Aller au contenu principal

Bouriannes
“On ne pouvait plus tenir !”

Les producteurs de la SARL et de la coopérative laitière de Bouriannes s’expliquent. Et demandent à ce que chacun reconnaisse ses erreurs.

Les producteurs de la SARL et de la coopérative laitière de Bouriannes justifient leur départ tout en réclamant l’aide des élus pour survivre.
Les producteurs de la SARL et de la coopérative laitière de Bouriannes justifient leur départ tout en réclamant l’aide des élus pour survivre.
© PAP

“On n’a pas quitté le navire. On est parti, parce qu’on n’avait pas le choix. La situation était devenue insoutenable !”, voici le message transmis par Cédric Viallemonteil, secrétaire de l’association de défense des producteurs de Bouriannes. Pour André Battut, représentant la société laitière, les producteurs étaient à bout de force : “Au départ, il était question d’un redressement judiciaire pas d’une liquidation, alors il était encore possible de garder espoir. Mais dès qu’on a su que ça ne tiendrait pas, c’en était trop pour les familles.” Les producteurs reprochent le fait qu’on ne leur ait pas expliqué plus tôt la situation. “Il a fallu attendre le 8 octobre pour que l’administrateur judiciaire nous dise clairement que le redressement ne serait pas possible.” Une révélation qui, à en croire les producteurs, était plus que nécessaire. “Si on avait attendu ne serait-ce que deux mois qu’un éventuel repreneur arrive, la plupart des producteurs n’auraient pas tenu le coup et auraient sûrement fait faillite”, déclare Pierre Balladuc, président de l’association. Michel Chavaroche, producteur collecté par la laiterie de Bouriannes, témoigne de la situation dans laquelle il se trouvait : “Avec 100 jours de perdus, ça me faisait 80 000 litres de lait, c’est-à-dire 30 000 euros d’impayés auxquels s’ajoutent les charges. En tout, j’ai perdu près de 30 % de mon chiffre d’affaires annuel. Ça ne pouvait pas continuer !”

Responsabilité partagée

Certains producteurs s’indignent de la façon dont Alain Meynial, directeur de la société fromagère ayant démissionné le 2 septembre, a été traité. “C’est sûr qu’on aurait aimé qu’Alain Meynial nous explique les problèmes qu’il rencontrait avec la laiterie plus tôt. Il a ses torts, mais tout n’est pas de sa faute, fait remarquer Marcel Desaymons, nouvellement nommé président de la coopérative. Étant également maire de Sourniac, il semblerait même qu’il serve de bouc émissaire.” D’après Pierre Balladuc, il serait tant que chacun reconnaisse ses erreurs. “On veut bien prendre notre part de responsabilité, mais on aimerait aussi que les élus reconnaissent la leur !” Les producteurs expriment leur amertume quant à la réaction des élus et notamment de la communauté de communes du pays de Mauriac : “Ils n’ont rien fait pour nous aider vraiment !” Le président de l’association se désole également des propos du sous-préfet déclarant que “l’État n’interviendrait pas sur cette affaire”. Selon lui, un jour ou l’autre, l’État se rendra compte de la gravité de la situation et n’aura pas d’autre choix que de réagir. “D’ici la fin de l’année, on peut imaginer que sur le bureau du sous-préfet seront déposés plus d’une quarantaine de dossiers de personnes en grosses difficultés financières. Il faudra bien que l’État leur réponde.” Avant d’ajouter, avec une pointe d’ironie : “En tout cas, une fois que le dépôt de bilan sera déposé, on ne pourra plus dire que la laiterie pollue.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

producteur de fromages dans une cave qui présente une fourme de salers AOP
Pas de vaches au Salon, mais les fromages du Gaec Troupel en concours

À Loubéjac de Carlat, le Gaec Troupel perpétue une tradition fromagère familiale en salers et cantal fermier, vieille  de…

grille à bétail
La grille à bétail, un nouveau dispositif breveté

Éleveur à Saint-Priest-en-Murat, Antoine Monce a inventé un système efficace pour retenir ses vaches sur leur pâturage. Cette…

Quand les incohérences fragilisent l’agriculture

Pour la FDSEA de la Creuse, remettre de la cohérence dans les décisions publiques est devenu une urgence absolue.

Une jeune femme accroupie devant des aubracs au cornadis porte un gilet Chambre d'agriculture du Cantal
Maëva conseille une cinquantaine de fermes

À 22 ans, Maëva Dollé-Roullier a troqué son rêve de devenir vétérinaire contre celui  de conseillère en élevage bovin…

Depuis le 19 janvier, Murat retrouve un cabinet vétérinaire

Emma Mondy et Alexis Ferrières viennent de s’installer à Murat, en sortie de ville pour soigner les animaux de compagnie. Un…

Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

Annie Genevard a posé aux côtés de Sébastien Vidal, président de Limagrain, la première pierre du projet Athenza, doté de 200…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière