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Manifestation
Les éleveurs laitiers revendiquent un prix équitable

Une délégation de l’Association des producteurs de lait a organisé une réunion avec les directeurs des laiteries Glac et Dischamp. Durant une matinée, ils ont débattu sur les prix pratiqués.

Les échanges entre Jean-Luc Dischamp et les éleveurs se sont poursuivis bien après la fin de la réunion.
Les échanges entre Jean-Luc Dischamp et les éleveurs se sont poursuivis bien après la fin de la réunion.
© Mélodie Brut

Les voix des producteurs laitiers se sont élevées, mercredi 16 novembre, dans les locaux de la laiterie GLAC à Theix. Une délégation de l’Association des producteurs de lait du Puy-de-Dôme, menée par Michel Tournadre, éleveur à Saint-Pierre-Roche, a lâché sa colère. La gronde mutuelle, de la trentaine d’éleveurs présents, s’est abattue sur Laurent Gallois Montbrun, directeur du GLAC, et Jean-Luc Dischamp, directeur de l’entreprise familiale.

 

D’un commun accord

En 2009, une grille de recommandation sur le prix du lait est mise en place. Les signataires ont pour obligation de respecter les prix préconisés. Cependant, à plusieurs reprises au cours de l’année 2011, les laiteries Glac et Dischamp n’ont pas rempli cet accord. Le prix d’achat du lait aux producteurs est compris entre 315 et 317€/1 000 litres au lieu de 322€. Cette omission coûte chère aux éleveurs puisqu’elle représente une perte d’environ 3 000€ sur l’année. Une situation déjà dénoncée, mercredi 2 novembre, lors d’une opération de «stickage» dans une grande surface d’Issoire. N’ayant pas de réponse à cette première manifestation, une trentaine d’éleveurs, soutenue par les JA, l’UDSEA et la FDPL, décide de mettre les bouchées doubles. Une réunion leur est accordée avec les directeurs des deux laiteries fautives. Ils ne devaient être qu’une quinzaine de producteurs à assister à la réunion mais c’est le double qui investit les lieux. Dès lors la tension monte. Les deux parties sont bien décidées à faire entendre leurs voix.

 

 

Arme au poing

Durant les trois heures d’entretien, une seule et même interrogation flotte dans l’air : «Pourquoi ne sommes nous pas rémuné­rés selon la grille de recommandation du CRIEL ?»

Les deux directeurs s’expliquent. «La filière n’est pas saine et les équilibres sont mauvais. L’étalon donné par le CRIEL n’est pas correct. Les finances du GLAC ne sont pas merveilleuses. Nous ne pouvons pas respecter cet accord car nous ne rentrons pas dans notre budget prévisionnel» commente Laurent Gallois Montbrun. Quant à Jean-Luc Dischamp, il explique la même chose aux producteurs et ajoute que la situation ne va pas changer dans les mois à venir. Pour les éleveurs, ces paroles sont de trop et libèrent les vieux démons. « Nous nous sommes battus pour que le GLAC et Dischamp reprennent Toury. Nous vous avons offert le lait sur un plateau » scande un éleveur tandis qu’un autre poursuit : « une entreprise qui ne travaille pas en confiance avec ses producteurs n’a pas lieu d’être !» Face à ces accusations, les deux directeurs répondent avec la même violence. L’ambiance est de plus en plus lourde mais finit par retomber.

Au terme de cette réunion, les éleveurs obtiennent un second rendez-vous avec les deux directeurs et le président du GLAC. «Nous n’avons pas obtenu beaucoup de réponses. Le GLAC et Dischamp sont intransigeants, les sommes que nous avons perdues ne nous serons pas restituées. Nous avons proposé que les 21€ perdus soient transformés en capital social pour les futurs adhérents. J’espère que nous en saurons plus la prochaine fois» explique Michel Tournadre.

Un prochain épisode est donc à prévoir et à suivre.

 

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