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Les mairies et la chambre d'agriculture « demandent le retrait des zones Natura 2000 »

Certains agriculteurs lozériens, à l'occasion des télédéclarations Pac 2023, ont découvert avec surprise, que leurs parcelles ont été désignées « prairies sensibles ». Lundi 12 juin, la chambre d'agriculture a organisé une réunion d'information, en collaboration avec la DDT, pour expliquer le sujet aux agriculteurs concernés.

Certains agriculteurs lozériens, à l'occasion des télédéclarations Pac 2023, ont découvert avec surprise, que leurs parcelles ont été désignées « prairies sensibles ». Lundi 12 juin, la chambre d'agriculture a organisé une réunion d'information, en collaboration avec la DDT, pour expliquer le sujet aux agriculteurs concernés.
Certains agriculteurs lozériens, à l'occasion des télédéclarations Pac 2023, ont découvert avec surprise, que leurs parcelles ont été désignées « prairies sensibles ». Lundi 12 juin, la chambre d'agriculture a organisé une réunion d'information, en collaboration avec la DDT, pour expliquer le sujet aux agriculteurs concernés.
© Marion Ghibaudo/Illustration

Une réunion de plus de deux heures qui a réuni une soixantaine d'agriculteurs très remontés sur le sujet, pilotée par la présidente de la chambre d'agriculture Christine Valentin et la directrice de la DDT, Agnès Delsol, venue apporter des éléments d'éclairage sur le sujet des prairies sensibles. Des éléments qui n'ont pas satisfait les présents, repartis aussi frustrés qu'arrivés, en manque de solution concrète et « craignant pour l'avenir de leurs exploitations ».
Sur le plateau de l'Aubrac et le causse de Sauveterre, ce sont 21 813 hectares qui ont donc été désignés prairies sensibles, empêchant désormais les agriculteurs de travailler ces parcelles (pas de labour autorisé, ni de conversion en terre arable ou culture permanente, sauf à s'exposer à une réduction des aides par rapport à la conditionnalité et à une obligation de réimplantation l'année suivante. Les prairies sensibles sont déterminées sur la base de leur richesse en biodiversité (zonage élaboré par le Muséum d'histoire naturelle), au sein des zones Natura 2000 uniquement. Les zones Natura 2000 concernent près de 30 % du territoire lozérien, et 32 sites sont classés dans le département.

Ras-le-bol généralisé
« Ras-le-bol ! », a résumé la présidente de la chambre d'agriculture, agacée. « L'agriculture lozérienne n'est pas le souffre-douleur de l'écologie de bureau ! » a-t-elle asséné, résumant ainsi l'ambiance qui régnait dans les locaux de la chambre d'agriculture, ce lundi matin. « J'avais invité la directrice départementale des territoires à venir expliquer les contraintes liées aux prairies sensibles aux agriculteurs nouvellement impactés par les zonages Natura 2000. « Notre demande est claire : nous devons supprimer les zones Natura 2000 ! » a affirmé Christine Valentin lors de cette réunion, signalant aussi que, désormais, « la chambre d'agriculture s'opposerait systématiquement à tout nouveau zonage ou au classement de nouveaux sites ». L'après-midi, lors d'une réunion pour le classement de deux nouveaux grands sites nationaux, les élus de la chambre d'agriculture et les syndicats agricoles ont pu mettre en acte leur stratégie annoncée le matin même. La présidente de la chambre d'agriculture a par ailleurs révélé que de nouvelles zones Natura 2000 « seraient en train d'être décidées au niveau national, pas forcément en Lozère, mais il se parle au niveau du ministère de l'environnement notamment, qu'un peu plus pourrait être fait ».

L'association des maires de Lozère se positionne en faveur de l'agriculture

Suite à ces décisions découvertes par les élus lozériens en même temps que les agriculteurs, l'association des maires de France en Lozère a souhaité exprimer son désaccord en demandant à tous les maires de voter une motion, écrite en accord avec la chambre d'agriculture, pour « annuler purement et simplement les classements en zones de Natura 2000 ». Les élus locaux s'étaient réunis, dans leurs mairies le 9 juin, pour désigner les grands électeurs pour les futures élections sénatoriales qui interviendront à l'automne. L'occasion donc, pour les maires de frapper un grand coup et de montrer leur soutien à l'agriculture lozérienne : « nous ne souhaitons pas de contraintes supplémentaires pour nos agriculteurs, a rapporté Alain Astruc, maire de Peyre-en-Aubrac et président de l'AMF Lozère. De plus, nous sommes inquiets sur les zones Natura 2000 et leurs extensions futures possibles ». Les élus de Peyre-en-Aubrac ont pour leur part voté, à l'unanimité cette motion. « Nous voulions, par cette action rapide, montrer que nous sommes très remontés contre cette décision et que nous souhaitons préserver la liberté de travailler de nos agriculteurs ».

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