LPM : cap sur la productivité et la valorisation des filières
La coopérative Les Producteurs de la Marche (LPM) a tenu son assemblée générale le 26 juin dernier à Le Grand-Bourg.
La coopérative Les Producteurs de la Marche (LPM) a tenu son assemblée générale le 26 juin dernier à Le Grand-Bourg.
L’assemblée générale de LPM a revêtu cette année une importance particulière puisqu’il s’agissait de la première assemblée générale portant sur une année complète d’activité depuis la fusion des coopératives Celmar et CCBE.
En introduction, le président Jean-François Aucouturier a souligné le contexte inédit de l’année 2025, marqué par un retour des prix, mais aussi par des défis sanitaires et la décapitalisation du cheptel souche. Il a réaffirmé la pertinence du modèle coopératif et des systèmes herbagers de la région, économiquement viables en limitant les coûts et écologiquement responsables en stockant du carbone. Il a également mis en avant le nouveau partenariat avec l’union de coopératives Feder pour la valorisation et l’export des bovins maigres, tout en notant que la hausse de la valeur du bétail pèse sur la trésorerie de la coopérative.
Une belle dynamique en 2025
La section bovine a affiché une activité solide avec 78 226 animaux vendus, pour un chiffre d’affaires sectoriel dépassant les 185 millions d’euros. La coopérative maintient son cap sur les filières de qualité avec environ 530 éleveurs engagés dans des démarches de qualité telles que le Label Rouge, le bio ou encore des partenariats. Une innovation majeure de l’année a été la mise en place d’un contrat de sécurisation du tarif final des animaux pour les éleveurs engraisseurs, garantissant ainsi leurs revenus grâce à des partenariats bancaires.
La section ovine a également montré un beau dynamisme, porté notamment par l’arrivée de nouveaux éleveurs de l’Allier. Malgré une production totale de 47 745 ovins commercialisés, la filière reste structurellement sensible au calendrier des fêtes religieuses, très groupées en 2025, et fait face à des variations de prix et de volume qui demandent un désaisonnement important. Les équipes techniques, dont la polyvalence a été saluée, jouent un rôle crucial dans le maintien de cette activité qui représente environ 4,5 % du chiffre d’affaires de la coopérative.
Parallèlement, la coopérative se félicite de la structuration d’une filière laine en Creuse, soutenue par l’État et réalisée en partenariat avec Lainamac. Ce projet redonne de la valeur et du sens au travail des éleveurs en transformant un coproduit considéré comme perdu en une ressource pour les industries du luxe et la tapisserie de qualité, suscitant même un intérêt international jusqu’au Japon, grâce à la série de tapisseries autour de l’univers de Hayao Miyazaki. Un tapis fabriqué avec cette laine locale sera d’ailleurs présenté lors des prochaines journées de la laine à Felletin.
Objectif productivité
Cette année l’objectif prioritaire de la coopérative sera l’amélioration de la productivité. Une présentation a été réalisée conjointement par Natacha Lagoutte, de la Chambre d’agriculture de la Creuse, Anne-Sophie Desvillettes, de LPM, Simon Harbers, de LPM, et Jean-Marc Petit, de Sopacel. Le constat chiffré est préoccupant : en sept ans, le nombre de naissances de veaux a chuté de 19 %. L’intervalle vêlage-vêlage (IVV) moyen s’établit à 418 jours, bien loin de l’objectif idéal d’un veau par vache et par an fixé à 365 jours. Par ailleurs, la mortalité des jeunes veaux montre une tendance à la hausse, atteignant près de 8 % au cours des trois premiers mois de vie.
Cette baisse de performance s’explique par plusieurs causes, notamment les aléas climatiques (sécheresse, canicule), les crises sanitaires répétées comme la FCO, mais aussi l’agrandissement des cheptels qui rend le suivi individuel des animaux plus complexe. Sur le plan financier, l’impact est direct : pour un troupeau de 100 vaches, ces dégradations techniques se traduisent par un manque à gagner d’environ 16 veaux par campagne, pénalisant la rentabilité des exploitations.
Pour inverser cette tendance, la coopérative conseille des solutions concrètes reposant sur trois piliers indissociables : l’alimentation, la minéralisation et la prévention sanitaire. LPM propose notamment des analyses de fourrages pour équilibrer les rations, des gammes de minéraux adaptées à chaque stade physiologique et des outils de suivi comme les tests de gestation ou les protocoles de synchronisation. L’ambition affichée pour l’horizon 2026-2030 est d’accompagner chaque adhérent vers une meilleure performance numérique et économique.
Des producteurs en valeur
L’assemblée s’est conclue autour d’un verre et de produits en partie issus de la diversification des exploitations des éleveurs adhérents. Les participants ont pu découvrir et déguster des fromages comme de la tomme de brebis, du jus de pomme, ainsi que des spécialités territoriales telles que la galette aux pommes de terre ou la pompe aux grattons de l’Allier, illustrant ainsi la richesse et le dynamisme des terroirs de la coopérative.
HC