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Les sapeurs-pompiers d’Aurillac à l’honneur

“Nous sommes là pour sauver, pas pour nous défendre” : le capitaine Lionel Cambon, directeur du Cis d’Aurillac, a rappelé combien la tâche était désormais compliquée…

Les interventions sur le département sont réalisées à hauteur de 43 % par les sapeurs-pompiers d’Aurillac.
Les interventions sur le département sont réalisées à hauteur de 43 % par les sapeurs-pompiers d’Aurillac.
© J.-M. A

Beaucoup de monde samedi soir au Centre d’intervention et de secours (Cis) d’Aurillac pour assister à la Sainte-Barbe des sapeurs-pompiers. Après la cérémonie extérieure en présence des autorités, le point sur l’activité de l’année écoulée a été fait. Après avoir salué les autorités et les nouveaux sapeurs-pompiers intégrant le Cis, le chef de centre a rappelé que la Sainte-Barbe “était l’occasion de se réunir sous le signe du souvenir, souvenir de nos onze camarades (sur le plan national) qui ont perdu la vie en service commandé cette année. Mais c’est aussi l’occasion de remettre des médailles et des grades”.

3 978 sorties de secours en 2018 (+12,5 %)

La Sainte-Barbe, c’est aussi l’heure des bilans. “Cette année encore, l’activité opérationnelle est éloquente. En 2017, nous avions franchi la barre symbolique des 3 500 sorties de secours. En 2018, nous sommes très loin des 3 571 sorties de l’an passé.” Depuis le 2 décembre 2017, le Cis d’Aurillac a ainsi réalisé 3 978 sorties de secours “soit 43 % de l’activité opérationnelle du département”, précisait le capitaine Cambon. Dans le détail, les pourcentages correspondent à : secours à personne, + 14 % ; accidents de la circulation, + 1 % ; incendies, + 6 % ; opérations diverses, + 17 % ; risques technologiques, + 17 %.

Et parmi ses sorties, Lionel Cambon cite le “sauvetage in extremis, en pleine nuit, des deux passagers d’une voiture retournée dans un étang de Conros”, “les deux feux simultanés de parkings couverts à Aurillac” et plus récemment, “l’accident de poids lourd au Rouget” avec une désincarcération du conducteur “qui a nécessité 2 h 15 d’efforts, de sang-froid et de concertation”. Et le capitaine d’insister sur un épisode qui a marqué tout le monde cette année, au cours duquel “notre équipage de trois sapeurs-pompiers a été violemment pris à partie et, disons-le, agressé par la victime qu’ils venaient secourir”. Une attitude déplorable vis-à-vis de “collègues physiquement et psychologiquement choqués”. Et d’enchaîner : “Nous, sapeurs-pompiers, ne sommes pas habitués, pas préparés à être victimes de violences. Nous sommes là pour sauver, pas pour nous défendre.” Devant des interventions à la hausse sur le département, et auxquelles le Cis d’Aurillac n’échappe pas, le capitaine Cambon constatait dans le même temps que les “femmes et hommes de notre unité sont constamment sollicités au profit de centres de secours de la compagnie d’Aurillac qui manquent de disponibilité, principalement en journée. Plus que jamais, le maintien de nos effectifs de sapeurs-pompiers est nécessaire”. À ce jour, 42 sapeurs-pompiers professionnels, répartis dans les quatre équipes de garde, constituent l’ossature du dispositif. Malgré un contexte budgétaire contraint, le Sdis (Service départemental d’incendie et de secours, NDLR) a décidé de maintenir ces effectifs.

Trente-sept centres sur le Cantal

Présentes lors de cette cérémonie, les différentes autorités ont entendu le message et apporté leur soutien fort aux pompiers, notamment concernant leur agression. Pour Pierre Mathonier, maire d’Aurillac, les a remerciés “pour le travail que vous faites tout au long de l’année”, insistant au passage sur leur “efficacité” et leur “professionnalisme”. Pour le colonel Luc Skrzynski, directeur départemental du Sdis, “vous êtes le plus important parmi les 37 centres de notre corps”. La Sainte-Barbe, c’est l’occasion “de remercier l’ensemble de nos personnels pour les actions menées dans le cadre de leurs fonctions”, insistant au passage “sur la gratitude que la collectivité vous doit, à toutes et à tous, pour votre engagement”. Bruno Faure, président du Département, rappelait les 16,4 M€ injectés chaque année par les collectivités pour le fonctionnement du Sdis - dont 7,3 M€ du Conseil départemental - et un programme d’investissement, pour le parc roulant, de près de 700 000 € annuels.

 

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