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Matrice, l’agriculture de Limagne de demain

La coopérative Limagrain dévoile son projet Matrice, une expérimentation systémique pour explorer en plein champs diverses stratégies répondant aux défis climatiques, économiques et environnementaux.

C'est sur ses terres natives au Domaine de Mons à Aubiat que Limagrain s'apprête à réinventer le modèle cultural de Limagne. La coopérative a présenté la semaine dernière en exclusivité à la presse, son projet expérimental Matrice. Sur 49 ha, les agronomes du quatrième semencier mondial vont expérimenter et évaluer pendant 12 ans, plusieurs systèmes de culture innovants répondant à la fois aux défis climatiques, d'émission et de captation du carbone, de maintien des volumes et du revenu des agriculteurs.


12 ans d'expérimentations


Ce sont au total 89 parcelles et 976 placettes qui sont suivies sur ce projet. Matrice se veut être la première expérimentation du genre en France par son objectif « de tester en conditions réelles, et sur plusieurs rotations, des techniques agronomiques répondant aux enjeux à la fois de conservation des sols, de captation de carbone, de réduction des phytos... » détaille Sébastien Vidal, président de Limagrain. Limagrain s'est donné 12 ans soit quatre rotations culturales avant de rendre ses conclusions à ses adhérents. Ce projet trouve d'ailleurs ses origines dans les interrogations de ces derniers pour maintenir la performance de leurs exploitations face à un climat de moins en moins clément, une législation toujours plus restrictive et des attentes sociétales grandissantes. « Nous sommes prêts à adopter toutes les stratégies et techniques culturales possibles à condition que la viabilité de nos exploitations et de nos outils agro-industriels ne soit pas atteinte. Les données existantes à ce jour sur certaines pratiques, proviennent uniquement d'essais conduits en micro-parcelles. Quid de leurs effets dans un système agricole ? La captation ou l'émission de carbone ? La vie des sols ? Avec Matrice, nous obtiendrons des réponses adaptées au contexte pédoclimatique de Limagne. »


À la recherche de la résilience

Au total, sept rotations, les plus fréquentes du département, seront analysées. Chacune d'entre elles sera conduite selon quatre systèmes de culture alternatifs et innovants allant du labour au semis-direct, avec et sans interculture, réduction jusqu'à 50% des produits phytos, avec ou sans irrigation... Limagrain a bénéficié de l'apport d'expertise du Cirad* pour la mise en place de l'ensemble du dispositif. « Nous ne nous attendons pas à trouver de recette miracle mais un ensemble de réponses » tempère Jean-Marc Albourie, référent technique d'exprimentation. Un peu plus de 10 000 notations seront réalisées chaque année sur le site où plus de 6 000 analyses de sol ont d'ores et déjà été conduites.
Parce que l'objectif principal demeure la pérennité de la production céréalière de Limagne, Matrice est conduite certes comme une expérimentation, mais aussi et surtout comme une exploitation agricole. Limagrain a d'ores et déjà investi un million d'euros (sur les 7 M€ budgétisés pour le projet) rien que dans l'achat de matériels, de semences, d'intrants... « Nous ne pouvions pas avoir cette approche sans en connaître la réalité économique pour les exploitations. Nous pourrions très bien trouver un système parfaitement adapté au dérèglement climatique mais pas rentable. » Puisque rien n'est figé dans le temps, Limagrain a construit Matrice de façon à ce qu'elle évolue en fonction des nouvelles technologies telle que la robotique. « Nous ne nous fermons aucune porte. »
Derrière cette volonté de pérenniser la production agricole se cache un autre objectif de la part de Limagrain, celui d'une production agro-industrielle plus vertueuse, moins consommatrice d'énergies et émettrice de carbone. Les systèmes de culture innovants testés au sein de Matrice seront en partie décortiqués sur ce dernier point. « Tous les quatre ans, nous réaliserons un carottage dans les parcelles, sur plusieurs horizons, pour mesurer le taux de carbone capté » détaille Jean-Marc Albourie. À l'instar de ces nouveaux outils pensés et conçus pour réduire leur impact environnemental (plan PURE chez Jacquet, réduction de 70 000 Km/an pour les livraisons de céréales au moulin...), Limagrain compte bien mener l'agriculture de Limagne sur cette même voie de la résilience.                  
* Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

 

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