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« Les éleveurs ne veulent pas d'attaque de loup ! »

La section ovine de la FDSEA s'est réunie le 12 septembre à Vals-près-le-Puy pour balayer l'actualité de la filière. Au programme : Sanitaire, prédation, collecte de laine, conjoncture...

Prédation active depuis le 15 mai

Au cœur de la dernière section ovine : la prédation qui sévit depuis le 15 mai dans l'ouest du département. 

« Au total ce sont 52 brebis qui sont mortes suite à une attaque de loups. Un élevage a même été attaqué à 3 reprises ! La dernière attaque remonte au 28 août dans notre département » a indiqué la présidente de la section Véronique Roux devant les éleveurs et représentants de l'administration présents.

Passer d'un régime de dérogation à un régime de déclaration

Claude Font, secrétaire général de la FNO, en charge du dossier loup, a fait le point sur le dossier prédation et en particulier sur l'adaptation dans le droit national de la décision de modifier le statut européen de protection du loup (passe de « strictement protégé» à « protégé ») : 

« La FNO demande1 des tirs de défense simple autorisés à l'éleveur sur les zones prédatées et sans conditionnalité préalable de mesure de protection. On passerait alors d'un régime de dérogation à un régime de déclaration. Dès lors qu'un élevage en cercle 2 est prédaté, il bénéficierait de droit du tir de défense simple sans mise en place d'une mesure de protection ». 

Lire aussi : « Ce déclassement permettra de passer d'une politique de protection à une politique de régulation »

Les éleveurs ne veulent pas d'attaque de loup 

Nicolas Merle, président de la FDSEA, a rappelé la position ferme que tient la profession à l'égard de ce prédateur :  

« Les éleveurs ne veulent pas d'attaque de loup ! En 2016, on nous expliquait que 500 loups étaient nécessaires pour que l'espèce perdure, aujourd'hui le comptage nous montre que nous en sommes à 1000 loups (le double du minimum...). C'est pourquoi, on prône pour son déclassement ». 

Le responsable professionnel encourage les éleveurs à mettre en place des mesures de protection, de manière à pouvoir déclencher les tirs de défense. 

Lire aussi : Anticiper la mise en place des mesures de protection dans les élevages

Les indemnisations évoluent

Protéger son troupeau, que ce soit par des filets autour des pâtures, un chien de protection ou du gardiennage, étant gourmand en temps et en main-d’œuvre, les éleveurs concernés peuvent faire appel à la MSA Auvergne et peut-être ainsi bénéficier d'une aide au répit, d'une prise en charge de cotisations sociales et d'une vérification de l'ouverture des droits aux prestations.

Toujours sur le dossier prédation, la profession agricole a réussi à faire évoluer les indemnisations avec la prise en compte des pertes indirectes et génétiques. Le nouveau barème d'indemnisation sera effectif dès le 1er octobre 2025.

Lire aussi : Manifestation Millevaches : une démonstration de force contre le loup

Une collecte de laine en perspective

Considérée comme un déchet à risque infectieux, la laine récoltée et stockée par les éleveurs n'est plus collectée depuis 3 ans en Haute-Loire en raison de sa très mauvaise rémunération. Pour aider ceux qui souhaitent évacuer leur volume de laine, la FDO projette toutefois d'organiser une collecte avec l’entreprise Laroue

« Bien que le prix d’achat ne soit pas ce que nous espérions, nous pouvons organiser une collecte quand les conditions seront remplies pour que le transport soit accepté par Laroue (au moins 20% de laine Noire du Velay et seulement 2 points de collectes sur le département) » indique Véronique Roux. 

Valorisation de la Laine : 1 seul projet en lice

Quant à l'évolution des projets en cours pour valoriser la laine, le projet commun porté par les FDO 43 et 63 associé à un débouché avec l'entreprise Capillum, n'aboutira pas en raison de l’obligation d’hygiéniser la laine (procédé qui a un coût). Quant aux expérimentations de co-compostage de laine conduites à Fedatest et au CIIRPO2, elles n'ont pas abouti. Reste sur les rangs, le projet Woolie, porté par les acteurs de la filière et Verne Ingénierie, qui vise à compenser le coût de la tonte par la valorisation de la laine en suint transformée en engrais naturel. À suivre.

Des cours intéressants en filière labels

Les représentants des deux OP, APIV Auvergne et Copagno, ont fait état d'une conjoncture correcte qui s'est dégradée en plein cœur de l'été. Alors que les cours des agneaux ont atteint des niveaux record de pâques jusqu'à mi-juin, ils sont finalement passés en dessous de 2024 durant l'été ; la faute à une météo bien trop chaude et à un ralentissement général de la consommation

Dans ce contexte estival loin d'être euphorique, les filières labels ont maintenu des prix plus intéressants que les animaux standards.

Les représentants du GDS Haute-Loire et de la DDETSPP ont fait un point sanitaire sur les maladies impactantes du moment : la FCO3, la FCO8 et la DNC.

1 Demande formulée auprès des Ministères de l'agriculture et de l'écologie

2 Centre Interrégional d'information et de recherche en production ovine

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