Les syndicats agricoles de l’Allier mettent la pression sur l’État
Une délégation des représentants de la FNSEA 03, des Jeunes Agriculteurs 03 et de la Chambre d’agriculture de l'Allier a été reçue ce vendredi 9 janvier par le préfet de l’Allier, Christophe Noël du Payrat, à Moulins. Au cœur des échanges : le refus du traité du Mercosur, l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC) et les difficultés structurelles rencontrées par les exploitations du département.
Une délégation des représentants de la FNSEA 03, des Jeunes Agriculteurs 03 et de la Chambre d’agriculture de l'Allier a été reçue ce vendredi 9 janvier par le préfet de l’Allier, Christophe Noël du Payrat, à Moulins. Au cœur des échanges : le refus du traité du Mercosur, l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC) et les difficultés structurelles rencontrées par les exploitations du département.
Mercosur et PAC : deux lignes rouges
Président de la FNSEA de l'Allier et premier vice-président de la Chambre d’agriculture, Geoffrey Rivaux a insisté :
« La priorité aujourd’hui, c’est le Mercosur. On ne peut pas importer des denrées agricoles qui ne respectent pas les mêmes normes qu’en France ».
Les syndicats dénoncent ce qu’ils qualifient de « double standard » : des exigences environnementales et sanitaires toujours plus fortes pour les agriculteurs français, pendant que l’Europe ouvrirait ses marchés à des productions étrangères moins exigeantes.
Autre inquiétude majeure : la prochaine PAC, dont une baisse de budget de 25 % est évoquée dans les premières discussions.
« On ne peut pas avoir une agriculture vertueuse sans une PAC forte », a insisté Geoffrey Rivaux, rappelant que les exploitations céréalières, notamment en zone intermédiaire comme dans l’Allier, traversent une période économique très difficile.
Les responsables agricoles redoutent qu’un affaiblissement de la PAC ne compromette durablement la souveraineté alimentaire et la viabilité des exploitations.
Face à ces enjeux européens, une manifestation nationale de la FNSEA et des JA est d’ores et déjà annoncée pour le 20 janvier 2026.
« S’il faut durcir, on durcira, on est prêts », a prévenu Geoffrey Rivaux, affirmant que la profession ne se contentera pas de déclarations d’intention.
Des dossiers locaux en attente de décisions concrètes
Au-delà des grands dossiers européens, la délégation a également abordé plusieurs sujets locaux avec le préfet.
Parmi eux, l’application de la loi Duplomb, notamment sur la gestion de l’eau et des haies.
Les syndicats demandent davantage de souplesse au niveau départemental, par exemple sur les dates de broyage des haies, afin de permettre des semis dans de meilleures conditions agronomiques.
Président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, Christophe Jardoux a élargi le débat aux enjeux énergétiques et économiques du territoire.
Il a notamment alerté sur le blocage de 122 projets de bâtiments photovoltaïques agricoles, faute de capacités de raccordement au réseau électrique.
« C’est un investissement qui ne se fait pas et une opportunité perdue pour les agriculteurs », a-t-il souligné, appelant l’État à fixer des priorités claires.
Christophe Jardoux a également défendu la nécessité d’un véritable plan en faveur de l’élevage bovin, en lien avec la PAC.
Concernant le plan d’engraissement, les responsables agricoles de l’Allier ont proposé que le département serve de territoire pilote.
Des réunions avec les acteurs de la filière sont prévues afin d’identifier les freins et les solutions, avec la demande d’une implication directe du ministère.
Les syndicats soulignent le rôle déterminant de la PAC pour l’élevage bovin, notamment pour la vache allaitante, et alertent sur l’absence de signaux clairs quant au soutien futur.
Dans un département disposant de forts atouts de production et de transformation, dont un réseau d’abattoirs important, ils appellent à la mise en place d’un véritable plan structurant pour préserver l’activité et les filières locales.
Du côté des Jeunes Agriculteurs, Florian Barichard a insisté sur l’enjeu du renouvellement.
« Sans jeunes, il n’y a plus d’agriculture », a-t-il déclaré, appelant à donner des perspectives économiques claires pour encourager les installations et les transmissions d’exploitations.
Geoffrey Rivaux a renchéri : « il y aura un vrai travail sur le renouvellement des générations et sur la transmission ».
À l’issue de cette réunion avec le préfet de l’Allier, la délégation des représentants de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs de l’Allier et de la Chambre d’agriculture attend désormais des actes, des décisions rapides et concrètes.
« Ce que nous réclamons, c'est vraiment une Europe et une France qui aident leurs agricultures et protègent nos marchés », a déclaré Christophe Jardoux.
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