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«Ne laissons pas les autres parler à notre place…»

À l’heure où s’ouvre le Salon de l’Agriculture à Paris, Yannick Fialip président de la FDSEA 43 invite les agriculteurs à positiver sur leur métier dans les médias.

Yannick Fialip, président de la FDSEA : "À trop dénigrer le métier, on risque de rebuter des jeunes".
Yannick Fialip, président de la FDSEA : "À trop dénigrer le métier, on risque de rebuter des jeunes".
© HLP

L’agriculture et l’alimentation sont très souvent à la Une des médias, notamment à la télévision. Yannick Fialip, que vous inspirent ces reportages tels l’affaire Lactalis, Cash investigation, le documentaire sur la production de coton ou encore l’avant Salon de l’Agriculture ?
Yannick Fialip président de la FDSEA 43 : On est souvent cités. L’agriculture et le secteur agro-alimentaire font très souvent l’objet de reportages, d’analyses avec des personnes qui n’y connaissent pas grand chose, qui sont éloignées, déconnectées de la réalité. Et cela nous fait réagir…
Même si le nombre d’agriculteurs diminue, notre secteur d’activités est essentiel dans notre pays parce que nous répondons à plusieurs missions. Nous garantissons la sécurité alimentaire de l’ensemble des Français en qualité, en quantité et par une diversité de produits. Nous permettons à la France d’exporter et d’afficher une balance commerciale positive de 10 à 12 milliards d’euros par an, une des seules positives alors que le déficit français est de - 66 milliards d’euros. L’agriculture est un secteur qui investit chaque année. 14 milliards d’euros pour moderniser nos structures, c’est de l’emploi local pérennisé. Présente sur tout le territoire, l’agriculture permet un équilibre territorial alors que la France a tendance à se “métropoliser“. Et très souvent, c’est le dernier maillon économique qui maintient ouverts et vivants les territoires ruraux. Je le redis l’agriculture, et par extension l’agro-alimentaire, est un secteur essentiel. C’est normal qu’il fasse débat.


Alors comment réagir face à ces images souvent à charge contre l’agriculture ?
Y.F. : Nous agriculteurs ne devons pas avoir de retenue ou de pudeur sur notre métier. Au contraire, nous devons saisir la balle au bond et parler de ce que nous faisons. Le modèle agricole français tel qu’il est aujourd’hui, allie compétitivité et montée en gamme, tout en conservant des exploitations de taille familiale. Et c’est ce modèle que nous devons mettre en avant sur les chaines de télévision et sur les réseaux sociaux.
Autre chose, on est passé d’un mode agricole à un mode alimentaire. C’est à nous agriculteurs d’être présents sur ce débat en portant un message positif et constructif, et je fais confiance à la FNSEA et à Christiane Lambert pour communiquer dans ce sens au niveau national, notamment au Salon de l’Agriculture dès cette semaine… Mais à nous aussi au niveau local de véhiculer ce même message. Je pense notamment au manger local, idée à porter auprès des mairies et des collectivités territoriales  pour les cantines scolaires, les maisons de retraite, les hôpitaux… À nous d’engager le débat sur la qualité et le prix de l’alimentation par exemple.

Derrière cette comunication autour du métier et de la qualité des produits, quel autre message souhaitez-vous passer ?
Y.F. : À trop dénigrer le métier, on risque de rebuter des jeunes. Déjà aujourd’hui, le secteur est en recherche de salariés et d’exploitants ; des places sont à prendre. Alors, attention… Nous agriculteurs ne devons pas restés pessimistes, fatalistes. En choisissant ce métier, nous réalisons un projet professionnel et un projet de vie. Nous sommes fiers d’élever nos animaux, fiers de cultiver nos champs, à nous de le dire. Et c’est ce que font les milliers d’agricultrices et agriculteurs qui se déplacent à Paris pour le Salon International de l’Agriculture affichant leur savoir-faire et leur passion dans leurs élevages, dans leurs ateliers de transformations…
J’invite donc les agriculteurs à positiver sur leur métier et chaque fois que cela leur est possible. 
Nous devons être présents à la télévision, sur les antennes radios et sur les réseaux sociaux, dans les espaces de décisions.  Ne laissons pas les autres parler à notre place…

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