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« Ne pas attendre pour pousser la porte de sa banque »

Être à l’écoute des problématiques de chacun pour y apporter les solutions les plus adaptées, telle est la stratégie déployée actuellement par le Crédit agricole Centre-France face à une crise agricole qui n’épargne aucun secteur. Le point avec le président Jean-François Giraud.

© CACF

Quelle analyse faites-vous de la situation agricole du moment ?

Il est difficile de raisonner de manière globale tant les filières sont diverses, tant les exploitations sont variées au niveau des productions, des conduites, des modes de mises en marché… En revanche, nous constatons une persistance des difficultés, voire une progression, en lait, en viande mais aussi en céréales. La problématique des cours est globale. Et tant que nous n’aurons pas de solutions durables capables de ramener de la valeur ajoutée vers le maillon de la production, nous serons pris dans cet engrenage des difficultés.

Dans le cadre des mesures d’urgence mises en place par le Gouvernement, les banques ont été sollicitées. Quelles actions sont menées par la Caisse Régionale Centre-France ?
Le Crédit agricole Centre France est génétiquement « relié » au monde agricole depuis des générations. À ce titre, nous apportons des solutions aux agriculteurs en difficulté par le biais de financements (prêt de trésorerie, année blanche, etc.), mais pas que… L’enjeu pour nous est d’abord d’écouter et d’utiliser tous les outils dont nous disposons afin d’examiner chaque situation dans sa singularité. Les agriculteurs ne doivent pas attendre pour rencontrer leur conseiller. Par expérience, la banque ne doit pas être le dernier recours que l’on sollicite quand la situation est déjà malheureusement très préoccupante. Rester seul face à ses difficultés, c’est prendre le risque de s’enfoncer davantage encore. L’anticipation est globalement meilleure conseillère que la précipitation.

Difficile toutefois d’anticiper quand les signaux de reprise tardent à se manifester…
Les projecteurs passent en effet d’un secteur à l’autre, sans que nous apercevions le bout du tunnel. C’est bien ce qui nous inquiète et nous pousse à nous mobiliser davantage pour ne laisser personne au bord du chemin. Dans la plupart des productions, nous avons très peu de visibilité à court terme. En lait, l’annonce des pays du nord d’un prix du lait à 200 euros la tonne n’est pas très rassurante. La France va forcément être impactée, même si on peut espérer un effet amortisseur. Globalement, nos filières souffrent d’un syndrome général qu’il faudra bien un jour parvenir à atténuer faute d’être en mesure de l’enrayer totalement : nos prix sont trop dépendants des marchés mondiaux alors que notre consommation et nos usages sont plus locaux.

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