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L'Europe sauve les priorités de Le Foll

Le ministre de l’Agriculture a réussi à maintenir plusieurs priorités pour le budget de son ministère, en dépit d’une baisse sensible de ses crédits : 200 millions d’euros en moins.

L’aide à la vache allaitante, partiellement transférée sur les fonds européens, permet une économie de 165 millions d’euros.
L’aide à la vache allaitante, partiellement transférée sur les fonds européens, permet une économie de 165 millions d’euros.
© François d'Alteroche

Montrer que des priorités existent et s’affirment vigoureusement dans la politique agricole française, en dépit des aléas budgétaires. Voilà la préoccupation de tout ministre de l’Agriculture en France depuis des décennies. Stéphane Le Foll n’a pas échappé à la règle, ce 1er octobre en présentant son budget 2015, en baisse de 4,1 % par rapport à 2014. Les crédits de la Pac lui ont facilité la tâche, de même que le dispositif d’allègement des charges prévu par le pacte de responsabilité. La principale amélioration viendra de l’application du Cice (crédit d’impôt compétitivité emploi) et de la déduction de charges sociales qu’il prévoit ; un allègement de 729 millions d’euros selon les calculs du gouvernement, qui s’applique aux exploitations agricoles comme aux entreprises agroalimentaires.

Cofinancement européen

Ce sont surtout les fonds européens qui permettent de mettre en avant les grandes priorités du ministre de l’Agriculture. En ligne de mire, l’installation des jeunes. Stéphane Le Foll annonçait un budget de cent millions d’euros supplémentaires. La dotation aux jeunes agriculteurs bénéficiera de 25 millions d’euros supplémentaires financés à 80 % par le budget de la Pac. À cela s’ajoutent 75 millions d’euros de complément d’aide aux jeunes, prévus par la réforme de la Pac. « On a calé des budgets sur des transferts vers des financements européens », expliquait le ministre. Exemple, l’aide à la vache allaitante, partiellement transférée sur les fonds européens, permet une économie de 165 millions d’euros tout en engageant 642 millions d’euros. « La Pac nous permet de faire des économies », insistait-t-il. C’est le principe du cofinancement européen qui augmente dans plusieurs cas. Il en est ainsi du budget de l’ICHN. Avec un cofinancement européen, l’État français peut augmenter sa participation de 179 millions d’euros cette année, à 232 millions en 2015, tandis que grâce à l’Europe le budget total passe de 634 millions d’euros en 2014 à 928 millions d’euros en 2015. Du coup, le gouvernement peut respecter les engagements annoncés par François Hollande au Sommet de l’élevage l’an passé, en prévoyant un milliard d’euros pour cette prime qui intègre d’ailleurs bien d’autres critères que les handicaps naturels : une part sera consacrée aux systèmes herbagers en plaine. C’est encore l’Europe qui rend possible la mobilisation de 200 millions d’euros sur la période 2014-2020 pour le soutien à la modernisation des exploitations.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 9 octobre 2014.

Le chiffre

Le budget total s’élève à 4,7 milliards d’euros, contre 4,9 milliards en 2014, 5 milliards en 2013 et 5,2 milliards en 2012. Depuis son arrivée rue de Varenne, Stéphane Le Foll, proche du président François Hollande, participe à l’effort budgétaire, voyant l’enveloppe de son ministère se réduire d’une année sur l’autre.

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