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Michel Barnier est venu écouter les éleveurs des zones de montagnes

Vendredi 16 janvier, le Ministre de l'Agricuture s'est rendu en Haute-Loire pour écouter les revendications de la profession. Il a rencontré les 3 présidents, Gilbert Guignand FDSEA, Jean-Julien Deygas JA et Gilbert Bros Chambre d'Agriculture en comité restreint, s'est invité à la CDOA plénière et s'est rendu sur l'exploitation d'un jeune éleveur ovin Emmanuel Volle à Salettes sur les hauteurs du département. Venu écouter les agriculteurs des zones de montagne, il a mis en avant 3 priorités : l'élevage ovin qu'il refuse de voir disparaître, l'aide à la production laitière en zone fragile et zone de montagne et le soutien à l'herbe. Il estime la PAC actuelle non équitable avec un manque de soutiens à l'élevage. Après son tour des régions et des productions, il dévoilera ses propositions début février.

Le Ministre de l’Agriculture est venu «se ressourcer» au coeur de l’élevage des zones herbagères, ou plutôt s’imprégner des réalités du terrain qui lui ont été maintes et maintes fois exposées depuis deux ans et plus particulièrement lors des derniers mois de 2008.
Si ce savoyard connait bien la montagne, Michel Barnier a profité de cette journée pour aborder avec les responsables professionnels de la FDSEA de Haute-Loire, des JA et de la Chambre d’Agriculture, tous les dossiers qui font l’actualité de l’agriculture altiligérienne, mais plus largement de l’agriculture du Massif Central et des zones de montagne.
En particulier sur une exploitation ovine sur la commune de Salettes sur les hauteurs du département (à 1000 m d’altitude environ) mais également lors d’une rencontre avec les 3 présidents (FDSEA, JA et Chambre) ou en CDOA plénière, le Ministre a eu un aperçu très argumenté de la situation des éleveurs ovins, des éleveurs porcins, de la production laitière, des problèmes posés par la FCO, de la nécessité d’un rééquilibrage des aides en faveur de la production herbagère, des installations JA compromises, des retraites agricoles indécentes…

«À l’écoute de tous»

Il était venu pour connaître la position des agriculteurs en zone de montagne sur le bilan de santé de la PAC, il est reparti avec un dossier complet lui permettant de voir combien il est urgent d’aider cette agriculture pébiscitée par la société sur le plan environnemental et par les consommateurs sur l’enjeu alimentaire.
«Je suis à l’écoute de tous» nous a dit le Ministre qui était la veille en Seine et Marne pour connaître la position de nos voisins céréaliers «et je ne voudrais pas que les agriculteurs français s’opposent les uns aux autres». Et pourtant les messages sont bien différents selon qu’on se trouve dans les plaines du bassin parisien ou dans les monts du Massif central. Lors de sa visite sur l’exploitation d’Emmanuel Volle un jeune agriculteur installé en production ovine avec un troupeau de 380 brebis Blanches du Massif Central, Michel Barnier a pu mesurer, chiffres à l’appui la réalité de cette production. Les chiffres d’une exploitation voisine, celle de Nicolas Merle associé de gaec à St Martin de Fugères, qui produit du lait avec un double troupeau de 50 vaches laitières et 180 chèvres, ont permis d’aborder les difficultés d’autres productions très présentes sur le département et la région.
Michel Barnier s’est montré très attentif à toutes les préoccupations de la profession. D’un naturel très abordable, il n’a pas hésité à prendre un peu de temps pour s’adresser directement aux nombreux agriculteurs du secteur venus à sa rencontre sur l’exploitation. Les parlementaires ainsi que le secrétaire d’État à l’emploi Laurent Wauquiez étaient également présents, et n’ont pas manqué eux aussi d’être sollicités. Si le Ministre n’a pas fait d’annonce (il n’était pas là pour ça), il a néanmoins assuré les agriculteurs d’étudier leurs revendications.  Les professionnels attendent des mesures fortes en faveur des zones de montagne, Michel Barnier  considérant que «la PAC actuelle n’est pas équitable, et que l’élevage n’est pas assez soutenu».

 

Interview exclusive Haute-Loire Paysanne

«Mon ambition est d’avoir une PAC qui ait du sens,
une PAC équitable et légitime…»

Monsieur le Ministre, vous étiez hier auprès des céréaliers, vous êtes aujourd’hui parmi des éleveurs en zone de montagne. Comment allez-vous pouvoir proposer une politique unique face à des positions professionnelles aussi divergentes ?

Michel Barnier : «Je voudrais d’abord rappeler que nous avons obtenu, dans le cadre du bilan de santé de la Politique Agricole Commune, une boîte à outils  pour confirmer ou adapter l’orientation de la PAC et l’attribution des aides. Ces soutiens sont des investissements pour préserver un modèle alimentaire et une logique territoriale.
Il est temps maintenant de rationaliser pour utiliser cette enveloppe avec sérieux et rigueur. Voilà pourquoi, j’écoute tout le monde. Je fais le tour des régions et des productions pour avoir la position des professionnels. Mon ambition est d’avoir une PAC qui ait du sens, une PAC équitable entre agriculteurs et légitime ; légitime vis à vis des agriculteurs mais aussi vis à vis de la société. Sinon, c’est la PAC elle-même qui est en danger et ce dès 2010».

Quels sont vos objectifs prioritaires ?
M.B. : «J’ai défini 4 objectifs principaux. Tout d’abord, et en premier lieu, il faut sauver l’élevage ovin qui est en danger de mort. Je ne laisserai pas disparaître la filière ovine de la France. C’est essentiel tant pour la production que pour le territoire.
Il faut un soutien pour les productions animales à base d’herbe et pour la production laitière en zones fragiles et en zones de montagne.
Je veux ensuite créer des outils pour une meilleure couverture des risques climatiques et sanitaires.
Et enfin, le 4ème objectif vise à réduire notre dépendance vis à vis des protéagineux. Un plan protéagineux sera mis en place.
Je ne veux pas aller plus loin aujourd’hui. Je ne sais pas encore comment on va financer, ou auprès de qui on va prélever…».

Quand les décisions vont-elles donc être prises ?
M.B. : «Des propositions seront faites fin janvier, début février».

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre sentiment personnel ?
M.B. : «La PAC aujourd’hui n’est pas équitable. L’élevage n’est pas assez soutenu. Et j’ajouterai que je suis très sensible à l’avenir des zones fragiles et des zones de montagne…».

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