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Maladie d’Aujeszky : des alertes dans la faune sauvage

Maladie d’Aujeszky Pathologie virale des suidés, la France est indemne de maladie d’Aujeszky en élevage mais elle circule sur les sangliers dans plusieurs départements. Cela nécessite de la vigilance pour les élevages plein air mais également pour les chasseurs, la maladie étant mortelle chez le chien.

Dans le cadre de l’arrêté ministériel du 16 octobre 2018, depuis le 1er janvier 2021, tous les détenteurs de suidés doivent avoir mis en place un système de protection autour de la zone d’élevage empêchant toute intrusion et contact avec des sangliers sauvages. Plusieurs dispositifs de clôture sont autorisés.
Dans le cadre de l’arrêté ministériel du 16 octobre 2018, depuis le 1er janvier 2021, tous les détenteurs de suidés doivent avoir mis en place un système de protection autour de la zone d’élevage empêchant toute intrusion et contact avec des sangliers sauvages. Plusieurs dispositifs de clôture sont autorisés.
© ifip

La maladie d’Aujeszky est une maladie virale qui affecte principalement le porc et le sanglier. Elle peut également affecter les carnivores (chiens, chats) et les ruminants mais elle n’est pas dangereuse pour l’homme.

Une pathologie des suidés…
L’agent pathogène de la maladie d’Aujeszky est le Suis Herpèsvirus type 1. Comme pour tous les herpes virus, un animal contaminé reste porteur à vie, le virus restant latent dans les ganglions trijumeaux, avec une réexcrétion possible à l’occasion d’un stress. Il se transmet par voie directe lors de contacts rapprochés (groin à groin, saillie) entre individus infectés, porcs ou sangliers, mais aussi par voie indirecte via du matériel souillé ou l’ingestion d’aliments à base de viande de porc ou de sanglier infecté. Le virus peut résister jusqu’à 6 semaines à 25 °C, dans une carcasse par exemple, et seule une cuisson à plus de 80 °C permet de l’inactiver.

… avec une clinique variable
En cas de contamination, l’incubation du virus est en moyenne d’une semaine (de 1 jour à 3 semaines). Les signes cliniques vont varier en fonction de l’âge des animaux atteints. Les jeunes porcelets sont particulièrement sensibles à la maladie et ils meurent rapidement s’ils sont atteints. Chez les porcelets de plus de deux semaines, la mortalité est plus faible. Les symptômes sont les suivants : fièvre, vomissement, troubles nerveux (convulsions, tremblements, pédalages…) et chez les porcs à l’engrais, syndrome grippal avec toux et écoulement nasal. Lorsque des truies gestantes sont atteintes, elles avortent souvent ou mettent bas des fœtus momifiés. Il arrive aussi que l’infection soit inapparente chez les porcs et les sangliers touchés, ce qui en fait de parfaits réservoirs de contamination. En cas de suspicion, la confirmation se fera sur analyse sérologique.

Une large diffusion avec une inquiétude particulière en Nouvelle‑Aquitaine
La maladie d’Aujeszky est présente partout dans le monde. La France est indemne en élevage, mais le virus circule sur les populations de sangliers dans plusieurs départements, notamment en Nouvelle-Aquitaine (Gironde, Dordogne, Corrèze…). En Creuse, la faune sauvage est surveillée dans le cadre du programme Fédération des Chasseurs (FDC) de la Creuse – GDS Creuse. Les résultats se sont toujours avérés négatifs, trois suspicions ont été infirmées cette année mais le contexte régional et de départements limitrophes appelle à la vigilance.

