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Maintenir le cap malgré la tempête

Nouvelle année compliquée pour la coopérative Elva Novia, qui a vu son volume d’activité « insémination » reculer de 11 %, en raison d’une concurrence accrue et d’éléments conjoncturels particulièrement pénalisants.

Denis Renard, administrateur d’Elva Novia aux côtés du président Robert Chaumont.
Denis Renard, administrateur d’Elva Novia aux côtés du président Robert Chaumont.
© SC

« Après cinq années d’existence, est venu le temps pour Elva Novia de se poser et de réaffirmer ses valeurs bâties autour des éleveurs, de l’emploi et des territoires ». C’est en ces termes que s’est exprimé, jeudi dernier, le président de la coopérative d’élevage et de génétique, devant les adhérents réunis à Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, à l’occasion de l’assemblée générale. La concurrence féroce des bretons, à l’œuvre depuis bientôt deux ans, les débauchages à répétition d’inséminateurs, la démission de certains administrateurs ont sans aucun doute accéléré la remise en question de la structure. Très concrètement, Elva Novia termine son exercice 2016-2017 avec une baisse de 11 % du volume des inséminations, son activité majeure. Les actes sont en recul de 7 % en vaches laitières et de 15 % en vaches allaitantes. Du jamais vu. « La conjoncture laitière encore difficile peut expliquer la baisse du nombre d’insémination. En allaitant, nous avons été particulièrement pénalisés par la multiplication des anoestrus », explique le directeur Luc Chopart. Il y a un an, juste avant l’hivernage, les bêtes ont en effet pâti d’un fourrage de piètre qualité, ce qui a eu pour principale conséquence une diminution des chaleurs, et donc un retardement de la fécondation. Au final, la coopérative a procédé à environ 200 000 inséminations bovines, dont 73 000 en races allaitantes (61 000 rien qu’en charolaises) ; 3 900 inséminations ovines et 1 500 caprines.

Remobiliser les troupes
Le résultat de la coopérative est évidemment impacté par ces défaillances. « Un travail important sur les charges nous a permis de limiter les dégâts », souligne le président Robert Chaumont. La bonne tenue des autres activités a compensé en partie les pertes. « Les échographies ont progressé de 30 %, l’activité repro-fournitures se porte bien (Geneform), tout comme l’activité hygiène (Saphir) », détaille le directeur. Au premier trimestre 2017, à l’heure d’élaborer son projet coopératif pour 2020, Elva Novia a réuni ses administrateurs, ses cadres, ses inséminateurs. Objectif : remobiliser les troupes pour continuer à être moteur sur les projets au service des éleveurs. Dispositif de fidélisation des éleveurs, investissement dans un logiciel expert (Cap Repro+), application web en cours de développement, dispositif de monitoring de troisième génération (Moocall), création d’une gamme d’aliments à la carte combinant matières premières et minéraux… sont autant de projets actuellement développés au sein d’Elva Novia. « La réponse à l’adversité, c’est la résistance et la capacité à innover », estime le président, qui, sans nier la concurrence, invite chacun à faire preuve de loyauté. « Les tarifs de nos concurrents peuvent paraître alléchants, mais pour combien de temps et avec quels services ? ».

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