Les Cuma s´inventent de nouveaux métiers
Baisse des aides publiques, équipement des exploitations : les Coopératives d´utilisation de matériel agricole doivent anticiper la mutation qui les attend.
Savoir s´adapter
"Nous voyons des gros utilisateurs de tel ou tel matériel s´équiper sur leur propre exploitation et ainsi fragiliser la structure", dénonçait Michel Bessat, directeur de la FD Cuma. Ces doublons induisent bien souvent une perte financière, frein à de nouveaux projets. Pourtant, dans un environnement agricole en pleine mutation, les Cuma devront faire preuve d´une forte capacité d´adaptation face aux lois du marché : organisation du travail, nécessaire professionnalisation des prestations, lien entre agriculture et territoire. "Une bonne Cuma doit être économiquement performante, capable aussi bien de souplesse que de rigueur, d´affirmer sa présence sur le territoire, sans oublier la solidarité et la convivialité indispensables entre ses adhérents", suggérait Philippe Albisson, président fédéral.
Des aides publiques en baisse
D´ores et déjà, les aides publiques s´amenuisent fortement, à l´exemple des fonds européens Feoga, dont l´enveloppe pour la période 2000-2006 est épuisée. Même si la Région a décidé d´un soutien à l´investissement à hauteur de 20 % et si l´aide à la mécanisation de montagne est rétablie (35 % plafonnés à 16 000 euros sur trois ans pour l´achat de certains matériels neufs), les Cuma devront s´habituer à l´autonomie financière. D´où la réflexion engagée, vendredi à Murat, sur la mise en oeuvre de nouvelles compétences dans le domaine du compostage ou du bois-énergie et, dans certains cas, de la prestation de services. "Il y a de la place pour tout le monde et en particulier les Cuma, à condition qu´elles soient prêtes", soulignait Louis-François Fontant, président de la Chambre d´agriculture. Encore faut-il trouver la bonne formule, que ce soit en terme d´organisation du travail ou de fiscalité pour ouvrir les prestations aux non-adhérents. "Les collectivités peuvent très bien devenir des utilisateurs, à condition que vous apportiez des projets", insistait, pour sa part, Bernard Delcros, vice-président du Conseil général.