (GDS) Auvergne-Rhône-Alpes.

Selon le directeur régional du groupement de défense sanitaire (GDS) Auvergne-Rhône-Alpes,  Romain Persicot, le seul moyen que les éleveurs ont pour protéger le troupeau de la besnoitiose, « c’est la biosécurité ».
Selon le directeur régional du groupement de défense sanitaire (GDS) Auvergne-Rhône-Alpes, Romain Persicot, le seul moyen que les éleveurs ont pour protéger le troupeau de la besnoitiose, « c’est la biosécurité ».
© DR

Comment et quand la besnoitiose est-elle apparue au sein des troupeaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes ?
Romain Persicot : « Cette maladie émergente est d’abord apparue dans le Sud-Ouest de la France. Depuis une dizaine d’années, elle remonte vers le nord et, notamment, en Auvergne-Rhône-Alpes. Elle se transmet par les insectes piqueurs, mais également par l’utilisation d’aiguilles à usage multiple dans les élevages infectés. Son expansion reste assez lente, mais un des facteurs déterminants est le mouvement d’animaux entre les départements. Certains animaux porteurs du parasite et non dépistés peuvent être introduits dans des zones indemnes, parfois lointaines, et les contaminer. »


Comment s’organise la lutte contre cette maladie ?
R. P. : « Il n’y a pas de stratégie nationale de lutte obligatoire pour l’instant. Néanmoins, à l’heure actuelle, tous les départements de la région ont mis en place un dépistage sur le lait, puis un dépistage individuel lorsque des anticorps sont retrouvés dans le tank. Pour les vaches allaitantes, plus de la moitié des départements mettent déjà en place une surveillance via un dépistage dans le sang lors de la prophylaxie. Notre priorité, c’est avant tout de dépister cette maladie. Par exemple, le département de l’Ardèche a été précurseur en matière de surveillance, puisque les éleveurs ont procédé à de nombreux dépistages. Les éleveurs ont intérêt à trouver cette maladie, avant que le taux de contamination n’augmente. »


À l’échelle régionale, est-il possible d’établir le nombre de bêtes qui ont été testées positives à la besnoitiose ?
R. P. : « Les stratégies de chaque département ne sont encore pas sur la même base, donc nous ne pouvons pas consolider des chiffres. La lutte a démarré il y a quelques années, elle est encore récente. Une chose est néanmoins sûre, la maladie s’installe doucement au niveau régional. Dans les départements qui demandent le dépistage lors de l’introduction des bovins, environ
1 à 2 % des animaux sont dépistés positifs. On estime qu’environ 10 % des cheptels ont au moins un bovin positif. Parmi ces cheptels, 95 % d’entre eux n’ont généralement qu’un à trois bovins positifs. Dans la population globale, la part des animaux positifs reste pour l’instant assez faible, mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas grave. Si nous ne gérons pas ce faible pourcentage tant que c’est encore possible, nous n’en serons plus maîtres dans cinq ou dix ans. »


Faut-il systématiquement abattre un bovin positif à la besnoitiose ?
R. P. : « Dans un cheptel, la maladie s’installe toujours assez lentement. L’objectif, c’est donc de dépister rapidement, au moment où l’expansion de la maladie au sein du troupeau n’est pas excessive. Si un, deux ou trois bovins sont positifs, il faut vite les éliminer, car ils constituent un réservoir de la maladie. Abattre un bovin positif, c’est finalement un investissement pour le reste du troupeau. Par la suite, il est possible de vendre la viande du bovin abattu, puisque le parasite ne pose pas de problème pour la consommation humaine. »

La prise en charge de cette maladie est-elle réglementée ?
R. P. : « Pour l’instant, aucun remède n’existe. C’est d’ailleurs pour cela que nous insistons sur le dépistage dès l’introduction d’une nouvelle bête. La besnoitiose est un parasite. Aucun vaccin n’existe à ce jour. Il n’y a pas non plus de réglementation en vigueur à l’heure actuelle. Le seul moyen que nous avons pour protéger le troupeau, c’est la biosécurité, rien d’autre. Les mesures de biosécurité sont efficaces, chaque éleveur en applique déjà un bon nombre et elles sont, par ailleurs, utiles à la prévention de toutes les maladies. »

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