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Action syndicale
Les agriculteurs sonnent le réveil de l'État

Ce mardi 9 mars, les agriculteurs de la FDSEA et des JA sont entrés en action très tôt le matin sur trois sites : le Puy,
Yssingeaux et Brioude. Cette fois-ci, ils ont tapé fort !

Manifestation FDSEA JA 43 au Puy, Brioude et Yssingeaux à 6 heures du matin
Les remorques ont été vidées de leur contenu devant l'entrée de la Préfecture au Puy-en-Velay.
© HLP

Mardi matin 5h30, alors qu'il fait encore nuit noire, des tracteurs attelés de remorques chargées de fumiers, de terre, de pneus usagés ou encore de plastiques, prennent la direction des centres villes du Puy-en-Velay, d'Yssingeaux et de Brioude. Les convois avancent avec une mission : sonner le réveil de l'Etat !

Des rats taupiers dans la boîte aux lettres

Une fois devant leur cible (préfecture, sous-préfectures et trésoreries), les agriculteurs ont déchargé leur volumineuse cargaison devant les grilles de ces organismes représentant l'Etat. Une fois les remorques vidées, les agriculteurs ont pris soin d'installer de nombreuses pancartes avec des slogans accrocheurs et traduisant leur colère et leur détresse : "L'Etat veut-il abandonner les agriculteurs et leurs familles et les territoires ?" ou encore "Macron, l'avenir de notre alimentation dépend de vos décisions", "Denormandie, stop au mépris, place aux prix !" tandis que d'autres faisaient allusion à une problématique qui perdure, leur semble-t-il, dans l'indifférence de l'Etat : l'invasion des rats taupiers sur le Mézenc. Et pour montrer toute leur exaspération, certains agriculteurs avaient emporté quel-ques rats qu'ils ont pris soin de placer dans la boîte aux lettres de la Préfecture du Puy.
Dans la même lignée que la précédente mobilisation du 9 février, cette action syndicale conduite par le réseau FDSEA-JA vise l'Etat et en particulier le Président de la République. "M. le Président, la prise de décision est urgente ! Les agriculteurs attendent la juste rémunération de leur travail" indiquent les syndicats dans un communiqué paru suite à la mobilisation. Et de citer le célèbre Charles de Gaulle : " Un pays qui ne peut se nourrir ne saurait être un grand pays ".

Nous voulons taper fort !

"Nous sommes repassés à l'action et cette fois, nous voulons taper fort car lors de notre dernière action syndicale, nous avons eu l'impression de ne pas avoir été entendus. On estime que la population doit comprendre la détresse des agriculteurs. La loi Egalim n'est pas appliquée, ce qui impacte négativement nos prix à la production. Les agriculteurs sont pris en étau entre une hausse des charges (matières premières, contraintes réglementaires...) et des prix de vente qui stagnent voire, dans le pire des cas, baissent. Nous espérons à présent rencontrer le Préfet de Haute-Loire qui fera remonter nos revendications auprès du ministre de l'Agriculture Denormandie et du président Macron". "Rassasiés des beaux discours et de belles pensées pour leurs métiers" les agriculteurs réclament à présent des actes et des décisions politiques courageuses et ambitieuses. Ils demandent notamment une réforme législative qui impose la construction des prix agricoles en fonction des coûts de production.
Les agriculteurs restent également très vigilants sur le dossier de la PAC encore en cours de négociation. Leurs principales demandes sont la conservation du couplage et l'ICHN respectivement nécessaires pour conserver l'élevage et pallier les handicaps naturels.

Ultime appel à l'aide avant l’embrasement

Le dernier sujet qui a fait sortir les tracteurs des exploitations est l'invasion des rats taupiers sur le secteur du Mézenc. Une problématique qui persiste depuis 3 ans et qui menace directement l'AOP Fin Gras du Mézenc. "Or rien ne se passe, personne ne bouge... Alors soit on laisse mourir les agriculteurs ou bien on agit !" s'offusque la présidente des JA qui attend une réponse rapide de la part de l'Etat et de la Région.
A travers ce dernier appel à l'aide avant un réel embrasement des campagnes, les agriculteurs espèrent que leurs revendications seront cette fois prises en compte et se disent prêts à recommencer si la situation n'évolue pas dans les semaines qui viennent.   

 

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