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CULTURES
Les moissons se font attendre...

Après un mois de pluie l'heure des moissons approche mais l'humidité ambiante fait craindre un déclassement des récoltes. Le point en Limagne.

Quelques parcelles d'orge et de blé ont été moissonnées dimanche dernier avant d'être stoppées par le retour de la pluie.
Quelques parcelles d'orge et de blé ont été moissonnées dimanche dernier avant d'être stoppées par le retour de la pluie.
© C. Comte

Depuis un mois maintenant, l'été (avec du soleil et de la chaleur) se fait attendre. La météo de ces dernières années nous avait habitués à voir les moissons débuter dès la fin juin voire au plus tard le 14 juillet. La fête Nationale est passée mais les moissons, elles, n'ont toujours pas commencé. Pourtant, ils sont nombreux ceux qui souhaitent voir cette dernière étape de la campagne démarrer.

"Une situation semblable à 2014"

Dans les champs de Limagne, le même paysage : pas une seule moissonneuse. Encore rangées au garage, elles ont timidement sorti le bout de leur coupe dimanche dernier, le temps d'une petite journée. Éric Alexandre, entrepreneur de travaux agricoles a fait de même pour récolter quelques parcelles d'orge et de blé avant que la pluie ne l'arrête. "Nous n'avons vraiment pas fait grand-chose, la fenêtre était trop courte." La météo des dernières semaines n'a pas aidé à faire sécher les céréales dont certaines ont "encore les pailles vertes [...] on a bourré la machine". Au niveau des sols, la situation n'est guère mieux avec "une terre très collante" au point, dit-il, " d'avoir des difficultés à sortir la batteuse du champ".
Cette semaine encore, le temps est à la pluie. Il faudra attendre le week-end, voire la semaine prochaine pour espérer une amélioration digne de ce nom. Dès lors, l'entrepreneur sait à quoi s'attendre : " dès qu'il va faire beau le téléphone va chauffer ! Les agriculteurs voudront tous moissonner en même temps". Une situation qu'Éric Alexandre n'a pas rencontrée depuis 2014.

"Ce n'est pas encore la cata !"

Le manque d'eau a ses avantages et ses défauts mais l'excès en possède tout autant. Frédéric Moigny, conseiller agronomie à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, craint de voir la qualité des céréales pâtir de cette météo. "Si les pluies s'éternisent, le poids spécifique va être atteint et surtout on pourrait avoir des germinations sur pieds. Dans ce cas, comme en 2014, de nombreuses récoltes seront déclassées." À cette heure, le risque de voir la qualité touchée reste faible surtout que "les blés sont tout juste mûrs [...] Je ne suis pas trop inquiet à condition que les pluies s'arrêtent bel et bien la semaine prochaine ".
Tandis qu'ils sont nombreux à ressortir ce vieil adage selon lequel " les agriculteurs ne sont jamais contents", Frédéric Moigny rappelle à notre bon souvenir l'avantage indiscutable d'une telle météo. " C'est quand même formidable cette année de ne voir aucun enrouleur dans les champs et des maïs aussi beaux !" Les cultures de printemps se repaissent de ces conditions quasi automnales. La floraison du maïs approche pour les variétés les plus précoces et selon les secteurs.

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