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Flavie Delattre, Végépolys Valley : « L’innovation végétale est une aventure collective »

Rencontre avec Flavie Delattre, présidente de Vegepolys Valley à l’occasion de l’assemblée générale du pôle de compétitivité, la semaine dernière dans le Puy-de-Dôme. Plus de 20 ans après sa création, il reste un acteur central dans l’accélération de l’innovation végétale. 

mai avec grains de blé dans un champ
© Mélodie Comte

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est exactement Vegepolys Valley ?

Flavie Delattre : Vegepolys Valley est un pôle de compétitivité, c’est-à-dire un écosystème dédié au végétal, une plateforme où se croisent les idées, les compétences et les ambitions pour faire avancer l’innovation dans tous les domaines liés à la plante. Que ce soit pour l’alimentation, la santé, l’urbanisme ou encore la lutte contre le changement climatique, le pôle rassemble plus de 600 membres, allant des start-up aux grands groupes comme Limagrain ou Axéréal, en passant par des organismes de formation, des centres de recherche et des partenaires financiers comme la Région Auvergne-Rhône-Alpes ou des établissements bancaires.

L’objectif est de mettre tout le monde autour de la table pour que l’innovation émerge, se développe et se concrétise. Ici, on ne travaille pas en silo

On échange, on collabore, on anticipe. Que ce soit pour créer un robot agricole, développer une nouvelle variété de plante ou repenser l’organisation d’une filière, Vegepolys Valley est le catalyseur qui permet à ces projets de voir le jour.

Comment fonctionne ce réseau ?

Flavie Delattre : Le pôle organise des rencontres, des webinaires et des journées thématiques pour que chacun puisse se connaître, partager ses besoins et trouver des solutions. Par exemple, une entreprise qui peine à recruter ou à développer une technologie peut, grâce au réseau, identifier un partenaire ou un chercheur qui détient la clé pour résoudre son problème.

Le rôle du pôle est cependant bien plus vaste. Il accompagne aussi ses membres dans la recherche de financements, en les aidant à cibler les bons appels à projets, qu’ils soient nationaux ou européens

En 2026, ce sont 96 projets qui ont été ainsi portés pour un budget global de 183 millions d’euros, mêlant subventions publiques et investissements privés.

Quels types de projets émergent de ce terreau fertile ?

Flavie Delattre : L’innovation chez Vegepolys Valley prend des formes variées, mais elle a toujours un point commun : répondre à un besoin concret. Cela peut être le développement d’un drone pour le désherbage, l’invention de variétés végétales plus résistantes, ou encore la création de solutions pour intégrer le végétal dans l’urbanisme, comme l’utilisation de plantes grimpantes pour rafraîchir les villes.

Un exemple marquant est le projet Climatveg, en Pays de la Loire, qui rassemble plusieurs acteurs pour réfléchir à la manière dont le végétal peut s’adapter au changement climatique. D’autres initiatives, comme celles portées par la start-up Weenat, montrent comment la technologie peut servir l’agriculture, avec des outils de suivi météorologique toujours plus précis.

L’innovation peut aussi être organisationnelle, comme l’accompagnement d’une entreprise dans sa transition RSE, ou sociétale, avec des projets qui repensent notre rapport à l’alimentation, comme des repas frais et rapides pour les actifs pressés.

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Pourquoi le végétal est-il au cœur de tant d’enjeux ?

Flavie Delattre : Parce que le végétal est une réponse à de nombreux défis. Que ce soit pour nourrir la population, lutter contre le réchauffement climatique, améliorer la santé humaine ou animale, ou encore repenser nos villes, la plante est au centre de solutions durables. Et c’est là que Vegepolys Valley joue un rôle clé, en fédérant les acteurs, en stimulant la recherche et en accompagnant les projets, le pôle permet de transformer ces défis en opportunités.

La force de Vegepolys Valley réside aussi dans sa neutralité

Ici, ce n’est pas l’idéologie qui guide les projets, mais la science et les besoins concrets des membres

Une charte RSE, finalisée en 2025-2026, formalise d’ailleurs cette approche, en ancrant les valeurs de durabilité et de collaboration au cœur de l’action du pôle.

Quel est l’impact pour les agriculteurs de ces recherches et projets ?

Flavie Delattre : Pour un agriculteur, un maraîcher ou un producteur, Vegepolys Valley représente une ressource inestimable. C’est d’abord une veille technologique : savoir ce qui se fait, quelles innovations émergent, et comment les adapter à son exploitation.

À lire aussi : La Banque européenne d'investissement soutient Limagrain

Par exemple, un producteur de soja confronté à une année difficile peut se raccrocher aux avancées réalisées grâce au pôle, en termes de nouvelles variétés plus résistantes, outils connectés pour optimiser ses pratiques, ou encore des méthodes pour mieux gérer l’eau. L’innovation devient ainsi un levier pour surmonter les crises.

Et demain ? Quels sont les défis à relever ?

Flavie Delattre : L’avenir de Vegepolys Valley s’inscrit dans un contexte complexe, marqué par des crises géopolitiques, économiques et climatiques. C’est justement dans ces moments que le réseau prend tout son sens. Travailler ensemble, partager les savoirs et innover collectivement sont les clés pour avancer.

Le pôle continue de grandir, avec de nouvelles adhésions qui prouvent que, même en période difficile, l’innovation reste une priorité

Les membres savent qu’ils sont plus forts ensemble. Et c’est cette dynamique qui permet d’aborder l’avenir avec confiance.

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