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Commission
Mariann Fischer Boel quitte Bruxelles après avoir « fait le ménage »

La commissaire à l’agriculture cède sa place. Retour sur les actions menées depuis novembre 2004 par la Danoise.

Mariann Fischer Boel n’a pas toujours fait l’unanimité dans l’UE. La PAC en a souffert.
Mariann Fischer Boel n’a pas toujours fait l’unanimité dans l’UE. La PAC en a souffert.
© Bureau premier ministre finlandais/Lehti Kuva

«Nous avons fait le ménage dans la gestion quotidienne de la PAC, pour la rendre plus simple, plus saine, plus forte et plus visible aux yeux des citoyens… », écrit sur son blog Mariann Fischer Boel qui quitte son poste de commissaire à l’agriculture avec la satisfaction du devoir accompli en soulignant qu’il serait dangereux de s’engager dans la voie d’une fragmentation de la PAC. Durant son mandat, la commissaire peut se targuer d’avoir réussi à réduire à la portion congrue, voire à éliminer, les derniers mécanismes de soutien relevant de l’ancienne Pac pour ne laisser subsister ça et là que quelques filets de sécurité strictement encadrés sur le plan financier.

La politique agricole commune doit rester unitaire, éviter le risque de la renationalisation. Tel est le vœu de départ de Mariann Ficher Boel qui devait céder sa place au Roumain Dacian Ciolos. La PAC est en effet restée unitaire. Mais pas pour autant dans un bel état. À son initiative, des modifications significatives sont intervenues, dans le cadre du bilan de santé de la PAC en novembre 2008. « Nous avons fait le ménage dans la gestion quotidienne de la Pac, » clame l’ancienne commissaire agricole. Bilan, la prise en compte des contraintes environnementales a bel et bien marqué la période mais également la réduction, en peau de chagrin, des mécanismes de régulation des marchés. Aucun secteur n’a été épargné, ni celui des grandes cultures ni celui des produits carnés. Évitant les grands principes, Mariann Fischer Boel a imprimé, au jour le jour (baisse des restitutions, réduction des mécanismes de protection aux frontières, etc.) une politique de l’économie budgétaire. Du coup, elle s’est appliquée à donner un aspect plus libéral à trois secteurs que la réforme de 2003 avait, selon elle, « négligé » : les fruits et légumes, le vin et le sucre.

Libéralisation

Si un maître mot devait être appliqué à la politique de Mariann Fischer Boel, c’est bien celui de libéralisation qui s’appliquerait : dans un document présenté il y a quelques jours sur son blog, la commissaire se dit satisfaite que le bilan de santé élimine les restrictions empêchant les agriculteurs de produire plus si la demande du marché augmente, en citant l’exemple de la suppression du gel des terres et la suppression des quotas laitiers prévue en 2015. Elle se réjouit également que les mécanismes traditionnels de régulation des prix agricoles aient été réduits de manière à ce que leurs effets ne se fassent sentir qu’en temps de crise. Selon elle « cette évolution va se poursuivre ». Elle indique, enfin, que la nécessité de trouver un meilleur « équilibre » au sein du régime de paiement unique - pas seulement à l’intérieur des États membres, mais aussi à l’échelle de l’UE - apparaît « comme l’une des grandes priorités politiques actuelles ».

Accord de 2003

Lors de ma prise de fonction en novembre 2004, explique en substance la commissaire, un nouveau chapitre de l’histoire de la PAC venait de s’ouvrir. « Ma mission » a été d’asseoir les bases de l’accord de 2003 qui, avec le découplage des aides directes, fut « une innovation majeure ». Renforcer la compétitivité de l’agriculture européenne et sa réactivité au marché ; répondre aux besoins des zones rurales dans leur ensemble ; prendre en compte les préoccupations environnementales grandissantes, en particulier celles qui sont liées au changement climatique : tels sont les trois grands principes que la commissaire dit avoir eu « à l’esprit » pour « continuer à bâtir l’édifice et aider ainsi la PAC à s’intégrer concrètement dans un monde en perpétuelle évolution ».

La voie pour l’évolution future de la PAC

« Si le bilan de santé a été un exercice très bénéfique en lui-même, il a également servi à baliser la voie pour l’évolution future de la PAC », indique la commissaire à l’agriculture qui se réfère en particulier aux changements apportés à la politique de développement rural de l’UE. Celle-ci est apparue comme le meilleur outil pour aider les exploitations agricoles à répondre aux défis urgents (changement climatique, gestion plus raisonnable de l’eau, production et utilisation des énergies renouvelables, protection de la biodiversité). L’un des éléments clés du bilan, poursuit-elle en substance, est que les agriculteurs consacreront d’ici 2012, au moyen de la modulation, 5 % supplémentaires de leur aide au revenu à la politique développement rural. On est bien sur la voie d’une PAC qui se transforme en politique environnementale.

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