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Les producteurs entament une démarche AOP pour le fromage aux artisous

Les producteurs de fromage aux artisous se lancent dans une démarche AOP pour valoriser et protéger ce produit typique de notre terroir.

Le 11 avril, la démarche a été officiellement lancée à Bas-en-Basset, sur les terres de la Ferme Chapuis.
Le 11 avril, la démarche a été officiellement lancée à Bas-en-Basset, sur les terres de la Ferme Chapuis.
© HLP

Lundi 11 avril, les adhérents de l’association des producteurs de fromages fermiers aux artisous étaient réunis à Bas en Basset, sur le Gaec Ferme Chapuis, pour lancer officiellement la démarche d’AOP (Appellation d’Origine Protégée) pour ce fromage qui se fabrique depuis des siècles sur nos terres.

Soutenu par la Région et la chambre d’agriculture
Dans ce vaste chantier engagé depuis quelques mois déjà, les producteurs pourront compter sur l’appui financier de deux organismes : la Région et la Chambre d’agriculture.
«C’est un tournant important car la Haute-Loire est le seul département de notre région à ne pas avoir d’appellation protégée pour ses fromages. Et notre agriculture de montagne ne tiendra pas si l’on ne va pas chercher des secteurs à haute valeur ajoutée» a expliqué le président de la Région Laurent Wauquiez. Ce dossier fait partie des priorités identifiées par le Pacte régional pour la Haute-Loire ; et à ce titre Laurent Wauquiez est venu annoncer à l’association de producteurs l’attribution de 250 000 € pour les aider dans cette ambition. «L’AOP pour notre fromage typique de Haute-Loire représente un emblème, une fierté pour le territoire» a indiqué Laurent Wauquiez.
Pour Joseph Chapuis, qui produit des fromages et yaourts avec sa fille Marie, «cette AOP permettra aux producteurs de reprendre la main sur le marché  (dominé par les industriels et les coopératives). Nous (producteurs) devons nous faire confiance mutuellement ; cette AOP nous permettra de conquérir le client et d’autres marchés (Rhône-Alpes, Paris...)».
La Chambre d’agriculture de Haute-Loire apportera aussi son soutien pour la réussite de ce projet via une aide de 10 000 € sur un an et une mise à disposition de personnel chambre.
Gilbert Guignand, président de la Chambre régionale d’agriculrure conseille de «faire descendre les grands responsables de l’INAO parisiens sur le territoire afin de leur expliquer la démarche et ainsi faciliter sa progression».

Des producteurs motivés
Les producteurs n’ont pas caché leur enthousiasme sur ce dossier. «Nous sommes motivés et grâce au soutien de la Région et de la Chambre d’agriculture, on se sent vraiment plus forts» a indiqué Fabien Fabre, président de l’association des producteurs.
Or, de la motivation et du courage, il leur en faudra pour mener à bien ce type de démarche réputée lourde mais tout à fait réalisable, à l’image du Fin Gras du Mézenc ou de la Lentille Verte du Puy !
Les producteurs sont déjà à pied d’oeuvre depuis des mois comme l’expliquent Fabien Fabre et Marie Chapuis : «un questionnaire a été distribué aux producteurs intéressés par la démarche pour répertorier les méthodes d’élevage et de fabrication du fromage en vue d’établir un cahier des charges. Dans un second temps, nous allons devoir démontrer l’appartenance du fromage au terroir  ; nous fouillons dans les archives et comptons faire témoigner d’anciens producteurs pour tenter de dater ce produit». Les producteurs vont faire analyser, par l’INRA, les artisous (recherche ADN) qui font toute la typicité de leurs fromages. Enfin, viendra le moment de la rédaction du cahier des charges et de la création d’un ODG. «Cette démarche AOP permettra de faire un état des lieux des pratiques (d’élevage et de fabrication des fromages), de prouver la typicité du produit et de le protéger» souligne Marie Chapuis.
Pour la vingtaine de producteurs engagés dans la démarche (sur un total de 40 producteurs en Haute-Loire), une AOP signifie aussi une meilleure valorisation du produit et un impact positif sur les ventes.

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