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Ateliers porcins
Mise aux normes bien-être : le temps presse

Quinze éleveurs réunionnais étaient en visite au Gaec de Vaysse, dans la Cantal. L’occasion de discuter de la mise aux normes bien-être.

Les éleveurs réunionnais ont notamment échangé avec M. et Mme Guy sur la mise aux normes de leur atelier.
Les éleveurs réunionnais ont notamment échangé avec M. et Mme Guy sur la mise aux normes de leur atelier.
© P. OLIVIARI

Plus de 9.000 km et 11 heures d’avion les séparent, pourtant ces 15 éleveurs sont confrontés à des contraintes globalement similaires : des coûts de production plus élevés que dans des zones de plaine ou de polyculture-élevage et la rareté de terres épandables. Originaires principalement du Sud et de l’Est de l’île de la Réunion, 15 éleveurs accompagnés du technicien de leur coopérative, la CPPR (Coo-pérative des producteurs de porcs réunionnais), ont sillonné une semaine durant les élevages de Midi-Pyrénées pour échanger sur leurs pratiques et organisations respectives, avec une étape cantalienne au Travers de Jun-hac, plus particulièrement axée sur la problématique de mise aux normes des bâtiments dans le cadre de la directive communautaire bien-être pour les truies gestantes. Au 1er janvier 2013 en effet, l’ensemble des élevages porcins naisseurs ou naisseurs-engraisseurs devront répondre à ces exigences bruxelloises qui prévoient notamment de laisser une liberté de déambulation aux truies gestantes, lesquelles ne devront plus rester confinées dans leurs box individuels. Une obligation déjà en vigueur depuis début 2003 pour tout élevage nouvellement créé ou aménagé.

Le Gaec de Vaysse(1) qui a reçu le 24 mai cette délégation outremarine a ainsi profité d’un Contrat territorial d’exploitation (les fameux CTE) en 2006 pour anticiper cette échéance. «On disposait d’une vieille étable peu fonctionnelle qu’on a détruite pour reconstruire un nouveau bâtiment pour les truies», a expliqué Christian Guy à ses homo- logues réunionnais pour la plu-part situés sur les hauteurs de l’ancienne île Bourbon, en rai-son d’une urbanisation galo- pante le long des côtes(2).

Depuis début 2007, les 100 truies du Gaec peuvent sortir librement de leur box pour accéder à un parcours. Coût de cette mise aux normes à l’époque : 35.000 € - hors autoconstruction - avec des subventions intéressantes du CTE.

Dépôt avant fin juin

Aujourd’hui, l’État continue d’aider à la mise aux normes à hauteur de 200 € par place de truie (majorés de 100 € pour les nouveaux installés ou en zone de montagne) avec un plafond d’aide de 50 000 € par élevage (+ 5 000 € en zone de montagne ou si l’éleveur est nouvellement installé). Mais, à sept mois de l’échéance, le temps presse : les éleveurs n’ont que jusqu’à fin juin pour déposer leur demande d’aides (dossier réalisé avec l’aide de leur groupement) au-près de l’administration dépar- tementale. Le temps presse d’autant plus selon Christian Guy, par ailleurs responsable de la section porcine de la FRSEA, que la livraison des matériaux risque elle aussi de prendre du retard. Les marchands concernés se situant majoritairement dans l’Ouest de la France où la demande a explosé ces derniers mois. Aussi, les éleveurs du Massif central comptent-ils obtenir du ministère de l’Agriculture une dérogation à l’exigence de travaux finis au 1er janvier 2013. Et, même si pour certains éle-veurs de la région, cette mise en conformité ne devrait pas nécessiter de gros investissements, ici comme au niveau national, la profession estime que près de 20 % des producteurs n’envisagent pas de franchir le pas et arrêteront leur atelier porcin. Un ratio un peu inférieur du côté de la Réunion où une dizaine de pour cents d’éleveurs de porcs devraient cesser leur activité ou réduire leur effectif.

 

(1) Composé de 4 associés en production laitière, viande bovine et porcin.

(2) La majorité des épandages s’y fait sur canne à sucre sachant que celle-ci exporte déjà du phosphore.

Une île dépendante

«Ici avec 100 truies, on est loin des effectifs de Bretagne plus proches des 250 têtes», a présenté Christian Guy, sans se douter que ses homologues réunionnais ne disposent en moyenne que de 35 truies. Les éleveurs accueillis, principalement du Sud et de l’Est de l’île, sont adhérents de la seule coopérative réunionnaise, la CPPR, qui compte 200 éleveurs, tous naisseurs-engraisseurs pour qui la production porcine est une diversification. «Notre modèle c’est vraiment l’élevage familial avec monsieur et madame, parfois en société avec leurs enfants», explique le technicien de la coop. La CPPR est propriétaire d’un abattoir à Saint-Pierre et d’un atelier de découpe d’où sortent annuellement 10 000 tonnes : à 90% de la viande fraîche, le reste transformé. La production réunionnaise (12 000 tonnes avec les outils privés) n’assure que 50 % de la consommation locale.  Si le surcoût de production estimé dans le Massif central par rapport aux ateliers de l’Ouest est estimé à 10cts€, ce dernier explose à la Réunion, comme l’indique Guiyne Lebon, installé depuis 1984 dans le Sud-Est de l’île en production porcine, canne à sucre et maraîchage hors-sol : «Tout est beaucoup plus cher : l’aliment, les produits vétérinaires, le matériel car tout est importé.» Un surcoût compensé en partie par un plafond d’aides supérieur mais surtout par un prix au kilo qui atteint 2,50 €. «On gagne quand même un peu plus qu’ici», relève d’ailleurs l’éleveur réunionnais.

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