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CULTURE
Les surfaces de tabac augmentent de 10%

Après 15 années de baisse, les surfaces de tabac augmentent dans le Puy-de-Dôme grâce à la volonté des producteurs de sauver cette production de niche, et au marché aussi.

Un homme accroupi dans une serre présente ses plants de tabac.
Simon Roche fait partie de ses jeunes producteurs qui ont rejoint la production de tabac dans le Puy-de-Dôme.
© SSeguin

La production du tabac dans le Puy-de-Dôme a connu bien des hauts et des bas, ces 40 dernières années. La fermeture de l'usine de Sarlat en 2019 aurait pu sonner le glas de la culture mais c'était sans compter sur la résistance de ses producteurs. En mai prochain, ils démarreront une nouvelle campagne sur une surface totale de 28 hectares soit une augmentation de 10% par rapport à 2023. « Du jamais vu en 15 ans » précise Stéphanie Seguin, technicienne Périgord Tabac qui compte désormais dans les rangs de nouveaux producteurs « la moyenne d'âge a sérieusement baissé ».

Une année économique record

En 2023, les producteurs de tabac du Puy-de-Dôme ont enregistré une « excellente année » tant en termes de rendements quantitatifs et qualitatifs qu'en chiffre d'affaires. La variété Burley comptabilise un rendement moyen de 3,2 tonnes par hectare et la variété Brun (environ 10% des surfaces) 2,6 tonnes par hectare. 

« Mis à part quelques petits dégâts de grêle et de stagnation d'eau, l'année n'a présenté aucune difficulté » témoigne la technicienne. 

Parallèlement, les industriels, sous l'effet de la demande, ont augmenté leurs prix. Le tabac puydômois est écoulé dans quatre filières différentes prospectées par les producteurs et Périgord Tabac, après la fermeture de Sarlat.

Les tabacs Burley sont vendus d'une part à un industriel belge pour l'intérieur des cigares et, d'autre part, en Italie pour fabriquer les capes qui entourent les cigarillos. « La cape représente 50% de notre production. » Les tabacs Bruns sont écoulés auprès d'un industriel français pour la fabrication de nicotine liquide pour les cigarettes électroniques. Depuis deux campagnes, les tabaculteurs puydômois commercialisent également leur production auprès de Traditab, un industriel français basé dans le Lot-et-Garonne qui fabrique des cigarettes et du tabac à rouler 100% français. « Des marchés de niche » reconnaît Stéphanie Seguin mais dont la valorisation a généré en 2023  « des marges brutes à l'hectare comprises entre 7 000 et 10 000€ » permettant aux producteurs « de couvrir largement la hausse des charges ».

Lire aussi -> Le tabac aussi mise sur le haut de gamme

Les jeunes entretiennent la flamme

Ces très bons résultats 2023 encouragent les producteurs de tabac. Simon Roche, installé en Gaec avec son épouse à Persignat, a choisi cette année encore d'augmenter ses surfaces. Depuis 2020, le jeune agriculteur est passé de 80 ares à 2,5 hectares. « Nous essayons d'être le plus indépendant possible des cours mondiaux pour nos productions » explique-t-il. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a conservé cette culture lors de la reprise de l'exploitation familiale. Sur sa sole d'une centaine d'hectares, les cultures à forte valeur ajoutée (maïs semence, betterave semence...) occupent une place majoritaire. « J'avais encore tout le matériel à tabac de mon père. C'est une culture que je connais bien.» Simon Roche a également monté deux serres supplémentaires portant à cinq le nombre d'équipements pour la production de plants et sécher les tabacs.  En mai, il mettra en terre plus de 65 000 pieds. 

« La production française ne fait que diminuer mais la demande se maintient voire augmente. Les prix devaient forcément augmenter un moment ou l'autre. » 

Simon Roche fait ainsi partie de la vingtaine de producteurs puydômois. Un petit groupe soudé explique-t-il grâce auquel il trouve concertation et échange. « Il n'y aurait pas eu ni cette entente ni la présence d'un technicien tabacole sur la zone, j'aurais été beaucoup plus hésitant à continuer. On a toujours besoin de conseils. »

Pour Stéphanie Seguin, « la fermeture de l'usine de Sarlat a été un moment douloureux de l'histoire tabacole puydômoise mais la nécessité de rebondir, de rechercher de nouveaux marchés et de s'adapter à ces derniers a permis à la culture de perdurer ».

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