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Plan Sodiaal : fermeture de deux sites industriels
"Notre engagement permanent est de collecter tout le lait des sociétaires"

Dans un contexte “lait de consommation” difficile, Candia présente un projet de fermeture de deux sites industriels, dont l’atelier lait de consommation de Clermont-Ferrand.

Michel Thouly, président de Riches Monts et administrateur du groupe Sodiaal
Michel Thouly, président de Riches Monts et administrateur du groupe Sodiaal
© Auvergne Agricole
La semaine dernière, le groupe Sodiaal a annoncé son projet de fermeture de deux sites Candia, celui de Ressons sur Matz (60) et l’atelier lait de consommation de Clermont-Ferrand. Cette décision s’inscrit dans le plan de restructuration initié par Sodiaal dont l’objectif est « d’améliorer la performance du groupe à travers la valorisation du lait de tous les sociétaires ».
Michel Thouly, président de Riches Monts et administrateur du groupe Sodiaal, s’exprime sur la fermeture de l’unité de Clermont Ferrand.Le Groupe Sodiaal a choisi de fermer l’atelier lait de consommation de Clermont-Ferrand. Qu’est-ce qui justifie cette décision ?
L’activité de Candia subit toutes les conséquences d’un marché du lait en pleine régression liée notamment à une forte baisse de consommation de fromage, lait, beurre et produits frais. Il est devenu largement sur-capacitaire en potentiel industriel de transformation, soit environ 500 M de litres en France. Cette situation, aggravée par ailleurs par les décisions de la PAC, incite le groupe à développer la compétitivité de ses outils industriels en spécialisant certains d’entre eux, sur telle ou telle production. C’est le cas pour l’usine de Clermont-Ferrand où l’atelier lait de consommation de trop petite capacité, va être fermé. L’usine va en revanche être réaménagée pour intensifier la production de beurre.
Ce choix s’explique aussi par  la configuration de l’usine qui, enclavée entre l’autoroute et le chemin de fer, ne permet pas d’extension nécessaire au développement du conditionnement des bouteilles plastiques. C’est le site de Vienne qui assurera ce développement.

Quelles sont les conséquences pour les producteurs sociétaires ?
Notre engagement permanent est de collecter tout le lait des sociétaires et de le valoriser dans les différentes filières. Ce projet ne modifie donc en rien la collecte, seule son affectation dans les différentes usines sera modifiée.
L’objectif dans cette décision n’est autre que de rationaliser la production et de réduire les charges de logistique et de fonctionnement pour pouvoir survivre demain.
Peut-on craindre à terme une sorte de délocalisation de la production de lait en dehors des terres auvergnates ?
Nous appliquons au sein du Groupe Sodiaal, une politique industrielle attachée au centre de productions. Pas question de délocaliser ! bien au contraire, c’est l’inverse qui se passe. Au sein de l’Union des Coopératives, nous collectons sur 62 départements et développons les sites de transformation. A Brioude par exemple, on est passé de 13 000 tonnes de fromage à 20 000 tonnes ; le mouvement a été le même à la laiterie de Besse . Quant à Clermont, nous venons de le voir, l’usine est vouée à devenir prochainement une unité de transformation majeure en matière de beurre. Cela montre bien l’attachement de la coopération au territoire, sa volonté d’augmenter la production plutôt que de la réduire. Mais pour que cela fonctionne, nous avons besoin de nous restructurer, d’optimiser et de rentabiliser nos sites de productions tout en réduisant nos charges. C’est la raison du déplacement des lignes de conditionnement de lait de consommation de Candia Clermont-Ferrand vers d’autres centres !

Existe-t-il d’autres projets dans le plan annoncé par Sodiaal ?
Les autres évolutions portent  sur la restructuration du siège de Candia qui prévoit, notamment, un plan d’économie important et une recherche de performance accrue ; ceci devant s’inscrire également dans l’objectif d’amélioration de la valorisation du lait de tous les sociétaires du groupe.
Propos recueillis par C.Rolle

En chiffres…
Sodiaal est le 1er groupe coopératif laitier français :
2,27 milliards de litres collectés
10 720 producteurs répartis sur 62 départements
2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 17 % à l’international
3829 salariés en Europe
Sodiaal Union des Coopératives réunit 7 coopératives :
Elnor, Est-lait, Orlac, Sully, Ucalm, Riches Monts et Tempé-lait

La coopérative Riches Monts est réorganisée en 4 sections: Riches monts Sud Aveyron (Lozère et Tarn), Auvergne (Puy-de-Dôme, Haute-Loire et Cantal), Besse (coop de Besse) et Auzance (Creuse, Combrailles).
Le Puy-de-Dôme et l’Aveyron totalisent les 2/3 des volumes soit 200 500 000 litres sur 308 340 000 de litres. Le Tarn et la Creuse présentent les plus fortes moyennes de livraison par exploitation, soit 199 603 litres pour le premier et 188 000 pour le deuxième.

Depuis le 15 juin, Yves Soulhol assure, en plus de la direction de la coopérative Riches Monts, celle de Tempé-lait.

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