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Syndicalisme
Les agriculteurs rendent leurs bottes et leurs bleus de travail

Le 18 mars après-midi, les agriculteurs ont jeté leurs bottes et leurs bleus de travail devant la Préfecture au Puy.
Un geste désespéré qui montre tout le désarroi dans lequel se trouve plongé le monde agricole.

Les agriculteurs étaient nombreux devant la Préfecture, preuve que les difficultés sont grandes !
Les agriculteurs étaient nombreux devant la Préfecture, preuve que les difficultés sont grandes !
© © FDSEA

Alors que l'ensemble des charges des exploitants agricoles (électricité, gaz, GNR, intrants, alimentation animale) explosent littéralement, le premier Ministre Jean Castex a dévoilé son plan de résilience économique et sociale le 16 mars dernier. Or, le contenu de ce plan ne semble pas répondre aux attentes et aux besoins des agriculteurs. Si les récentes négociations commerciales ont permis d'obtenir quelques hausses de prix, elles s'avèrent plus que dérisoires au regard du niveau des charges 2022 ! Pour toutes ces raisons, le 18 mars dernier, les agriculteurs ont décidé de rendre leurs bottes et leurs bleus de travail devant la Préfecture de Haute-Loire au Puy-en-Velay.

"Paysans taxés, famine assurée"
Mobilisés par la FDSEA et les JA de Haute-Loire, ils étaient une centaine à montrer leur détresse et leur inquiétude pour l'avenir de leur exploitation.
Cet après-midi-là, les slogans fusaient à l'encontre du Premier ministre :  "Castex, on te rend nos bottes et nos bleus et demain, ce sera nos fermes", "Castex revoit ton texte", "Plus de charges, moins de prix : la mort silencieuse des campagnes" ou encore "Paysans taxés = famine assurée"...
Outre le plan de résilience d'un montant de 400 millions d'€ et dont la ventilation exacte n'est pas encore connue, le gouvernement a annoncé une «remise carburant» de 15 centimes hors taxe par litre entre le 1er avril et le 31 juillet pour l'ensemble des Français ainsi qu'un remboursement anticipé de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) pour les agriculteurs. Des annonces jugées très insuffisantes face à l'explosion des charges auxquelles doivent faire face les agriculteurs.
Après les discours des responsables professionnels Claude Font pour la FDSEA et Laurine Rousset pour les JA, les manifestants ont jeté leur bottes et leurs bleus par dessus la grille, dans la cour de la préfecture. Une façon pour eux de montrer le caractère urgent de la situation.

Une cellule de crise départementale
à l'issue de cette mobilisation qui s'est déroulée sans violence, une délégation a été reçue par le Préfet Éric Étienne. Lors de cette entrevue, la délégation a pu faire part de ses revendications : obtenir une véritable baisse des charges (comparable à celle obtenue par les pêcheurs, soit -35 cts sur le carburant) permettant de conserver un potentiel de production visant à garantir l'autonomie alimentaire de la France, déclencher les clauses de renégociations et les clauses de révision des accords commerciaux du 1er mars.
Très attentif et à l'écoute, le Préfet a pris la mesure des difficultés traversées par les agriculteurs et a assuré de faire remonter ces revendications auprès du gouvernement.
Ouverture d’une cellule
de crise
Il a par ailleurs accepté la demande formulée par la profession agricole concernant l'ouverture d'une cellule de crise qui se réunira régulièrement sur cette problématique.
 

Ils ont dit...
Laurine Rousset, présidente des JA 43
«La forte mobilisation du 18 mars devant la préfecture traduit vraiment toute la détresse des campagnes. La guerre en Ukraine, c’est l’affaire de tous ! Elle impacte les charges opérationnelles et structurelles de nos exploitations. Nos coûts de production explosent et grâce à la pression syndicale, les négociations commerciales, terminées il y a peu, ont été réouvertes (Ndlr : voir P 09). C’est une bonne chose !
Aujourd’hui, il faut redonner de l’importance à la loi Egalim2 pour ramener plus de contrôles et du revenu auprès des producteurs».

Claude Font, président de la FDSEA 43
«Le 18 mars, notre réseau s’est bien mobilisé au Puy-en-Velay pour faire part de nos inquiétudes à l’égard des retombées départementales du plan de résilience annoncé par Jean Casteix et également pour demander un plan d’urgence immédiat, à l’image de celui fléché sur la production porcine. L’explosion actuelle des charges menace la capacité de production de nos exploitations et toutes les productions sont menacées par la crise. Pendant la crise du Covid-19, les consommateurs s’étaient montrés satisfaits de la production nationale... Si on importe nos produits et aliments auprès des pays tiers, nous ne sommes pas à l’abri d’une pénurie ! Le maintien de notre capacité de production passera aussi par Egalim 2 et la prise en compte de la hausse de nos coûts de production».

 

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