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Limagrain se lance dans la production de protéines végétales sur son site de Saint-Ignat, dans le Puy-de-Dôme

Ce lundi 6 octobre, Limagrain a inauguré une nouvelle ligne de production d'ingrédients texturés à forte teneur en protéines végétales. Le groupe coopératif a investi encore une fois plus de 15 millions d'euros sur son site de Saint-Ignat (Puy-de-Dôme).

© AdobeStock

Limagrain poursuit sa dynamique expansionniste. Le groupe coopératif auvergnat a inauguré ce lundi une nouvelle ligne de production destinée à la fabrication d'ingrédients texturés, à forte teneur en protéines végétales (minimum 50 %). L'investissement de 15 millions d'euros* a été réalisé sur son site de Saint-Ignat où avait déjà été inauguré en 2022 le moulin à blé (voir ci-dessous).

Limagrain est guidé par la recherche constante du progrès» Sébastien Vidal, président de Limagrain.

C'est désormais une nouvelle page qui s'ajoute à l'histoire de la coopérative soixantenaire qui en diversifiant sa gamme d'ingrédients, tient à s'engager pour une alimentation saine et durable.

Féverole, pois, lentille… Limagrain élabore des ingrédients protéinés innovants

Malgré les crises qui s'accumulent dans notre pays, Limagrain poursuit ses investissements en France, et surtout dans le Puy-de-Dôme. Avec cette nouvelle ligne de transformation, et l'extension de son moulin, pour un montant total de 26 millions d'euros, le groupe fait encore preuve d'audace perpétuant ainsi l'héritage de ses fondateurs, 60 ans plus tôt.

À lire aussi : 60 ans de Limagrain : « les paysans sont encore les patrons ! »

De cette nouvelle ligne sortent des TVP (de l'anglais Textured Vegetable Protein - en français protéines végétales texturisées), combinant des légumineuses, des céréales et des farines fonctionnelles pour un usage dans les recettes industrielles.

Alors que ces ingrédients protéinés sont aujourd'hui majoritairement fabriqués à partir de soja, Limagrain prend le contre-pied d'élaborer des aliments aux qualités similaires mais à base de céréales françaises (blé et avoine) et surtout de légumineuses (féverole, pois, lentille). Les ingrédients affichent une teneur en protéines minimum de 50 % pour offrir aux clients du groupe une solution qui se veut compétitive tant sur le plan nutritionnel que fonctionnel

L'ambition à terme est de commercialiser jusqu'à 4 300 tonnes par an » ajoute Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain.

La coopérative auvergnate ambitionne de développer une filière de légumineuses en Limagne

L'autre ambition que nourrit plus ou moins secrètement Limagrain est de développer une filière légumineuse dans la plaine de la Limagne. Le groupe a déjà tenté cette expérience, sans grand succès malheureusement. 

Nous sommes confrontés à des difficultés agronomiques notamment en raison des variétés de certaines légumineuses qui n'ont pas fait l'objet de sélection depuis les années 1980. Elles ne sont clairement pas adaptées au contexte de changement climatique dans lequel nous évoluons » explique Sébastien Vidal, président de Limagrain.

L'ouverture de cette ligne de production permet ainsi au groupe de recycler la recette « de la graine à la table » qui a fait son succès jadis, avec le maïs : créer sa propre filière pour en avoir la maîtrise et capter sa valeur.

Le marché des farines fonctionnelles représente à lui seul plus de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires au sein du groupe. Avec ses 12 recettes à forte teneur en protéines qui viennent s'ajouter à son catalogue, Limagrain a bon espoir d'asseoir son leadership sur ce marché pour continuer d'investir. Environ 16 % de son chiffre d'affaires (soit 320 millions d'euros) est consacré chaque année exclusivement à la recherche. La sélection variétale en fait partie et devrait désormais s'étendre aux légumineuses pour à la fois proposer des solutions aux agriculteurs adhérents de Limagne et pérenniser les approvisionnements de cette ligne.

Comme pour son moulin à blé, Limagrain a construit cette ligne de production en pensant à son expansion si le succès est au rendez-vous.

*soutenu par le plan France 2030 à hauteur de 1,46 million d'euros.

À lire aussi : 9 à 10% des volumes réceptionnés par Limagrain déclassés en raison de l'ergot

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