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Naussac : un barrage rempli au tiers de sa capacité, des inquiétudes pour l'année

Principale retenue d'eau en amont de l'Allier et de la Loire, la retenue de Naussac est aujourd'hui remplie à moins du tiers de sa capacité, faute de pluies suffisantes depuis des mois. Le gestionnaire de la retenue appelle d'ores et déjà à anticiper de possibles restrictions et adapter les usages.

Principale retenue d'eau en amont de l'Allier et de la Loire, la retenue de Naussac est aujourd'hui remplie à moins du tiers de sa capacité, faute de pluies suffisantes depuis des mois. Le gestionnaire de la retenue appelle d'ores et déjà à anticiper de possibles restrictions et adapter les usages.
Principale retenue d'eau en amont de l'Allier et de la Loire, la retenue de Naussac est aujourd'hui remplie à moins du tiers de sa capacité, faute de pluies suffisantes depuis des mois. Le gestionnaire de la retenue appelle d'ores et déjà à anticiper de possibles restrictions et adapter les usages.
© GS

185 millions de mètres cubes : c'est le volume théorique que peut contenir la retenue de Naussac, construite dans les années 80 pour soutenir la politique nucléaire sur la Loire et contribuer aux besoins en eaux jusqu'à Nantes, notamment pour l'irrigation en Auvergne. Mais au 6 février, la retenue n'était toujours pas remplie à plus du tiers de sa capacité. Pourquoi ? Retour en arrière, fin 2021. Après un début de saison clément, l'automne, puis l'hiver et le printemps ont été marqués par un déficit en pluie très important. Au début de la saison où les barrages soutiennent les cours d'eaux, le barrage n'était qu'aux trois quarts rempli, avec 140 millions de mètres cubes. « Dès le début de l'été 2022, on savait qu'on aurait des difficultés » souligne Emmanuel Lehmann, chef du service barrage à l'Établissement Public Loire (EPL), qui assure la gestion des retenues de Naussac et de Villerest, sur la Loire, en aval.
S'ensuivirent un été caniculaire et une sécheresse persistante due aux effets du changement climatique et une année complète de températures supérieures aux moyennes selon Météo France. Début décembre dernier, le niveau du barrage tombait à 27 %. Un seuil rarement atteint. Mais surtout, lorsque cela s'était produit pour des vidanges ou lors d'une saison sèche, il n'avait pas été nécessaire comme cette année de « moduler de manière très forte et très précoce les objectifs de soutien » détaille Emmanuel Lehmann. Concrètement, les robinets des barrages de Naussac et Villerest ont été réduits et le débit minimal garanti sur la Loire abaissé de 50 à 38 m³/s, pour garantir ce soutien jusqu'à fin décembre.

Pour les habitants et agriculteurs, peu de solutions d'adaptation

Les projections scientifiques sur le réchauffement climatique convergent vers une augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses d'ici 2050, qu'elles soient météorologique (la pluie) ; agricole (sur les eaux superficielles) et hydrologique (rivières, nappes et lacs). Mais c'est bien dès aujourd'hui qu'à la commune Naussac-Fontanes, le maire Jean-Louis Brun ne cache pas sa « grande inquiétude » sur la sécurité en eau des prochaines années. « Une des sources principales de Langogne a vu son débit actuel diminué de 80 % » souligne le maire qui « invite à préserver l'eau au maximum ». Une situation bien perçue par le monde agricole qui ne bénéficie qu'assez peu de l'eau du lac lui-même, essentiellement pour l'abreuvement des bêtes. Au Gaec de Briges, Eugénie Brajon, éleveuse bio d'ovins et bovins viande, a vu l'été dernier « toutes les fontaines s'assécher, personne n'avait jamais vu ça » mais a pu traverser la crise et les maigres récoltes grâce à des stocks en fourrage de 2021. Le très bas niveau du barrage de Naussac complique pour elle comme d'autres l'accès aux rives du lac pour son troupeau. Un accès direct pour les animaux qui est par ailleurs remis en cause à mesure qu'avance la boucle piétonne autour du lac. Un accord récent conclu avec l'Établissement public Loire et les collectivités devrait permettre de créer un petit pompage dans la réserve pour sécuriser de l'eau pour les élevages et arroser les jardins. Des faibles quantités en volume mais qui soulageront le moment venu le réseau d'eau potable qui risque d'être très sollicité en pleine saison touristique.
Quant à l'irrigation, elle ne concerne aujourd'hui qu'une seule exploitation. François Poudevigne élève des vaches laitières et dispose sur la rive sud de la retenue de quinze hectares irrigués en fermage, sur lesquels il cultive en alternance maïs et prairies temporaires. Avec un droit de pompage maximal de dix mille mètres cubes d'eau par an, pour l'heure, il ne pense pas changer sa pratique « tant qu'on m'en donne le droit » explique-t-il. Bien conscient que le maïs peut être gourmand en eau, sa culture demeure, selon François Poudevigne, « indispensable à la ration des vaches, qui ont besoin d'amidon et d'énergie pour faire du bon lait ». Face aux aléas, il mise plutôt sur une plantation très précoce pour terminer la croissance fin juillet ; « août, je me suis fait une raison ». En espérant qu'il pleuve d'ici là. « C'est sûr que si le printemps est sec, on est mal ». Météo France n'annonce aucunes précipitations notables avant mi-février.

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