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Portrait
Monique, une agricultrice dévouée et courageuse qui a bien mérité sa retraite

Après une vie professionnelle bien remplie dans l’agriculture et même ailleurs, à St Christophe/Dolaizon, Monique Ferret est enfin à la retraite. Une autre étape de sa vie dont elle compte bien profiter pour prendre du repos et s'évader un peu.

À 61 ans, Monique Ferret aspire à vivre une retraite paisible en compagnie de sa famille  et de ses nombreux amis.
À 61 ans, Monique Ferret aspire à vivre une retraite paisible en compagnie de sa famille et de ses nombreux amis.
© © HLP

A 61 ans, Monique Ferret est une jeune retraitée qui est enfin sortie d'une vie active éprouvante qui a laissé des traces sur sa santé physique actuelle. Cette spirale infernale du travail, elle y est entrée dès l'adolescence à l’âge de 16 ans, lorsque son père décède et que sa mère lui demande de l'aider sur la ferme familiale à Bains. "J’étais fille unique et ma mère a souhaité que j'arrête mes études alors qu'à l'époque, j'avais dans l'idée de devenir infirmière et même peut-être chirurgienne par la suite. J'occupais donc un travail saisonnier sur la ferme et le reste du temps je faisais des petits boulots dans d'autres domaines" explique Monique qui se souvient d'avoir travaillé dans des conditions très difficiles sur une exploitation non mécanisée, sans évacuateur à fumier... "J'ai même labouré avec 2 socs et un petit tracteur, mais j'étais loin de pouvoir participer à un concours vu les différences de profondeurs de mon labour !" explique-t-elle avec le sourire.
 

Elle travaillera "comme un homme" sur la ferme


Découragée par ces mauvaises conditions de travail, elle avait toujours dit qu'elle n'épouserait pas un agriculteur. Or, en 1981, elle rencontre Christian Ferret, éleveur de moutons et de vaches laitières à St  Christophe/Dolaizon qu'elle épousera quelques années plus tard. En 1985, Monique devient conjointe d'exploitant (sans le statut, qui n'arrivera que plus tard) ; elle travaillera "comme un homme" sur la ferme et régulièrement en dehors de l'exploitation (travaux de ménage, vente à domicile) pour compléter le revenu familial.
En compagnie de son mari, Monique qui avait passé son BEPA en 1988, assumera quasiment toutes les tâches sur la ferme : la traite, l'enrubannage, l'alimentation du cheptel sur les consignes de Christian, la gestion des tonnes à eau et des clôtures... Elle travaillera aussi dans l'ETA que son mari a mis en place dans les années 90. Ce métier d'agricultrice, elle l'appréciait : "J'aimais la traite. On est dans la nature et on est notre propre patron. On n'est pas malheureux. On peut dire que j'ai aimé ce métier, mais il est très dur". Et lorsque les Ferret ont dû construire une nouvelle ferme plus moderne (avec salle de traite au lieu d'une traite à la main avec bidons de lait), "mon mari assumait les tâches du maçon tandis que de mon côté, j'étais manœuvre... Heureusement que j'avais une bonne corpulence et une bonne résistance physique ! Lorsque j'étais enfant, mon père m'avait dit : tu verras ma fille, dans la vie il faut être costaud. Et j'ai compris plus tard ce qu'il voulait dire...".
À l'époque où les quotas bloquaient le développement de l'exploitation, Monique qui rêvait toujours d'une carrière dans la santé, a pensé reprendre ses études pour devenir infirmière, mais son mari préférait qu'elle reste sur la ferme.
 

Un jeune repreneur pour la ferme


Sa force mentale et physique, sa volonté et son dynamisme lui ont permis d'avancer et de contribuer au revenu du ménage qui s'est agrandi avec l'arrivée de ses deux filles, mais elle en paye aujourd’hui un lourd tribut. "Depuis 2017, je subis une opération par an ! D'abord, le dos, puis le genou, la tyroïde, la hanche droite et les deux épaules qui montrent désormais des signes de fragilité. Ceci est le résultat d'un travail physique intense". Et comme elle le dit avec sincérité : "La vie ne m'a pas fait de cadeau" ; en 2021, Monique perd son mari. Elle se retrouve seule sur la ferme pendant un an et demi. Encore une épreuve à traverser et à surmonter... Ses deux filles ne s'étant pas orientées vers l'agriculture, il faut se préoccuper du devenir de la ferme. Un ami la met en contact avec un jeune diplômé de l'agriculture qui reprendra l’exploitation ; une façon pour elle de respecter le souhait de son mari, qui tenait à installer un jeune.
Même si à présent elle doit se préoccuper de sa santé, Monique est désormais libre d'occuper son temps comme elle le désire. Son mari ayant toujours été un fidèle adhérent de la FDSEA, elle s'est récemment rapprochée de la section des anciens exploitants agricoles. Un moyen pour elle de passer un peu de bon temps avec ses semblables et de faire quelques voyages ; des escapades qui lui ont un peu manqué durant son activité. Monique projette aussi de réaliser son arbre généalogique pour en apprendre davantage sur ses ancêtres.
Et dans quelques jours, elle recevra les insignes de Chevalier dans l'ordre du Mérite Agricole, une belle récompense pour elle et surtout une reconnaissance de tout le travail accompli dans le domaine agricole.
 

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