Une application rigoureuse des mesures de biosécurité en élevage
Ces cas nous rappellent que le virus représente un risque de contamination des élevages de porcs domestiques, particulièrement des élevages en plein-air, et des élevages de sangliers. Afin de protéger vos élevages de la Maladie d’Aujeszky mais aussi de toutes les maladies contagieuses présentes chez le sanglier sauvage comme la brucellose porcine, il est primordial de mettre en place les mesures de biosécurité prévues par l’Arrêté ministériel biosécurité du 16 octobre 2018, notamment :
- La distribution de déchets de cuisine ou de table aux suidés est interdite pour tous les détenteurs. Il en est de même pour d’éventuels déchets de chasse (viande, viscères).
- Installer les dispositifs (clôtures, murets, ...) destinés à empêcher tout contact des porcs domestiques et des sangliers d’élevage avec les sangliers sauvages.
- Ne pas laisser entrer de chasseur ou de chien de chasse dans la zone d’élevage et ne pas introduire de matériel de chasse (tenue, bottes, véhicule, …).
- Plus globalement, limiter au strict minimum le contact entre vos suidés et des intervenants extérieurs.
- Installer un sas sanitaire avec tenue spécifique (bottes, cottes) et dispositif de lavage des mains au savon, passage obligé de toute personne entrant dans l’élevage.
- Ne pas introduire de matériel, véhicule, non indispensable et non préalablement désinfecté dans votre zone d’élevage.
- Pour les éleveurs, avoir réalisé la formation biosécurité en élevage de porcs et sangliers (obligatoire depuis le 1er janvier 2020). Si vous n’êtes pas encore formé, rapprochez-vous de la Chambre d’Agriculture ou de nos services.

Les carnivores et les ruminants susceptibles de se contaminer
Si les ruminants sont sensibles au virus, les cas cliniques sont très rares du fait du mode de transmission. En revanche, la maladie représente une menace majeure sur les carnivores. La contamination des chiens de chasse survient généralement lors d’action de chasse, suite à l’ingestion de viandes ou de viscères d’un sanglier contaminé, ou suite à la morsure ou au léchage de plaie d’un sanglier contaminé. Le risque est le même lors d’une promenade en forêt si un chien découvre une carcasse de sanglier. De nombreux cas ont été signalés ces dernières années en Nouvelle-Aquitaine et plus récemment dans les départements limitrophes de la Creuse. Appelée « pseudo-rage », la maladie occasionne des symptômes assimilables à la rage (signes nerveux, démangeaisons démentielles) et tue inexorablement les carnivores contaminés en 2 à 3 jours. Les mesures de prévention (notamment, éviter le léchage des plaies de saignée et la consommation de venaison de sanglier par les chiens, lors et après les actions de chasse...) sont du ressort des chasseurs et des fédérations de chasse. Aucun traitement de la maladie d’Aujeszky n’est disponible mais un vaccin inactivé contre cette maladie (AUSKIPRA‑BK® du laboratoire HIPRA) a obtenu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour utilisation chez le chien. Rapprochez-vous de votre vétérinaire si vous souhaitez protéger vos chiens.

Une réglementation appelée à évoluer avec la Loi de Santé Animale (LSA)
La maladie d’Aujeszky fait l’objet d’un arrêté ministériel rendant obligatoire son dépistage annuel (prophylaxie) dans les élevages plein-air et sélectionneur-multiplicateur. Depuis le 21 avril 2021, elle est classée CDE chez les suidés dans le cadre de la LSA (déclaration, surveillance, prévention, certification obligatoire, éradication facultative). Pour l’instant, la réglementation nationale n’a pas été modifiée et les arrêtés ministériels de surveillance et de lutte contre la maladie d’Aujeszky sont toujours applicables. La vaccination des porcs et des sangliers est interdite en France.
En complément, elle a été retenue par Arrêté ministériel du 3 mai 2022 dans la liste des maladies réglementées d’intérêt national pour toutes les espèces autres que suidés. Cette maladie restera, chez le chien, à déclaration obligatoire car elle entre dans le diagnostic différentiel de la rage. La priorité est de prendre en compte les signes cliniques évocateurs (signes neurologiques) mais il convient de traiter en premier lieu la suspicion de rage. En pratique, et comme lors d’une suspicion de rage « classique », le vétérinaire doit se rapprocher des services vétérinaires pour la prise en charge du cadavre.

Face à la menace Aujeszky, un renforcement des mesures de biosécurité pour les éleveurs et les chasseurs
Si le virus n’a pas encore été confirmé en Creuse, il est d’ores et déjà nécessaire de renforcer collectivement les mesures de biosécurité, que ce soit pour les détenteurs de porcs et de sangliers, mais également pour les chasseurs et les chiens susceptibles d’être exposés au virus. Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rapprocher de nos services, de votre vétérinaire ou de la Fédération des Chasseurs.

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