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HAIES
Les haies font leur retour dans le Puy-de-Dôme

 Cet hiver, 41 agriculteurs du Puy-de-Dôme vont planter 14 km de haies avec l’aide du « Pacte en faveur de la haie » de l’Etat Français.

vaches prim'holstein devant une haie
© Reussir

Cet hiver encore, les agriculteurs puydomois poursuivent la plantation de haies sur leurs exploitations. La semaine dernière, 41 d'entre eux ont récupéré leurs plans à Montpeyroux. Depuis l'ouverture d'un dispositif dédié d'abord avec le Plan France Relance en 2021, suivi par le Pacte en Faveur de la Haie en 2024, se sont près d'une quarantaine de kilomètres de haies qui ont été replantés dans le département en un peu moins de quatre ans.

Des arbres pour protéger les animaux

Anaïs Boudal, éleveuse de veaux gras à Courpière, va entamer sa troisième plantation. Jusqu'ici, l'exploitation sur laquelle elle s'est installée en 2018 était dépourvue de haies laissant ses animaux sans abri face aux intempéries. « Ils n'ont rien pour se protéger du vent froid et des grosses chaleurs. »

La première année, elle a planté 350 mètres de haies, 140 mètres l'année suivante et 170 mètres cette année. Elle a profité du redécoupage de ses prés pour choisir les emplacements. « J'ai favorisé les orientations côté nord pour réduire le vent ainsi que les bords de route pour éloigner les animaux de la circulation. »

Je plante des haies pour améliorer le confort de mes animaux au pré, les protéger autant du froid que de la chaleur.»

L'hiver prochain, elle va poursuivre l'aménagement agroforestier de son exploitation avec la plantation d'arbres isolés. « Je vais créer des alignements avec des arbres espacés de 10 à 15 m, orientés sud/sud-ouest pour créer de l'ombre et protéger les animaux des fortes chaleurs. »

Avec ces haies, la jeune éleveuse espère également participer à la création à terme d'un microclimat sur son secteur. « On dit que la végétation attire l'eau. Je suis consciente que seule je n'arriverai pas à grand-chose mais si nous sommes plusieurs à planter cela aura d'autant plus de bénéfices. »

À lire aussi : Gérer durablement les haies, pour que les bénéfices dépassent les contraintes

14 km plantés cette année

Autrefois désavouée avant d'être arrachée, la haie fait son grand retour dans le Puy-de-Dôme. En plus des bienfaits de cette architecture végétale, les dispositifs en faveur de la plantation ne sont pas étrangers à ce phénomène. Le dernier en date, le Pacte en Faveur de la Haie, est même « plus avantageux » souligne Mathilde Debach, conseillère agroforesterie à la chambre d'agriculture.

À lire aussi : Un "Pacte haie" pour ne pas se planter

L'enveloppe était en effet dotée de 64 millions d'euros/an contre 45 millions pour le programme France Relance. Les agriculteurs puydômois qui plantent cette année ont donc vu une grande partie de leurs travaux et fournitures être pris en charge. « Contrairement au Plan France Relance, les temps de travail que nécessite la plantation sont pris en charge. »

Avant ce printemps, pas moins de 14 km de haies seront plantés mais ce sont plus de 20 km qui prendront racine avant la clôture du pacte en 2026.

Plus de 20 km de haies seront plantés avant 2026. » Mathilde Debach, conseillère à la chambre d'agriculture

Un consortium de 3 structures, la Mission haies, la Fédération des Chasseurs 63 et la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme s’est organisé pour accompagner les agriculteurs volontaires. Les agriculteurs peuvent réaliser les plantations sur 2 hivers (2024 à 2026), et mercredi dernier a eu lieu la distribution des plants pour les linéaires de cet hiver. Ces plants sont issus d’une pépinière auvergnate sous marque «Végétal local » (graines récoltées en Auvergne), pour assurer une meilleure reprise et résilience des plants dans le contexte du changement climatique.

Des bienfaits divers

« Les motivations des planteurs sont diverses, à l’image de la diversité des systèmes de productions rencontrés» explique Mathilde Debach.

Les exploitations en élevage recherchent bien souvent l’amélioration du bien-être animal. La haie, positionnée stratégiquement en bordure ou dans le pré, protègera les troupeaux du vent et du soleil et recréera des zones de microclimat.

Les agriculteurs en culture ou maraîchage recherchent également à atténuer les impacts du changement climatique. Ils espèrent profiter aussi du réservoir de biodiversité que représente la haie pour renforcer la lutte biologique par l'accueil d'auxiliaires et aussi favoriser l’infiltration de l’eau et réduire l’érosion.

 

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