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Naussac, un barrage qui assure le soutien d'étiage de la Loire et de l'Allier

Le barrage de Naussac a récemment ouvert ses portes à un groupe d'agriculteurs de Haute-Loire. Objectif : mieux appréhender les impératifs de gestion de l'eau sur une retenue qui alimente les cours d'eau Allier et Loire.

Au 8 mars, le taux de remplissage du barrage de Naussac atteignait 42%.
Au 8 mars, le taux de remplissage du barrage de Naussac atteignait 42%.
© © HLP

Le 5 mars, la FDSEA de Haute-Loire organisait une visite des installations du barrage de Naussac à Langogne (48) à laquelle participait une vingtaine d'agriculteurs et d'anciens exploitants. Alors que les années de sécheresses estivales se succèdent, les agriculteurs conscients que l'eau est un bien précieux et indispensable dans l'exercice de leurs activités, qu'il s'agisse d'élevage ou de productions végétales, ont besoin de comprendre d'où provient cette eau et de quelle manière elle est gérée dans les périodes en tension. La visite du barrage de Naussac a permis d'apporter des réponses à leurs questions.
Mis en service en 1983, le barrage de Naussac, qui appartient depuis 2007 à l'Établissement Public Loire (EPL) – qui en a confié l'exploitation à la société BRL –, assure le soutien d'étiage de la Loire et de l'Allier afin de satisfaire les différents usages (irrigation, eau potable et refroidissement des centrales nucléaires situées en aval) et les besoins des milieux naturels. Des activités nautiques et touristiques sont également proposées sur cette étendue d'eau.
 

Usine de pompage/turbinage


Naussac est un barrage poids en enrochement d'une hauteur de 50 m dont l'étanchéité est assurée par un masque amont de dalles de béton ; une tour de prise d’eau constituée par un cylindre en béton armé de 60 mètres de haut et de 7 mètres de diamètre extérieur comporte 4 vannes placées à différentes hauteurs de 902 à 935 m et réparties à la périphérie de la tour. Naussac est aussi équipée d'une usine de pompage / turbinage équipée de trois groupes réversibles (capacité maximum 15m3/s) qui permet de restituer les eaux de la retenue et de produire de l'électricité réinjectée dans le réseau électrique.
Cet ouvrage, qui permet le stockage de 185 millions de m3 d'eau, est alimenté de trois manières : par pompage sur le Donozau (affluent de l'Allier) qui représente 10 % des volumes de Naussac, via une dérivation sur le cours d'eau Chapeauroux (50 % de l'alimentation) et par pompage dans l'Allier (40 % de l'alimentation).
En période de soutien d'étiage, qui s’étend généralement de juin à novembre mais peut être aussi précoce ou se prolonger jusqu’en décembre, les consignes émanent du Comité de Gestion des Réservoirs de Naussac et de Villerest et des Étiages Sévères (CGRNVES) présidé par le préfet coordonnateur du bassin Loire-Bretagne. Notons que les objectifs de débits sur la Loire et l'Allier sont fixés par les règlements d’eau en cohérence avec les débits nécessaires au maintien d’un bon état écologique définis par le SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux).
Il est également intéressant de savoir que l'irrigation (agricole) ne représente que 5 % des usages bénéficiant du soutien d'étiage contre 76 % pour l'industrie et 19 % pour l'alimentation en eau potable.
 

-300 mm annuels depuis 3 ans


Si le 8 mars, le taux de remplissage du barrage de Naussac atteignait 42 % (48% au 13 mars), un niveau légèrement supérieur à l'an dernier à la même époque, « le bassin versant du barrage souffre d'une diminution conséquente de ses précipitations (-300 mm annuels depuis 3 ans) et les épisodes cévenols n'atteignent plus Naussac » signale un salarié de la société BRL qui se souvient d'avoir vu le barrage plein pour la dernière fois en 2021... C'est aussi ce manque d'eau ambiant qui a conduit les propriétaires du barrage à ne plus vider dans sa totalité le barrage tous les 10 ans ; l'exploration du barrage se fait désormais directement sous l'eau, au moyen de robots et de drones sous-marins.
Les agriculteurs sont repartis impressionnés par cet ouvrage d'ampleur et surtout avec des réponses à leurs questions sur la gestion de l'eau sur ce bassin.

 

Le barrage en chiffres
. 185 millions de m3 de volume maximal de remplissage
. 60 millions de m3 de volume moyen déstocké annuellement pour le soutien d'étiage depuis la mise en service de Naussac
. 42 millions de m3 de volume moyen annuel dérivé dans le Chapeauroux entre 1983 et 2017
. 17 millions de m3 de volume moyen pompé dans l'Allier depuis la mise en service de l'usine de Naussac 2 (fin des années 1990)
. 6,5 GWH de production moyenne annuelle de l'usine, l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 2 000 habitants
. 53 km2 de superficie du bassin versant du Donozau (affluent de l'Allier)
 

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