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Les couverts entre blé et maïs sous forme de dérobés

Les cultures dérobées s’immiscent dans les champs et les esprits comme une solution à l’autonomie fourragère.

Les couverts et dérobées assurent aussi bien leur fonction de travailleur du sol que d’assurance fourrage.
Les couverts et dérobées assurent aussi bien leur fonction de travailleur du sol que d’assurance fourrage.
© Mélodie Comte

Les éleveurs, sont de plus en plus nombreux dans le Puy-de-Dôme à semer des couverts végétaux et cultures dérobées. L’objectif principal étant bien souvent de réduire l’érosion des sols durant l’interculture entre une céréale d’hiver et un maïs. Ces couverts peuvent également être employés sous forme de « dérobées » pour compléter le stock fourrager à l’automne ou au printemps.

Envisager le double emploi


Stéphane Violleau, conseiller fourrage à la Chambre d’agriculture recommande aux éleveurs de s’ouvrir à cette pratique. « Les sécheresses sont désormais régulières. Cultiver des dérobées contenant des graminées et des légumineuses permet de s’assurer du fourrage et de la pâture supplémentaire. »
D’un point de vue agronomique, la démarche est également utile. Implanté en interculture, et suivant le choix des espèces, le dérobé présente de nombreux avantages. « Il permet de limiter l’érosion des sols en offrant une couverture et d’étouffer les adventices. Les racines de certaines espèces, également bénéfiques aux ruminants, « travaillent» le sol en profondeur. De plus, il existe  des variétés de trèfles, entre autres, qui ne fleurissent qu’une fois avant de mourir » précise Yoann Ginestière, ingénieur agronome.

Résultats satisfaisants malgré l’année


Une méthode partiellement employée depuis près de 10 ans sur le Gaec des Blanchons à Bort L’Etang. Eleveurs laitiers, Nadine et Frédéric Coissard implantent des couverts végétaux sur leurs parcelles en interculture blé-maïs soit 10 ha/an. « C’est pour faire travailler le sol, limiter l’utilisation de glyphosate et réduire le lessivage. » Victimes eux-aussi de la sécheresse, ils se posent plus que jamais la question de faire de leurs couverts des dérobées. Une idée confortée devant les résultats de la plateforme, réalisée par les conseillers de la Chambre d’agriculture sur leur exploitation. Sept couverts différents ont été semés le 17 août, un mois après la récolte du blé. L’ensemble de la parcelle a été passé au cover-crop et une moitié au chisel à 20 cm. Quelques jours avant le semis, une fertilisation de 15T/ha de fumier a été apportée. Malgré la sécheresse automnale, la croissance des plantes n’a rien de dérisoire. « Si nous avions implanté ceci sur toutes nos parcelles, nous aurions eu quelques jours de pâture en plus » regrette Frédéric.
Bernard Laroche, éleveur à Condat-lès-Montboissier, sème des dérobés sur son exploitation depuis 2000. Les bonnes années, il parvient à réaliser une fauche à l’automne et à faire pâturer ses animaux sur la même parcelle. « Je retourne le tout juste avant le semis du maïs. Je n’utilise plus d’engrais de synthèse parce que les légumineuses présentes dans le dérobés font très bien leur job de capter et restituer l’azote. » 
Les observations de la plateforme d’essai de Bort-l’Etang se poursuivront jusqu’en 2019 afin de voir les résultats sur le maïs.


Mélodie Comte

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