Mercosur : La FDSEA et les JA de la Corrèze mobilisés à Strasbourg pour défendre l’agriculture
Le 20 janvier, une quinzaine d’agriculteurs corréziens a fait le déplacement jusqu’à Strasbourg pour rejoindre la mobilisation de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Devant le Parlement européen, plus de 800 tracteurs et 5 000 agriculteurs, venus de toute la France et rejoints par leurs homologues européens, ont exprimé une colère légitime et une détermination sans faille face au traité UE–Mercosur. Une démonstration de force qui illustre une réalité incontestable : le rejet de cet accord est désormais largement partagé par l’ensemble du monde agricole européen.
Le 20 janvier, une quinzaine d’agriculteurs corréziens a fait le déplacement jusqu’à Strasbourg pour rejoindre la mobilisation de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Devant le Parlement européen, plus de 800 tracteurs et 5 000 agriculteurs, venus de toute la France et rejoints par leurs homologues européens, ont exprimé une colère légitime et une détermination sans faille face au traité UE–Mercosur. Une démonstration de force qui illustre une réalité incontestable : le rejet de cet accord est désormais largement partagé par l’ensemble du monde agricole européen.
Pour la FDSEA et les JA de la Corrèze, l’objectif de cette mobilisation était sans ambiguïté : exercer une pression politique directe sur les eurodéputés afin qu’ils votent la saisie de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
Gagner du temps pour peser politiquement
La saisine de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) constitue aujourd’hui un levier juridique majeurdans le combat contre l’accord UE–Mercosur. Elle permettrait de suspendre l’application du traité pendant toute la durée de son examen par la Cour. En cas de vote favorable des eurodéputés, un délai d’au moins un an pourrait ainsi être obtenu. Un temps précieux, jugé absolument essentiel par les responsables professionnels.
Depuis Strasbourg, Marie-France Forest, secrétaire générale de la FDSEA de la Corrèze, insiste :
Ce délai est indispensable. Indispensable pour faire entendre une voix trop souvent ignorée. Indispensable pour refuser que l’agriculture serve, une fois de plus, de variable d’ajustement dans des accords commerciaux négociés loin des réalités du terrain. »
Elle ajoute : « On ne peut pas accepter que l’Europe impose toujours plus de contraintes à ses agriculteurs tout en ouvrant grand ses frontières à des produits qui ne respectent aucune de nos règles. »
Pour la responsable professionnelle, la saisine de la CJUE n’est ni un blocage, ni une posture. Il s’agit d’un acte démocratique pleinement légitime, visant à questionner la légalité d’un accord aux conséquences majeures pour l’agriculture, l’environnement et la souveraineté alimentaire européenne. « Questionner la légalité de cet accord est non seulement légitime, mais profondément démocratique », souligne Marie-France Forest. « Le Parlement européen doit affirmer pleinement son rôle. Il ne peut pas se contenter d’enregistrer des décisions prises sans tenir compte de leurs impacts sur les agriculteurs. »
Saisir la CJUE relève désormais de l’évidence : « Un véritable acte de résistance pour préserver l’agriculture, les agriculteurs et notre capacité à produire en Europe », conclut la secrétaire générale de la FDSEA.
Des revendications claires
À Strasbourg, les agriculteurs corréziens ont porté, aux côtés de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, des revendications claires, cohérentes et non négociables :
- La suspension totale du processus de ratification de l’accord UE–Mercosur tant que des garanties solides ne sont pas apportées aux agriculteurs européens.
- L’intégration effective d’un véritable principe de réciprocité, garantissant qu’aucun produit n’accède au marché européen sans respecter strictement les normes sanitaires, environnementales et sociales imposées aux producteurs européens.
- La mise en place de clauses de sauvegarde réellement applicables, rapides et efficaces, capables de protéger les filières en cas de déséquilibre du marché.
- Un traitement spécifique de l’agriculture, avec des négociations distinctes et différenciées dans les accords de libre-échange, reconnaissant le caractère stratégique et non délocalisable de la production alimentaire.
Pour la FDSEA, ces exigences relèvent du simple bon sens. « L’agriculture ne peut pas être traitée comme un produit industriel lambda », insiste Marie-France Forest. « Il s’agit de nourrir les populations et de maintenir des territoires vivants. »
Refuser la concurrence déloyale et défendre notre modèle agricole
Derrière le traité UE–Mercosur, c’est bien une logique de concurrence déloyale organisée que dénoncent la FDSEAet les JA : importation massive de viandes, de volailles, de sucre ou d’éthanol produits avec des normes sanitaires, environnementales et sociales incompatibles avec celles imposées aux agriculteurs français.
Pour les éleveurs et producteurs corréziens, l’enjeu est vital. Jean-Paul Merpillat, membre du bureau de la FDSEAde la Corrèze, alerte :
Accepter cet accord, c’est fragiliser encore davantage nos filières, accentuer la pression sur les prix et accélérer la disparition des exploitations. On ne peut pas demander aux agriculteurs français d’être exemplaires tout en les mettant en concurrence avec des modèles qui ne respectent rien. »
Du côté des Jeunes Agriculteurs, la colère est tout aussi forte. Gaëtan Coste, représentant des JA de la Corrèze, résume : « Nous ne sommes pas opposés aux échanges. Mais nous refusons des accords qui détruisent notre revenu, notre travail et notre avenir. Comment attirer et installer des jeunes demain avec ce type de politiques ? »
Ne rien lâcher
Par leur présence à Strasbourg, les agriculteurs corréziens ont démontré que la FDSEA et les JA de la Corrèze restent pleinement mobilisés pour défendre une agriculture productive, compétitive et respectée.
L’agriculture européenne mérite autre chose que d’être sacrifiée sur l’autel du libre-échange. » conclut Marie-France Forest.
Pas question de fatalisme pour la FDSEA et les JA de la Corrèze : « Tant que ce n’est pas signé, ce n’est pas validé ! »
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