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Mercosur : la FDSEA et les JA de Lozère restent mobilisés

Mercredi 21 janvier, les eurodéputés ont permis aux agriculteurs mobilisés de pousser un premier ouf de soulagement, en votant pour la saisine de la cour européenne de justice concernant l'accord du Mercosur. Une première étape qui n'empêche pas les syndicats agricoles de rester mobilisés sur le sujet.

© JA Lozère

« C'est la démocratie qui a gagné parce qu'Ursula Von Der Leyen (ndlr Présidente de la Commission européenne) voulait faire passer cet accord sans faire voter les députés. Et les députés ont prouvé qu'il fallait passer par la démocratie pour faire les choses », souffle, soulagé, Jean-François Maurin, président de la FDSEA Lozère, rappelant le patient travail de lobbying des syndicats agricoles, notamment auprès des eurodéputés, pour arriver à ce résultat.
« Je crois que c'est tout le travail des derniers moments, de monter (ndlr devant le Parlement européen à Strasbourg dès le 20 janvier, où sept lozériens se sont rendus), de dénoncer cet accord qui a fait douter quelques parlementaires, quelques dizaines de parlementaires ou une vingtaine de parlementaires, et qui a permis d'inverser ce vote », détaille Hervé Boudon, président des JA Lozère.
La base juridique de l’accord de partenariat UE–Mercosur (APEM) et de l’accord commercial intérimaire (ACI) sera désormais examinée par la Cour de justice de l’Union européenne. La CJUE va donc vérifier la validité de l'accord en vertu du droit européen. Une analyse qui pourrait prendre au minimum douze mois et jusqu'à 18 mois. Ce n'est qu'ensuite que le Parlement pourra voter pour approuver (ou non) l'accord.
« Je crois vraiment que sur ce dossier du Mercosur, la présidente de l'Europe avait fait le choix de passer en force. Elle avait commencé par couper l'accord en deux pour éviter un droit de veto. Puis avait fait éviter deux ou trois fois des votes au Parlement européen. On avait quand même le sentiment qu'elle ne voulait pas que les eurodéputés se prononcent, parce qu'elle devait savoir que c'était limite » a détaillé le président des JA Lozère.

En Lozère, des mobilisations depuis 10 ans

« En 2016, ma première manifestation syndicale était à l'aire de la Lozère, et déjà contre le Mercosur », souligne Hervé Boudon, lorsqu'on le lance sur cet accord. En dix ans de combat, sa position n'aura pas bougé d'un iota. Le Mercosur est « un mauvais accord, à enterrer définitivement ».
Une position partagée par la FDSEA, et son président Jean-François Maurin. Ce que craignent le plus les syndicats agricoles : l'entrée dans l'Europe d'une viande soumise à une réglementation beaucoup moins stricte que côté français, notamment. Et cette viande bon marché pourrait grignoter d'importantes parts de marché aux produits européens, en Europe. Réduisant les débouchés économiques des agriculteurs français, notamment.
« La viande du Mercosur est, par exemple, produite avec des hormones de croissance », rappelle Jean-François Maurin. Hormones de croissance dont l'usage est interdit en France depuis les années 1980.
Cet accord, dont les négociations ont commencé au tournant des années 2000, a atteint une première conclusion, politique, en 2019. En 2022, de nouvelles négociations ont lieu, notamment pour protéger les produits agricoles européens, et en 2024, une seconde étape politique est franchie. En 2026, Ursula Von Der Leyen se rend au Paraguay pour définitivement signer l'accord du Mercosur.
Selon les données fournies par l'Union Européenne, « l’UE est le deuxième partenaire commercial du Mercosur en matière de biens, avec des exportations de 57 milliards d’euros en 2024. L’UE représente un quart du total des échanges de services du Mercosur, les exportations de l’UE vers la région s’élevant à 29 milliards d’euros en 2023 ».
« En France, on préfère produire, avec des normes qualitatives plus élevées. Et au niveau du consommateur, on est tout à fait capable de le nourrir. Il n'y a pas lieu d'aller chercher cette viande bovine du Mercosur, pour parler de la viande », s'agace Jean-François Maurin.
Les syndicats agricoles auront, au final, remporté cette manche, en réussissant à convaincre les eurodéputés de voter, à leurs côtés, pour la saisine de la CJUE. Un vote dont tous se félicitent, même si le combat est loin d'être terminé. « On sera soulagé le jour où cet accord sera enterré. Le jour où on nous dira : Tout ce qui était dans cet accord au niveau de la viande bovine, tout ce qui était prévu, qui rentre en France, qui ne respecte pas nos normes, c'est terminé », conclut Hervé Boudon.

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