Aller au contenu principal

Région d’Ennezat
Les conséquences des terres «redevenues » marécageuses

De nombreux agriculteurs sont victimes des inondations dues aux orages du 4 juin dernier.


100 à 130 millimètres d’eau sont tombées en 45 minutes sur une région qui s’étend du nord d’Ennezat au sud de Chappes et de St-Beauzire à St-Laure en passant par Entraigues et le canton de Riom. C’est l’équivalent de 20% de la pluviométrie annuelle sur ce secteur qui a été apporté par un seul orage violent. Quelles sont aujourd’hui les conséquences sur les cultures et pour les exploitants ?

Premier constat
Il reste de l’eau dans les parcelles. En effet, les fossés, comblés par des éboulements de terrain, évacuent encore mal l’eau contenues dans les champs. Gilles Berthonnèche, agriculteur dans le marais d’Ennezat nous fait visiter ses champs de betteraves. L’odeur de pourriture molle témoigne de l’état des racines : en confiture, liquéfiées ! «J’ai perdu 2,5 ha de betteraves et 4 autres ha ne sont pas certains de voir la fin de la campagne. C’est un manque à gagner de 4000 euros sans compter les charges opérationnelles» dit-il contrarié.
Christophe Cautier, agriculteur à St-Beauzire, déplore la noyade des plants de pomme de terre depuis plus de 15 jours. «Les tubercules pourrissent dans la vase et on ne peut rien faire techniquement pour les rattraper». Les maïs de consommation et de semences sont aussi touchés : «Beaucoup de plants sont asphyxiés et dépérissent dans les fonds de parcelles. Pour les autres, l’hétérogénéité de croissance est observée, d’autant plus importante qu’une croûte de battance, atypique pour nos sols, s’est formée».
Joël Arnaud, agriculteur à Ménétrol, précise que «les céréaliers touchés attendent beaucoup des conditions climatiques afin qu’elles soient favorables pour récolter les blés versés».
Les producteurs de tabac sont également touchés par la stagnation de l’eau dans leurs parcelles. Olivier Chambon, technicien à Périgord Tabac, précise que «les plants jaunissent et les racines ont du mal à tenir. Cet orage a eu lieu au moment le plus critique de la culture, le stade de la reprise. On comptabilise une dizaine d’hectares en difficulté, en particulier dans les anciens marécages sur la commune de St-Laure, une des plus importantes en surfaces de tabac. Nous avons aussi des craintes dues au ravinement des parcelles et au contact des herbicides des cultures voisines».
Pour conclure le constat, Michel Cautier, président du syndicat communal de Chappes s’interroge sur l’entretien des berges. «Le mauvais entretien des berges des ruisseaux et des rivières et le manque de curage des fossés laissent la végétation se développer de façon anarchique et freiner ainsi le bon écoulement de l’eau. Les dégâts causés par les rats musqués et les ragondins ne sont pas anodins non plus.»


 

Quelles conséquences sur le revenu ?
Les conséquences sont certainement néfastes pour le revenu des exploitants de cette zone.
L’UDSEA a pris contact avec l’administration pour trouver des solutions sur les communes concernées, à défaut de ne pas pouvoir enclencher la procédure calamité agricole au vu des seuils réévalués depuis la parution d’un décret modificateur le 24 avril dernier.
En effet, la procédure calamité agricole est applicable lorsque la perte représente plus de 42 % pour les cultures aidées PAC et 13 % du produit brut d’exploitation

Les plus lus

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Une jeune agricultrice corrézienne au cœur de l’engagement syndical

À 26 ans, Camille Privat incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant passion pour la terre, diversification des…

vaches laitières du GAEC Archer
Traite rotative : le GAEC Archer mise sur un ROTO pour gagner en efficacité

À Cérilly, le GAEC Archer a investi dans une salle de traite rotative afin d’améliorer l’organisation du travail et d’…

quelques agriculteurs derrière une machine de récolte de l'herbe
Conditionneur ou non : la Cuma des 3L garde les deux options

Deux faucheuses, deux philosophies : conditionner pour sécher vite ou préserver la valeur nutritive.Une Cuma de Châtaigneraie…

Le bale grazing est un pâturage hivernal dont les résidus de foin vont servir à réensemencer la prairie et les bouses la fertiliser.
Le bale grazing : une technique innovante pour régénérer les prairies et optimiser le travail

Franck Pradier, éleveur de vaches Salers dans le Puy-de-Dôme, a adopté le bale grazing pour améliorer ses sols et gagner en…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière