Aller au contenu principal

Les organisations agricoles débattent sur la politique d’installation

Lors du comité départemental à l’installation qu’ils président, les JA du Cantal ont détaillé les orientations qu’ils souhaitent voir se mettre en place.

Avec 115 DJA déjà accordées, 2006 devrait être un bon crû pour l’installation.
Avec 115 DJA déjà accordées, 2006 devrait être un bon crû pour l’installation.
© L'Union du Cantal
Pas question de changer une politique qui vise à maintenir de la population sur le territoire, tant pour des raisons économiques qu’humaines. Voilà en substance le message que Julien Fau, président des Jeunes agriculteurs du Cantal, a tenu à faire passer auprès des principales Organisations professionnelles agricoles (OPA) lors du comité départemental à l’installation qui s’est tenu jeudi 30 novembre. Aujourd’hui, les résultats sont encourageants. Mais l’avenir, selon le bureau des JA, est bien plus sombre. Face aux 330 départs annuels en retraite prévus dans les années à venir, le nombre de jeunes installés ne dépassera pas forcément les 130 que l’on recense en moyenne aujourd’hui. Ce ne sont pas non plus les effectifs des différents établissements scolaires, en baisse sensible régulière, qui laissent augurer une meilleure position : seulement 209 apprenants préparent une formation débouchant sur une capacité professionnelle (type BPREA, bac pro, BPA, BTSA, etc).
Deux analyses différentes
Constatant avec humour que “les agriculteurs ne se reproduisent pas suffisamment”, l’idée du président est “d’introduire du sang neuf pour développer son troupeau”. Autrement dit, séduire des hors cadre familiaux, y compris extérieurs au département. À cet égard, des outils existent déjà, tels ceux mis en place avec le concours de l’Adasea, comme l’inscription à un réseau national du répertoire départemental à l’installation ou la programmation de sessions
d’accueil d’actifs. Le président de la Chambre d’agriculture, Louis-François Fontant, ne veut pas que cette recherche extérieure soit perçue comme une remise en cause du potentiel local. “Nos jeunes ne sont pas forcément moins dynamiques que ceux de l’extérieur”, lâche-t-il. Il remarque en outre que si le taux d’installation de hors cadre familial (HCF) est assez faible dans le Cantal par rapport à d’autres départements, c’est peut-être aussi parce qu’ici, mieux qu’ailleurs, on réussit... les transmissions familiales. Et si toutes les exploitations ne sont pas cédées, c’est aussi selon lui que certaines, trop petites, sont “intransmissibles”. “En tout cas, on ne peut pas être suspecté de ne pas souhaiter maintenir ces agriculteurs”, plaide le président Fontant.

Une “révolution agricole” ?
Julien Fau juge de son côté que “dans le cadre d’un Gaec père-fils qui compte 100 vaches, il n’y aura plus que 80 têtes après un départ en retraite. C’est la ferme Cantal qui en pâtit”. Laurent Decadi, technicien à MC-porc, abonde dans ce sens : “Quand un papa part en retraite, on garde les vaches et l’activité hors sol saute”… Le président du groupe Altitude, Jean-Pierre Château, se demande si finalement on ne vit pas aujourd’hui une “révolution agricole aussi forte que lorsque la mécanisation est arrivée”. Il rappelle qu’à ce moment là, le fils produisait deux fois plus que son père avant lui. “Et pourquoi ce ne serait pas la même chose demain ?”, s’interroge-t-il. Sans nier qu’il y aura plus de travail et que le métier doit cependant rester attractif, il propose de chercher de nouvelles pistes. Selon M. Chateau, la forme sociétaire entre tiers -prônée par les JA- n’est pas l’unique moyen pour passer ce cap difficile. N’hésitant pas à sortir un peu du cadre du Comité départemental à l’installation, il propose de multiplier les emplois salariés sur les fermes. Michel Bessat, animateur de la FDCuma, pose à son tour un bémol au Gaec entre tiers. Tous ceux qu’il connait ont enregistré une diminution d’activité. “Par exemple, si on ensilait 25 ha sur chacune des deux fermes, soit 50 ha, on ne fait plus que 40 ha d’ensilage dans la nouvelle structure”. Et bien sûr, la Cuma n’enregistre plus qu’une cotisation au lieu de deux... Il faut cependant trouver des solutions pour continuer à installer... tout en limitant les charges. Jean-Pierre Chateau réclame que l’on intègre davantage les filières dans le cadre d’une installation. “Car, dans notre département, on a la chance d’avoir des outils et des filières organisées”.

Le profil des jeunes installés et de leurs exploitations

Avec 115 dja (dotations jeune agriculteur) accordées depuis début janvier -alors que l’année n’est pas encore terminée- 2006 devrait encore être un assez bon cru en terme d’installations. L’âge moyen des candidats est de 28 ans, ce qui explique un niveau moyen d’étude assez élevé. Un quart sont des femmes (notamment dans le cadre de projets en société). L’an dernier, 21 installations concernent des “hors cadre successoral”, dont 14 “hors cadre strict” (parents non-issus du milieu agricole). Quant au profil des exploitations, il est assez différent suivant le mode d’exploitation retenu : 46 ha pour une exploitation individuelle, 80 ha dans le cadre d’une EARL, 108 ha lorsqu’il s’agit d’un Gaec. C’est d’ailleurs cette forme juridique qu’intègrent majoritairement les jeunes installés (55 %). En outre, il est souligné que sur les cinq Gaec entre tiers constitués l’an dernier, deux ont permis l’installation d’un jeune. Les projets restent très majoritairement autour de la production bovine (lait ou viande) : seulement 10 sans vaches. Toutefois, 31 % des dossiers prévoient un atelier de diversification. Quant aux investissements, ils représentent (toutes productions confondues) une moyenne de 66 700 euros par dossier (dont 21 plans d’amélioration matérielle).

Les plus lus

Optimisme prudent pour les producteurs de lait de Sodiaal

La section lozérienne de Sodiaal s’est réunie lundi 1er décembre au Chastel-Nouvel, pour son assemblée annuelle,…

Quand les incohérences fragilisent l’agriculture

Pour la FDSEA de la Creuse, remettre de la cohérence dans les décisions publiques est devenu une urgence absolue.

Deux personnes portent un plat de charcuterie.
Restaurant du col de Serre : “Vivre l’endroit” pour Manon et Pascal

Le restaurant du col de Serre est à nouveau ouvert depuis début décembre. À sa tête, Manon Pissavy et Pascal Dhennin veulent s…

Depuis le 19 janvier, Murat retrouve un cabinet vétérinaire

Emma Mondy et Alexis Ferrières viennent de s’installer à Murat, en sortie de ville pour soigner les animaux de compagnie. Un…

Aurillac : Hadrien Passenaud ouvre son cabinet vétérinaire à La Ponétie

Originaire de Saint-Illide, salarié plusieurs années dans une clinique aurillacoise, Hadrien Passenaud a fait le choix de s’…

Aubrac : le syndicat change de présidence

Depuis le 21 janvier 2026, le syndicat Aubrac lozérien a donc un nouveau président : Patrice Laporte, élu par le bureau du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière