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Milan-Cortina : doublé olympique pour le bénévole cantalou

Après Paris 2024, l’Aurillacois Raimon Lasdoulours a repostulé comme bénévole aux JO d’hiver de Milan-Cortina. Depuis le 4 février, il a accompagné les athlètes aux épreuves de saut à ski.
 

Raimon Lasdoulours en haut du tremplin de 143 mètres.
© R. Lasdoulours

Aux JO, il y a ceux qui brillent sur le pas de tir, dans la descente d’un Super G, lancés dans les airs au-dessus d’un tremplin, ou balayant la glace derrière une pierre en granit ; il y a ces centaines de milliers de spectateurs venus du monde entier qui applaudissent à leurs exploits... et puis, dans l’ombre de cette liesse olympique, des nuées de bénévoles sans qui ces épreuves ne pourraient se tenir malgré les millions investis par les sponsors du CIO. À 43 ans, Raimon Lasdoulours est de ceux-là. Le 29 janvier, il a quitté le Cantal qui l’a vu naître, direction les Alpes italiennes et la station de Predazzo, à 1 700 m d’altitude, site des épreuves de saut à ski

JO d'Albertville 92 à la télé, Lillehammer 94 en live

Sa mission : accueillir les athlètes, leurs coachs, les officiels ou encore les juges au bas des pistes pour les conduire à l’ascenseur desservant le départ. “Je m’occupe de leur bien-être, je m’assure que tout est OK, si besoin je donne un petit coup de main pour le damage, sachant qu’on est au moins une centaine de personnes pour répondre aux exigences très strictes de sécurité sur ces épreuves. Il faut être vigilant à tout, comme à cet oiseau sur la piste qu’il a fallu aller déloger”, raconte le Cantalien qui n’en est pas à son coup d’essai. 

Avant les JO d’hiver, Raimon Lascoulours a en effet déjà officié comme bénévole à Paris 2024, à l’encadrement des VIP, à défaut d’y participer en tant que sportif de haut niveau. “Je suis un sportif très amateur, et j’aime bien accompagner des événements en tant que bénévole, comme des marathons et donc les JO”, relate-t-il. Une saine addiction aux épreuves sportives et tout particulièrement aux Olympiades héritée de son père. La magie des JO, il la découvre pour la première fois derrière le poste de télévision en 1992, Albertville organise alors les JO d’hiver. Deux ans plus tard, la famille passe derrière l’écran et suit les JO en live dans le temple nordique norvégien de Lillehammer. “À la maison, on avait plein de souvenirs et d’objectifs collector des JO, des t-shirts, des mugs...”, se souvient Raimon, qui n’aurait raté pour rien au monde des JO “à la maison”, ceux de Paris 2024. 

Sens du relationnel

Il candidate deux ans auparavant et répond aux critères requis : “Savoir parler plusieurs langues, dont l’anglais, et surtout être hyper sociable : on est évalué et dirigé vers des missions en fonction de notre facilité de communication, de notre relationnel”, précise le Cantalien, producteur de musique indépendant, également accompagnateur de spectacles et d’artistes. Un statut qui lui a permis de se libérer en juillet 2024 comme cet hiver (sur place de nombreux bénévoles sont des étudiants). C’est d’ailleurs cette première expérience parisienne qui lui a ouvert les portes de Milan-Cortina, facilitant le parcours de sa candidature. Il a tout de même dû suivre les stages requis, dont un à Courchevel pour être spécifiquement briefé sur le saut à ski. 

Des JO calmes et ordonnés

En poste depuis le 4 février, Raimon a enchaîné les missions, “mais avec des horaires aménagés et jamais plus de dix jours consécutifs, et on nous change de place. Ils ont compris qu’il fallait ménager les bénévoles, car rester debout toute la journée, hyper vigilant, c’est épuisant”, sourit-il, se félicitant d’avoir pu bénéficier, du fait de son expérience, d’une prise en charge de son logement dans la station avec d’autres bénévoles. 
Outre le climat (bien qu’il ait été étonné des températures très clémentes dans la station italienne) et l’altitude, le changement majeur entre Paris 2024 et Milan-Cortina 2026 tient... à l’ambiance. “J’étais sous le choc ! Ici c’est très (trop ?) calme, hyper tranquille, les gens sont beaucoup plus ordonnés, la gestion italienne est au top”, constate-t-il, sur un site qui accueille 5 000 spectateurs.  

Très attaché à la station du Lioran, dont il connaît les difficultés à trouver un modèle économique d’avenir, Raimon Lasdoulours se veut aussi par sa présence aux JO le promoteur des sports d’hiver dans le Cantal. Ce qu’il retire à titre personnel de ce bénévolat : “Que du plaisir ! Je m’intéresse beaucoup à la communication et au coaching, ici j’ai pu apprécier une gestion du personnel et une communication très fluides, avec beaucoup de renforcement positif”, analyse l’Aurillacois qui apprécie tout autant de pouvoir échanger avec des personnes du monde entier, de voir “d’autres manières de fonctionner”. Et même si le règlement interdit de parler et de déranger les athlètes, “j’ai pu discuter avec un concurrent japonais, très poli, courtois”. 

Le regard tourné vers Los Angeles

Et alors que se profilait la cérémonie de clôture de ces JO, Raimon Lasdoulours n’avait pas encore pris son billet retour pour la préfecture cantalienne. Il pourrait bien en effet poursuivre l’aventure avec les JO d’hiver paralympiques. “À Paris, j’étais trop épuisé pour les faire”, confie-t-il avec déjà en tête d’accrocher une nouvelle étoile à son parcours olympique : celle de Los Angeles 2028. “Mais pas sûr qu’ils acceptent les Européens sous l’administration Trump...”, soumet le Cantalou qui n’a pas croisé de compatriotes en Italie.
 

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