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Lyon a accueilli le premier Forum européen d’agro-écologie

Plus de 310 chercheurs, thésards, agriculteurs et ONG de 18 pays ont participé au premier Forum européen de l’agro-écologie à Lyon du 25 au 27 octobre. Un événement utile pour échanger sur la recherche et les pratiques pour une communauté d’acteurs en constitution.

Alexander Wezel est enseignant chercheur à l’Isara à Lyon, spécialiste de l’agroécologie. Il est vice-président de l’association Agroécology Europe, organisatrice du premier Forum sur l’agroécologie à Lyon.
Alexander Wezel est enseignant chercheur à l’Isara à Lyon, spécialiste de l’agroécologie. Il est vice-président de l’association Agroécology Europe, organisatrice du premier Forum sur l’agroécologie à Lyon.
© APASEC

La capitale des Gaules est devenue pendant trois jours, du 25 au 27 octobre, le cœur européen de l’agroécologie en recevant pendant trois jours plus de 310 acteurs de 18 pays européens et non européens. « Depuis 2009, on sent une forte accélération de l’intérêt et des pratiques autour de l’agroécologie, explique Alexander Wezel, enseignant chercheur spécialisé sur l’agroécologie à l’Institut supérieur d’agriculture et d’agroalimentaire (Isara) à Lyon et co-organisateur du premier Forum européen en tant que vice-président de l’association Agroecology Europe. L’agroécologie consiste à utiliser les services agro-systémiques de la nature afin de produire des denrées agricoles, tout en gérant durablement les ressources nécessaires à leur production comme l’eau, le sol, l’air, les nutriments, les cycles du carbone ou de l’azote, etc. Par exemple, la préservation de la vie des sols par l’utilisation de couverts végétaux permanents ou la limitation au maximum de l’usage de chimie relève de l’agroécologie. »
Cette approche de l’agriculture intéresse autant les agriculteurs que la société civile et les chercheurs pour faire face aux nombreux défis de l’agriculture. « Un système agro-écologique a un impact très faible sur les ressources, il permet de lutter contre le réchauffement climatique, d’améliorer les revenus des agriculteurs, de préserver l’eau, le sol et l’air, indique Stéphane Bellon chercheur à l’Inra et président d’Agroecoly Europe. La production scientifique autour de l’agroécologie augmente considérablement depuis quelques années. Plus de 4 000 publications scientifiques ont concerné l’agroécologie en 2016 car elle permet de répondre à de nombreux problèmes qui se posent à l’agriculture dans le monde. » Il est, en revanche, difficile de dénombrer les agriculteurs ayant créé un système de production agro-écologique complet. « De très nombreux agriculteurs en Europe et dans le monde utilisent des pratiques agro-écologiques, poursuit Stéphane Bellon. Mais penser un système complet et optimisé, c’est encore assez rare. C’est par exemple ce qu’a fait un jeune agriculteur dans la Drôme qui a repris une exploitation en monoculture de maïs et qui l’a complètement redéfinie. Il produit maintenant plus de 40 espèces de végétaux avec de l’arboriculture, des PPAM, de la cameline et un peu d’élevage. »

L’agroécologie comme solution
Ce premier Forum européen sur l’agroécologie a ainsi permis de partager, autour de nombreux thèmes, les avancées des programmes de recherche et d’expérimentations, d’accélérer la constitution d’une communauté d’intérêt et de créer du lien entre les différents acteurs de la recherche, de l’agriculture et des mouvements associatifs. « C’est extraordinaire ce qui se passe ici, s’enthousiasme Erin Silva, professeur en agriculture biologique au sein de l’université du Wisconsin-Madison aux États-Unis. L’intérêt pour l’agroécologie se développe tout juste aux États-Unis et l’on peut apprendre beaucoup de ce qui se passe en Europe. On sent aux USA que les consommateurs se préoccupent de plus en plus des impacts de l’agriculture sur l’environnement ou la santé. L’agroécologie peut être une bonne réponse tout en maintenant de bons rendements. Par ailleurs, de plus en plus de « farmers » se penchent sur le sujet face aux difficultés agronomiques qu’ils rencontrent : sols très dégradés, érosion rapide, multirésistances d’adventices aux herbicides, etc. qui entraînent des baisses de rendements parfois importantes. »

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