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Lever les incertitudes sur l’avenir

Pour clore leur assemblée générale qui s’est déroulée au Futuroscope du 4 au 6 juin, les Jeunes agriculteurs avaient organisé une table ronde sur le thème des manifestations qui ont rythmé la vie syndicale pendant près de six mois, entre le mois d’octobre et le début du mois de mars. L’occasion pour eux de présenter leur nouvelle équipe. 

Marc Fesneau, a eu toute liberté pour participer à la table ronde organisée par les Jeunes Agriculteurs : « De la colère en engagements, quelle place pour les jeunes demain ? ».
Marc Fesneau, a eu toute liberté pour participer à la table ronde organisée par les Jeunes Agriculteurs : « De la colère en engagements, quelle place pour les jeunes demain ? ».
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Interdit de discours officiel et car astreint au devoir de réserve pour cause de campagne électorale (Européennes du 9 juin), le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a toutefois eu toute liberté pour participer à la table ronde organisée par les Jeunes Agriculteurs : « De la colère en engagements, quelle place pour les jeunes demain ? ». Ce qui lui a permis d’analyser « ces colères latentes depuis longtemps » et qui cristallisaient de nombreux ressentiments : surtransposition, incohérence réglementaire, injonctions contradictoires, négociations commerciales, pertes de revenu…
Pour le sociologue François Purseigle, ce sont aussi de multiples petites gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase de la colère. Il a toutefois souligné que si les agriculteurs sont à même de surmonter les crises car elles ont un terme, celles de 2023 ont été plus profondes dans le sens où elles étaient empreintes « d’incertitude ». Les agriculteurs ont, pour lui, pu nourrir un profond sentiment d’insatisfaction au regard des ambitions qu’ils s’étaient données quand ils se sont installés. Mais la crise est toujours là, « sourde et larvée », a-t-il ajouté. Ce que n’a pas nié Jean-Baptiste Gibert, agriculteur dans le Tarn-et-Garonne et secrétaire général de Jeunes agriculteurs Occitanie, parlant même de « désarroi » et de « sentiment d’injustice ». « On a répondu à toutes les demandes, de l’État, des grandes surfaces, des consommateurs, de citoyens et on se retrouve à ne plus pouvoir vendre nos produits ».


« La passion ne suffit pas »


Ce degré d’insatisfaction est plus important chez les agriculteurs que dans les autres catégories socio-professionnelles, que « la moyenne nationale et que la moyenne des ruraux », a rebondi François Purseigle. Les agriculteurs d’aujourd’hui se sentent également redevables d’une histoire liée à leur métier, puisqu’elle touche à la généalogie, aux héritages (physiques et moraux) reçus de leurs aînés et parfois de leur conjoint qui apporte le complément de revenu nécessaire à l’équilibre du foyer, a-t-il poursuivi. Tant et si bien que « la passion ne suffit pas », a-t-il estimé.
Mais l’arrivée de nouveaux profils d’agriculteurs, les non-issus du milieu agricole (Nima) qui représente environ 30 % des installations pourraient changer la donne, a indiqué Marc Fesneau qui entend redonner de la fierté au métier, notamment au travers du projet de loi d’orientation agricole. S’il ressort plus musclé de l’Assemblée nationale, c’est en partie grâce à l’action du syndicalisme majoritaire qui a donné de « sérieuses pistes », a-t-il glissé, comme un hommage au travail réalisé.
Le chantier n’est d’ailleurs pas terminé, ont annoncé comme un seul homme le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau et celui de JA qui ont cependant noté des « inflexion françaises et européennes » depuis les manifestations hivernales. Ils sont bien déterminés à enrichir le texte quand il passera dans les prochains jours au Sénat.
Les deux hommes ont également rendu un hommage appuyé au président sortant, Arnaud Gaillot. Dans son discours final, Pierrick Horel -nouveau président de Jeunes Agriculteurs- a rappelé que l’Europe et la PAC doivent rester une priorité et être « les garants de notre souveraineté ». À ce titre, il demande que 10 % du budget de la prochaine PAC soit consacré au renouvellement des générations et milite pour la mise en place d’un Egalim européen pour « assurer la cohérence politique et une harmonisation des normes ». Il souhaite aussi, sur un plan plus syndical « revoir nos méthodes de communication » et « proposer une nouvelle offre syndicale ».
Le 58e congrès des Jeunes agriculteurs aura lieu les 3, 4 et 5 juin 2025 à Auch (Gers).

 

 

Le nouveau bureau 
de Jeunes Agriculteurs
Président : Pierrick Horel, 33 ans, agriculteur bio dans les Alpes-de-Haute-Provence et aussi en Saône-et-Loire, à la tête d’un élevage de 150 animaux et de 420 ha de prairies et de grandes cultures. Fan de voile et de surf, il essaie de concilier vie professionnelle et personnelle en se ménageant plusieurs semaines de vacances en famille. 
Vice-présidents : Julien Rouger, Alexis Roptin, Christophe Haas, Pol Devillers
Secrétaire général : Quentin Le Guillous
Secrétaire généraux adjoints : François-Xavier Hupin, Yvan Jarnias, Simon Martin, Loïc Scalabrino
Trésorier : Jimmy Guérin
Trésorier adjoint : Manon Pisani
Membres du bureau : Maxime Buizard-Blondeau, Vincent Ferry, Jean-Baptiste Sablairoles.

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