Aller au contenu principal

Mobilisation générale pour défendre son bifteck

Excédés par un prix de la viande beaucoup trop bas, les éleveurs du grand Massif central devraient bloquer dans les semaines à venir les principaux abattoirs de la grande région.

En 2010, les éleveurs du Massif central avaient bloqué durant trois jours plusieurs site du groupe Bigard, dont l’abattoir de Villefranche dans l’Allier
En 2010, les éleveurs du Massif central avaient bloqué durant trois jours plusieurs site du groupe Bigard, dont l’abattoir de Villefranche dans l’Allier
© Sophie Chatenet

Du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest, partout le même discours. Sur le terrain, la tension est chaque jour un peu plus palpable chez les éleveurs. Le désespoir a atteint un tel paroxysme que certains n’hésitent pas à envisager des solutions radicales. En cause, des situations dramatiques engendrées par des cours de la viande bovine décidemment pas au rendez-vous. « Du fait de quelques uns, les éleveurs devraient trinquer et être les victimes du plan social de l’aval de la filière », avance François Garrivier de la FDSEA de la Loire. « Les abatteurs multiplient les stratégies de baisse de prix au détriment des éleveurs. Il est temps de mettre fin à cette politique du moins disant condamnant nos exploitations ».
Des pertes énormes
« En Bourgogne, un naisseur-engraisseur qui produit des céréales a perdu en 2014, 12 600 euros. Le revenu moyen des éleveurs est plafonné à 6 500 euros. Qui aujourd’hui accepterait de travailler pour si peu », lance Christian Bajard de la FDSEA de Saône-et-Loire. La colère des éleveurs est d’autant plus aigüe que toutes les conditions sont réunies pour que les prix de la viande bovine française puissent décoller. Le creusois Pascal Lerousseau, coordinateur du berceau des races à viande n’a pas manqué de le rappeler : « La consommation se maintient. Les prix à la consommation sont plutôt en augmentation. Les ventes de steak haché ont par exemple progressé de 5% en 2014. Les marchés à l’export n’ont jamais été aussi favorables. Le passage en risque négligeable au niveau de l’ESB nous ouvre de nouvelles perspectives. Dans tous les autres pays du monde, la viande est bien valorisée. Et en France, on se traîne avec des tarifs indécents. »
Les mains dans le sac
Il y a un hic, et les éleveurs ne sont pas les seuls à l’avoir identifié. Le rapport Chalmin qui a décortiqué la formation des prix dans les produits alimentaires, a démontré qu’en 2014, 250 millions d’euros sont passés de la main des éleveurs vers les abattoirs et la grande distribution. Une enveloppe conséquente qui équivaut, au passage, à deux fois le budget de la PMTVA. « On ne peut plus continuer à ces tarifs là. Il faut que ça bouge ! Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus nous serons en mesure de peser pour faire évoluer les choses », insiste Valérie Imbert de la FDSEA de l’Aveyron. Comme bon nombre d’éleveurs du Massif central, elle participera dans les semaines à venir aux blocages des principaux abattoirs du grand Massif central, notamment ceux de Castres, Villefranche-d’Allier, de Cuiseaux, de Roanne, etc. « L’intérêt de se mobiliser ou pas ne se pose même plus, c’est une question de survie », estime Anthony Fayolle des JA 43. En novembre 2010, alors que les cours étaient déjà tombés à des niveaux très bas, les éleveurs du Massif central avaient bloqué plusieurs abattoirs. Suite à leur mobilisation, une feuille de route avait pu être mise en place. Export pays tiers, mise en avant du VBF, remise à plat du système de cotations, contractualisation, etc. Les leviers pour garantir une rentabilité à l’élevage ne manquent pas ».

Les plus lus

Shamonda-Europe : au moins un cas dans le Cantal

Un premier foyer de ce nouveau virus apparu cet été en Suisse, Allemagne et Savoie a été confirmé dans le département.…

FDSEA, JA et Chambre d’agriculture claquent la porte de la CDOA de la Creuse

Face à un plan CASI jugé « médiocre, hors sol et totalement à côté de la plaque », les représentants de la FDSEA,…

Sylvain Ytournel, président de l'association des lieutenants de louveterie du Puy-de-Dôme
Chasse : « Le rôle du louvetier a beaucoup évolué »

Louvetier depuis 2010 et président de l’association départementale depuis 2020, Sylvain Ytournel est aussi éleveur laitier à…

deux personnes devant des vaches.
vente animaux gras Elvéa : record de prix pour la dixième édition

Vendredi 11 septembre, la génisse aubrac sacrée Miss Saint-Flour a atteint le prix de 14,10 € le kg. En dix éditions, c’est la…

jeune agriculteur qui marche dans une prairie entre des vaches de race salers
De salarié à exploitant : l’installation de Pierre-Baptiste Bioulac

À 29 ans, l’ancien ouvrier agricole assume désormais seul la conduite de la ferme où il a pu s’installer avec enthousiasme,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière