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UDSEA 63 pac
«Les arbitrages nationaux vont être décisifs»

Claude Raynaud réagit aux orientations de la future 2014/2020.

Claude Raynaud, président de l’Udsea du Puy-de-Dôme
Claude Raynaud, président de l’Udsea du Puy-de-Dôme
© UDSEA 63

La prochaine PAC pour la période 2014-2020 vient d’être validée par l’Europe, quelle est votre première réaction ?

Claude Raynaud : Après des négociations longues et difficiles et une incertitude budgétaire, l’Europe a fixé le cadre communautaire, reste maintenant aux états membres à mettre en place leurs arbitrages nationaux. Dès cet instant, le syndicalisme à tous ses niveaux doit interpeler les décideurs, le risque de déviance par rapport aux objectifs initiaux est important. Si nous n’y prenons pas garde la politique agricole ne sera plus européenne, mais nationale et à l’intérieur d’une même production naitront des distorsions importantes entre pays membres.

 

Au vu des grandes lignes de cette réforme, quelles vont être les attentes des agriculteurs du Puy-de-Dôme ?

C. R : Le Puy-de-Dôme est un département multi productions avec ses avantages et ses inconvénients, tous n’ont pas forcément les mêmes attentes, mais d’une manière générale, les producteurs veulent des systèmes qui leur simplifient la vie et leur donnent une lisibilité pour l’avenir en les rassurant. Plus dans le détail, le verdissement ne doit pas conduire à une régression de la production, par exemple les détenteurs de prairies permanentes subissent la double peine avec le non retournement de 95% des surfaces. La nouvelle délimitation des zonages à contraintes naturelles ne doit pas non plus exclure du dispositif les secteurs intermédiaires jusque là éligibles, ce serait synonyme de la disparition de l’agriculture dans ces territoires. Le couplage des aides pour les productions fragiles dans les secteurs difficiles doit être maximum, aujourd’hui tout le monde voudrait être recouplé, attention de ne pas tomber dans du saupoudrage. Il est également nécessaire de donner de la souplesse dans l’adaptation face à cette nouvelle donne, une exploitation agricole ne change pas du jour au lendemain.

 

Les revendications en faveur de l’élevage et de l’agriculture en zone de montagne risquent de ne pas convenir à l’ensemble des agriculteurs ?

Aujourd’hui, il est clair que l’élevage et l’agriculture en zone de montagne connaissent des difficultés, et ce n’est pas pour rien, que lors de son congrès, la FNSEA a déclaré l’élevage cause nationale. Derrière ces mots, il faut des actes, la PAC peut apporter des réponses, encore faut-il que les contraintes et réglementations diverses et variées ne soient pas plus pénalisantes que les avancées obtenues. La lourdeur et le temps de réaction des politiques publiques font qu’elles sont souvent en décalé avec la conjoncture, l’ampleur de la volatilité des cours est telle que prévoir une politique pour six ans relève de la boule de cristal. Une meilleure efficacité des outils de gestion des marchés serait bénéfique à l’ensemble de l’Agriculture, et ce n’est pas la baisse de l’aide de 25% de l’assurance climatique pour 2013 qui nous rassure sur ce domaine. Le président d’un syndicat généraliste souhaite que l’ensemble des exploitants du département vivent dignement de leur production qui est en harmonie avec le territoire où ils se trouvent, la « boîte à outils » est entre les mains du Ministre, espérons qu’il l’utilise au mieux sans appliquer le vieil adage, diviser pour mieux régner.

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