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FOURRAGE
Ne sous-estimez plus la ressource fourragère des prairies humides !

Le Diagnostic Multifonctionnel du Système Fourrager (DIAM) permet aux éleveurs bovins, ovins ou caprins d'optimiser la gestion et la conduite de leurs prairies et tendre encore davantage vers l'autonomie alimentaire.

Géraldine Dupic, conseillère fourrage à la Chambre d'agriculture et Anne Chauvet, éleveuse à Égliseneuve d'Entraigues, ont évalué le potentiel productif des prairies humides qui s'élève à 55 T de MS pour 13,4 ha.
Géraldine Dupic, conseillère fourrage à la Chambre d'agriculture et Anne Chauvet, éleveuse à Égliseneuve d'Entraigues, ont évalué le potentiel productif des prairies humides qui s'élève à 55 T de MS pour 13,4 ha.
© M. Comte

Les projections climatiques prévoient une hausse des températures et une baisse de la pluviométrie. L'ETP (évapotranspiration) devrait augmenter de 10 à 20 mm/mois au printemps et en été, occasionnant des pertes de productions d'herbe de l'ordre de 23%. Ces dernières années ont donné un premier aperçu de ce qui pourrait être la norme dans un avenir proche.
À Égliseneuve d'Entraigues, Anne Chauvet, éleveuse de vaches Salers, n'a pas été épargnées. "Depuis que je suis installée, j'ai dû acheter des fourrages à cause des sécheresses." L'éleveuse a réalisé dernièrement un DIAM (Diagnostic Multifonctionnel du Système Fourrager) pour optimiser davantage la conduite de ses prairies et notamment les parcelles humides jusqu'ici sous exploitées.

"Jusqu'à 55 T de MS "

Avec 100 hectares de prairies permanentes pour une soixantaine de vaches Salers, Anne Chauvet souhaite développer son "autonomie fourragère" et adopter "une gestion des pâtures en cohérence avec les parcelles". Géraldine Dupic, conseillère fourrage à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a réalisé le DIAM grâce auquel elle a identifié 14 types de prairies différentes sur l'exploitation de l'éleveuse dont 13,4 ha de prairies humides (soit 14% de la SAU). Grâce à une expertise approfondie, appuyée par une bibliographie détaillée éditée par les Chambres d'agriculture et l'INRAe, la conseillère a pu déterminer la productivité de ces prairies humides à " 55 T de MS sur la totalité de la surface ". Cette herbe comblerait à elle seule 13 % des besoins annuels du troupeau.

Un usage délicat

Les résultats du DIAM conduits sur son exploitation confortent Anne Chauvet "je suis rassurée car je sais désormais, de source sûre, que je peux être autonome au niveau fourrager". Cependant, la jeune éleveuse est confrontée au manque de temps et à la difficulté d'application de certaines pratiques. " Il y aurait beaucoup de choses à faire pour atteindre cette autonomie fourragère. Les petites choses simples comme revoir le découpage des parcelles c'est facile à mettre en place mais d'autres pratiques plus complexes me paraissent difficilement réalisables." En effet, la récolte mécanique dans ces zones humides n'est pas impossible mais elle demande une vitesse de travail plus lente. Quant à la pâture, la méthode du "topping", qui consiste à faucher l'herbe et à la laisser sur place pour que les vaches la consomment, semble "offrir de bons résultats" selon Géraldine Dupic mais exige du matériel adapté.
Toute la difficulté de ces prairies humides réside donc dans leur exploitation. Souvent gorgées d'eau, elles sont parfois même quasi impraticables y compris par les animaux. Selon Géraldine Dupic "elles demandent une réflexion et une observation plus poussée pour adapter le nombre d'animaux, la période de pâture..." avant d'ajouter "lors des années sèches, même si les animaux ne mangent pas tout, c'est toujours bon à prendre".

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