Aller au contenu principal

Marine Barrier : capitaine d’un élevage mené à bon port

Marine Barrier a repris il y a un an l’atelier porcin de sa tante à Saint-Bonnet-de-Salers dans le Cantal. Engraissement et transformation lui permettent de mieux valoriser ses produits.

Marine Barrier et Mathurin Duroux, son compagnon, avec le Goudot d’or 2025, devant la boutique de Tougouze.
© P. Olivieri

Avec un père éleveur, une mère institutrice, Marine Barrier a été à bonne école, celle du savoir et du vivant. De quoi lui conférer de solides bases pour envisager à son tour une carrière dans l’agriculture, comme cheffe d’exploitation. Mais avant d’endosser la cotte, la jeune femme a voulu, au-delà de l’élevage familial, se confronter à d’autres systèmes et horizons. Après un bac STAV au lycée Pompidou d’Aurillac, suivi d’un BTS productions animales à Limoges, elle a enchaîné avec une licence professionnelle conseiller en élevage laitier au pôle aveyronnais de Bernussou. Son alternance au sein de DFP Nutrition animale lui a ouvert les portes d’un CDI dans cette entreprise, recrutée comme technico-commerciale bovins lait et viande. Un poste qu’elle a quitté pour reprendre en solo l’atelier porcin conduit jusqu’alors par sa tante au sein du Gaec constitué avec son père et son oncle. “Mon père et mon oncle sont restés dans le Gaec en production laitière et en vaches allaitantes, moi j’ai repris à part l’atelier naisseur de ma tante en le complétant par l’engraissement de jeunes truies et de porcelets”, expose la très posée Marine. 

Attirée par la technicité de l’élevage porcin

Attirée par la production laitière, elle a finalement opté pour l’élevage porcin, “car ça y ressemble beaucoup en termes de technicité, il faut être régulier, pointilleux, bien suivre les mises-bas...”, analyse la jeune agricultrice de 24 ans qui s’est installée en janvier 2025 à Tougouze de Saint-Bonnet-de-Salers. Dans la porcherie intégralement réaménagée et mise aux normes, elle élève 90 mères, dont la majorité des porcelets sont commercialisés au sevrage (à un mois) via la coopérative Cirhyo(1). Dans un second bâtiment reconverti, une dizaine de porcelets sont engraissés sur paille de même qu’une vingtaine de truies chaque année. 

Les Saveurs de Marine

Transformés au labo viande de l’Enilv d’Aurillac, les premiers sont écoulés en colis de viande fraîche (5/10 kg) auprès d’une clientèle locale ; les truies sont elles destinées à la conception de toute une gamme de charcuteries dont Marine Barrier a puisé les recettes auprès de sa grand-mère : des salaisons (saucisson, saucisse sèche, coppa, chorizo, noix de jambon, filet mignon séché) et des pots stérilisés (rillettes, fritons, pâtés, mousse de foie, boudins, jambonneaux). Le tout “sans colorant, sans conservateur, sans nitrite” revendiquent les étiquettes des Saveurs de Marine, sa marque, commercialisée dans les épiceries de Salers, Mauriac, chez Duroux, à la coopérative de Saint-Bonnet-de-Salers ainsi que sur Aurillac à la distillerie Couderc et chez Leclerc. Autant de débouchés que l’éleveuse est allée démarcher, forte de son expérience de technico-commerciale. 

Un saucisson déjà en or

Ses produits “signature” : le saucisson et les rillettes. Lauréate d’un Goudot d’or 2025 aux Européennes du goût à Aurillac pour son saucisson, Marine a eu de fortes retombées sur ce produit qui a cartonné : “J’ai pas mal communiqué dessus et il y a même des gens qui suivaient les Goudots qui m’ont retrouvée cet automne pour m’en acheter”, relate la jeune femme encore étonnée.  Sur place, attenante à sa maison d’habitation qu’elle partage avec son compagnon agent de remplacement, Marine Barrier a aménagé une petite boutique avec chambre froide et vitrine.
Au terme de cette première année d’activité, l’agricultrice se dit satisfaite : “Honnêtement, ça se passe bien, je suis dans les ratios de mon étude économique”, confie-t-elle. Certes, les journées sont longues et l’astreinte 
quotidienne, avec la distribution manuelle de l’alimentation (à base de céréales achetées) matin et soir. “Mais en s’organisant avec ma famille, on arrive à se libérer, à prendre un week-end si on veut, et cet été on est parti en vacances”, précise Marine, qui ne nourrit aucun regret de ses débuts dans le salariat. “J’avais pour but de 
valoriser un minimum mon produit, j’y arrive”, pose-t-elle.     

(1) Prix indexé sur le cadran avec un décalage dans le temps.

Les plus lus

Quand les incohérences fragilisent l’agriculture

Pour la FDSEA de la Creuse, remettre de la cohérence dans les décisions publiques est devenu une urgence absolue.

grille à bétail
La grille à bétail, un nouveau dispositif breveté

Éleveur à Saint-Priest-en-Murat, Antoine Monce a inventé un système efficace pour retenir ses vaches sur leur pâturage. Cette…

Une jeune femme accroupie devant des aubracs au cornadis porte un gilet Chambre d'agriculture du Cantal
Maëva conseille une cinquantaine de fermes

À 22 ans, Maëva Dollé-Roullier a troqué son rêve de devenir vétérinaire contre celui  de conseillère en élevage bovin…

producteur de fromages dans une cave qui présente une fourme de salers AOP
Pas de vaches au Salon, mais les fromages du Gaec Troupel en concours

À Loubéjac de Carlat, le Gaec Troupel perpétue une tradition fromagère familiale en salers et cantal fermier, vieille  de…

Depuis le 19 janvier, Murat retrouve un cabinet vétérinaire

Emma Mondy et Alexis Ferrières viennent de s’installer à Murat, en sortie de ville pour soigner les animaux de compagnie. Un…

Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

Annie Genevard a posé aux côtés de Sébastien Vidal, président de Limagrain, la première pierre du projet Athenza, doté de 200…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière