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Lactalis
«Ne rien signer avant de s’être organisé»

L’Association des Producteurs de lait Massif central voit rouge. Elle soupçonne Lactalis de vouloir utiliser la contractualisation laitière comme un moyen d’imposer son dictat aux producteurs.

Dans un communiqué en date du 24 avril dernier, Michel Lacoste, président de l’Association des Producteurs de lait Massif central (Aplmc) dénonce une nouvelle fois «la proposition de contrat inacceptable » formulée par Lacatalis en avril 2011.

« Partout en France, les producteurs se sont organisés et ont constitué une délégation nationale en vue de négocier collectivement le contrat » indique le président Lacoste. Mais cette négociation qui a pu avancer durant tout l’été est aujourd’hui rompue par Lactalis. En effet, l’entreprise laitière refuse catégoriquement de reconnaitre la place et le rôle des organisations collectives de producteurs « pour se garder la possibilité d’un traitement individuel de chaque producteur » commente le représentant de l’Aplmc.

Engagés dans la voie de l’organisation collective à travers la création de l’Aplmc, les producteurs de lait du Massif central ont décidé de réagir et d’agir contre les manœuvres de Lactalis en apportant leur soutien au groupe de négociation national de producteurs Lactalis, «groupe de négociation légitime et représentatif de l’ensemble du territoire français » ; et en appelant les producteurs livrant à Lactalis à ne Rien Signer pour obliger Lactalis à reprendre la discussion collective.

«Le contrat tacite non écrit qui lie les producteurs à Lactalis est plus protecteur que ce que propose l’entreprise» souligne Michel Lacoste. «La filière laitière française construit son avenir. L’Etat a affirmé sa volonté de donner un cadre général basé sur l’organisation des producteurs. Mais comment l’Etat peut-il prôner l’organisation collective des producteurs et tolérer l’attitude du groupe Lactalis ?» s’insurge le président.

Huit raisons de ne pas signer la deuxième version du contrat Lactalis

L’Association des producteurs de lait Massif central avance huit raisons pour ne pas signer de contrat avec Lactalis :

- Pas d’impératif : vous avez déjà un contrat tacite non écrit qui vous lie conventionnellement avec Lactalis : il se poursuit si vous ne signez pas de contrat écrit. Ce contrat non écrit est plus protecteur que le contrat écrit qui va vous être proposé par Lactalis !

 

- Il s’agit un contrat individuel : vous êtes seul face à Lactalis. Vous ne pourrez plus rien négocier, ni sur le prix, ni sur le volume après 2015.

Refus de reconnaître le rôle des organisations de producteurs : Lactalis ne veut pas de producteurs regroupés dans des OP reconnues, capables de négocier avec lui. C’est une vision arriérée de la relation producteur / laiterie !

 

- Volumes : dans la version 2 du contrat Lactalis, vous perdez définitivement la main sur votre droit à produire :

Vous n’êtes plus libre de faire plus ou moins de lait.

Vous ne pouvez plus transmettre librement votre contrat au successeur de votre choix (Lactalis en revanche peut céder votre contrat librement).

Dès 2015, Lactalis vous pénalisera en ne prenant en compte que le quota administratif sans tenir compte de la matière grasse.

Lactalis ne vous garantit pas un volume correspondant à votre quota au 31 mars 2015.

 

- Prix : Lactalis, en cas de crise ou de désaccord sur le paiement, fixe seul le prix. Vous n’aurez aucun recours pour contester. Il n’y a plus de primes dès signature du contrat !

 

- Qualité : Lactalis a ajouté des critères de paiement du lait (acidité).

 

- Collecte : Lactalis se dégage de son obligation de collecte en cas d’action syndicale ou d’intempéries.

 

- Durée : le contrat prévoit un préavis de résiliation de 12 mois, plus court que celui du contrat non écrit (1 mois par année d’ancienneté).

 

- Faute : en cas de non- respect d’une des clauses, le contrat peut être rompu immédiatement sans délai ni indemnité.

 

Seule la négociation collective peut faire évoluer ce contrat !

Rien n’a été validé, rien ne doit être signé !

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