Aller au contenu principal

Les Jeunes agriculteurs réclament une reconnaissance de l’agro-écologie

Les Jeunes agriculteurs du Cantal plaident pour que le critère agro-écologique qui bonifie la dotation à l’installation profite aussi aux systèmes herbagers. 

Frédéric Lacoste et Benoît Aurière ont présenté l’installation dans le Cantal aux divers partenaires et OPA départementales. 
Frédéric Lacoste et Benoît Aurière ont présenté l’installation dans le Cantal aux divers partenaires et OPA départementales. 
© RSA

“Si demain on perd cette dynamique, ce serait une catastrophe pour le département tout entier. L’installation reste essentielle pour l’emploi, les écoles, les collèges. Pas question d’isoler des jeunes, mais bien de tisser avec eux du lien social. Au-delà des chiffres, il est bien question d’enjeux de nos territoires.” Benoît Aurière, président des Jeunes agriculteurs du Cantal, en est convaincu. Il l’a rappelé aux responsables des organisations professionnelles agricoles et différents autres partenaires, lors d’une session installation, préparée par le bureau des JA, mardi 8 mars à Aurillac. Cependant, il considère que le jeune qui s’installe aujourd’hui n’est pas suffisamment aidé. Surtout pris en étau entre la conjoncture très défavorable et le coût des mises aux normes obligatoires à effectuer dans les deux ans qui suivent l’installation.

Il n’y a pas que les abeilles...

Avec une moyenne de 26 450 euros d’aides (Dotation jeune agriculteur), en fonction des critères, c’est en effet bien peu. Car il faut mettre en parallèle un autre chiffre, celui du coût moyen de l’investissement au moment de l’installation : 357 700 €. Le syndicat des Jeunes agriculteurs relève bien que des critères relatifs à l’emploi ou à l’agro-écologie permettent de bonifier le montant. Mais qui peut en profiter ? Bien peu de candidats en réalité. Benoît Aurière en livre la raison : “Les jeunes qui s’installent en bovins dans un département comme le nôtre, avec ses montagnes d’estive, des systèmes à 80 % herbagers, etc. ne peuvent pas y prétendre.” Seuls quelques dossiers en apiculture l’ont obtenu, confirme Frédéric Lacoste, chargé du groupe installation des JA du Cantal.  “La volonté du syndicat, c’est que chaque jeune qui s’installe dans le Cantal émarge à la ligne agroécologique”, lance le président. “Il n’est pas acceptable qu’on ne définisse l’agro-écologie qu’à travers les abeilles”, remarque Nicolas Bardy, des JA du Massif central. Pour faire reconnaître les critères d’une production à l’herbe, il a pour projet de trouver d’autres départements qui adhèreront à cette idée là. Cette hypothèse entre dans le cadre des réflexions conduites en vue du prochain congrès des JA qui a pour thème cette année : “Installation-transmission, quels outils pour demain ?”

Pourcentage

L’autre piste évoquée lors de cette session extraordinaire : l’abandon des prêts bonifiés au profit d’une aide en monnaie sonnante et trébuchante, calculée au pourcentage des sommes mobilisées par le jeune pour son installation (lire L’Union du 12 mars). “Avec les taux désormais naturellement bas, c’est comme si on passait à côté d’une subvention”, résume le président. Il souligne que le ministère y prêterait une oreille plutôt intéressée... si les banques n’attendent pas après la bonification pour financer (ou non) un projet. Le Crédit agricole s’en défend, mais il met en garde : “Désormais, seul le secteur agricole bénéficie encore de prêts bonifiés. Les taux peuvent remonter, et une fois le dispositif enterré, il ne reviendra pas...”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

La dose d’engrais azoté à apporter correspond à l’écart entre les besoins totaux et les fournitures du sol. Ici un maïs au stade 4-5 feuilles.
25 à 30 T/ha de fumier de bovins suffisent à couvrir les besoins en phosphore et potasse

Le service productions végétales de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire fait le point sur la fertilisation de la culture…

Poulet du Bourbonnais.
Dans les coulisses de la filière avicole dans l'Allier

Première viande consommée en France depuis 2024 après le porc, la volaille s’impose à près de 32 kg par habitant chaque année…

Ludivine Lot sur son exploitation
JA 03 : une nouvelle présidence, un nouveau bureau

À l’issue des élections internes du 8 avril, les Jeunes Agriculteurs de l’Allier ont annoncé l’élection de Ludivine Lot à…

La France des fermes bio de Pauline

À la force des mollets, Pauline Plaçais explore les réalités agricoles françaises et questionne notre rapport à l’alimentation…

Filière châtaigne : le Cantal accélère la structuration de sa châtaigneraie

Créé en 2025, le Syndicat des Producteurs de Châtaignes du Cantal fédère déjà plus de 50 adhérents. Soutenue par plusieurs…

Haies : qu'est-ce qui pousse les éleveurs cantaliens à replanter ?

Depuis 2020, près de 75 km de haies ont déjà été replantés dans le Cantal par les agriculteurs, une dizaine d’autres devraient…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière