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Mi-juillet et déjà les éleveurs puisent dans les stocks de l'hiver

Les fortes températures et l'absence de pluies significatives ont grillé l'herbe sur pied tant en plaine qu'en montagne. Les éleveurs commencent à affourager leurs animaux.

Même en altitude, l'herbe est déjà sèche à la mi-juillet.
Même en altitude, l'herbe est déjà sèche à la mi-juillet.
© Annick Conté

Mi-juillet et déjà les prés ont revêtu leur habit jaune d'aoûtien. L'absence de pluies ces dernières semaines et la hausse des températures ont stoppé la repousse de l'herbe dans les pâtures. Partout dans le Puy-de-Dôme, en basse comme à plus haute altitude, les éleveurs ont d'ores et déjà commencé l'affouragement des animaux. Les stocks de fourrage restant de l'année dernière permettent pour l'instant d'aborder sereinement cette complémentation.

 

Les déficits pluviométriques cumulés du printemps pénalisent l'herbe de cet été

« Ça arrive très tôt » observe Pascale Faure. Données météo en main, la conseillère fourrage à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme trouve l'explication de ce déficit de pousse de l'herbe dans les carences pluviométriques du printemps. Malgré un automne et un hiver 2024-2025 favorables à la reconstitution de la ressource en eau, le département n'a pas eu des quantités de pluies dans la normale, dès le mois de mars. « Nous étions seulement à 80 % des normales pluviométriques sur tous les mois jusqu'à fin mai, à une période où les besoins de la végétation, (l'herbe mais aussi les arbres) sont les plus forts. » Les réserves en eau des sols se sont rapidement dégradées pour atteindre des seuils critiques avec l'arrivée des fortes chaleurs.

Les récoltes de fourrages du printemps ont été épargnées de justesse par la sécheresse. 

« Les rendements ont été bons tant en qualité qu'en quantité. Par contre, les éleveurs ont fait moins de surfaces de regains pour agrandir les tours de pâturage parce que déjà, ils manquaient d'herbe. »

Depuis la fin des fenaisons, la pluie peine à montrer ses gouttes. Les quelques orages passés ont été de très mauvais augure, soit d'un piètre réconfort. « Ils donnent l'impression d'avoir de l'eau mais quand la pluie tombe en grosse quantité, en très peu de temps, elle a peu de bénéfices. »

À lire aussi : Abreuvement : de l’eau en quantité et de qualité toute l’année

Même en altitude, l'herbe ne pousse plus ; les stocks de 2024 sauvent la mise

Depuis quelques semaines, les prairies ne repoussent pas, comme en état de veille. En plaine, dans les Combrailles, le Cézallier mais aussi en montagne, les éleveurs ont commencé d'affourager leurs animaux. 

« À la demande de certains éleveurs, nous venons de commencer des calculs de ration d'hiver » explique Guillaume Labussière, conseiller à l'EDE du Puy-de-Dôme. 

Les élevages laitiers sont les premiers à ressentir le manque d'herbe par une baisse de la production laitière, accentuée par la chaleur.

À Rentières dans le Cézallier, les prairies bien qu'à 800 mètres d'altitude ne sont pas épargnées. Dans ce secteur séchant, les éleveurs ont l'habitude de complémenter leurs animaux dès le mois de juillet. Au Gaec des Aubépines, Alexandre Monplot commence d'affourager ses vaches laitières. Les 100 hectares de pâture de l'exploitation ont déjà grillé. « La nuit elles ont des râteliers au pré et on distribue une ration au bâtiment le matin et le soir. » L'éleveur peut compter sur son stock de fourrage de l'année dernière, bien qu'il manque de qualité. « Mais c'est toujours du foin que l'on n'achètera pas.» 

Ce reliquat, plus la bonne récolte de ce printemps lui assurent de passer l'été sans encombre. L'éleveur est toutefois soucieux face à la vitesse à laquelle la qualité des pâtures s'est dégradée. 

« J'ai des vaches allaitantes en estive à 1 000 m près de Saint-Alyre-ès-Montagne. Là-haut aussi l'herbe a poussé vite, on s'est fait dépasser et maintenant elle est toute sèche. D'ordinaire, ça n'arrive pas aussi rapidement. »

À Saint-Gervais-d'Auvergne, dans les Combrailles, l'affouragement a aussi débuté. Dans ce secteur d'habitude plus arrosé, cette sécheresse a surpris. « Elle arrive bien trop tôt. » Au Gaec Blanchard-Aubignat, les éleveurs ont commencé de distribuer des fourrages secs aux charolaises. Olivier Blanchard et son associé se reposent également sur les stocks de l'année dernière. 

« On est bien contents de les trouver parce que la récolte de cette année n'a pas été terrible. » 

L'éleveur pense passer « cet été particulier » sans trop de difficulté malgré tout. Il est en revanche plus inquiet pour ses maïs ensilage qui souffrent du manque d'eau. « Ils végètent. J'ai peur que ce ne soit trop tard. »

À lire aussi : Sécuriser la ressource en eau : un impératif pour l'agriculture

 

 

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