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Les agriculteurs sont prêts à s'investir dans le numérique

Les résultats de l'enquête sur les usages numériques des agriculteurs en Auvergne Rhône-Alpes ont fait l'objet d'une présentation le 9 octobre dernier lors d'une conférence au Sommet de l'Élevage. 

La présentation des résultats de l'enquête sur le numérique a eu lieu pendant le sommet de l'élevage.
La présentation des résultats de l'enquête sur le numérique a eu lieu pendant le sommet de l'élevage.
© HLP

Les outils numériques se font une place dans les exploitations

La transition numérique est en marche, elle concerne l'ensemble de notre société y compris le domaine de l'agriculture. Depuis quelques années, le recours aux outils numériques se généralise dans les exploitations agricoles et de nouveaux outils émergent régulièrement, transformant ainsi les pratiques et les modes de productions. 

« Le numérique est un outil indéniable pour nos exploitations et il sera de plus en plus présent à l'avenir » a indiqué Aurélien Ratton, agriculteur dans le Rhône et membre de l'ENE (Experts du numérique en entreprises) en préambule de la présentation. 

 

Toutefois les pratiques numériques des agriculteurs et éleveurs de notre région sont loin d'être uniformes. Afin d'appréhender leur degré d'usage du numérique et de cibler leurs besoins, la Chambre d'agriculture Auvergne Rhône-Alpes a commandé une enquête* réalisée avec le soutien de la Région. 

Lire aussi : L'impact du numérique dans l'élevage : une révolution en marche

Le numérique pour piloter sa production

83% des exploitants interrogés disposent d'un outil numérique pour la gestion financière ou la comptabilité, 33% y ont recours pour la vente de leurs produits, tels sont les grands chiffres qui se dégagent de l'enquête présentée le 9 octobre par Lionel Poinsot, directeur de l'ENE.

Quant aux profils des mieux équipés, il s'agit plutôt de viticulteurs et de producteurs de fruits

Pour communiquer auprès de leurs clients, les agriculteurs privilégient les publications sur les réseaux sociaux, l'envoi d'e-mails et de newsletters ainsi que les sites web. 

54% d'entre eux perçoivent le numérique comme un moyen d'échanges avec leur pair, pour s'informer ou disposer de conseil. 

53% des enquêtés ont recours au numérique pour piloter ou réaliser leur production, en particulier en filière bovins lait et en culture fruitière. 

Les technologies les plus couramment utilisées sont les objets connectés (47%), les GPS et système de guidage (40%), les outils de traçabilité (38%), les capteurs de données (27%) et dans une moindre mesure les robots (14%) et les drones (4%). 

Notons que la qualité de l'accès à internet reste encore un problème pour 33% des exploitants questionnés. 

Des bénéfices évidents

Conscients des nombreux bénéfices apportés par l'utilisation du numérique (économiser des charges, anticiper les risques, réduire la pénibilité physique du travail, améliorer le rendement, réduire le temps de production...), les agriculteurs avouent avoir d'importants besoins en la matière sur la sécurisation des données (47%), les démarches administratives en ligne (32%), la prise en main d'un équipement informatique (31%), la gestion des données -stocker, ranger, partager- (30%), l’amélioration de la connexion internet (28%), la communication en ligne (22%), la vente en ligne (15%), la bureautique (14%) et la navigation sur internet (5%).

Prêts à se faire accompagner

Ils se montrent par ailleurs favorables à un accompagnement

67% d'entre eux se disent prêts à investir dans des outils numériques et une large majorité participerait à une formation collective sur le numérique ou ferait appel à un conseiller numérique d'une chambre d'agriculture si ce service était proposé. Et pour finir, 38% sont prêts à payer un accompagnement dans le numérique.

3 profils d'agriculteurs : les connectés, les pragmatiques, les réticents

Au final cette enquête identifie 3 profils d'agriculteurs différents face au numérique : les connectés (à l'aise avec le numérique et en recherche de solutions innovantes pour optimiser leur exploitation), les pragmatiques (recours au numérique par obligation ou pour des raisons pratiques) et les réticents (crainte à l'égard du numérique et problème d'adaptation au changement).

Si plusieurs Chambres d'agriculture proposent déjà un accompagnement numérique en France, dans notre région seule la Haute-Loire a tenté l'expérience en se dotant d'une conseillère numérique début 2022 (voir dans cette page).

Notons qu'une autre étude centrée sur l'accompagnement des acteurs du monde agricole à l'adoption des outils numériques est en cours dans notre région ; pilotée par le pôle de compétitivité Végépolys Valley et de nombreux partenaires, elle se nomme NumAgri et viendra compléter les enseignements de l'enquête portée par la Chambre d'agriculture AuRA.

* Enquête réalisée par l'ENE auprès de 274 agriculteurs issus de l'ensemble des départements de la région AuRA

La Haute-Loire en route vers l'autonomie numérique des agriculteurs 

Depuis 2022, la Chambre d'agriculture de Haute-Loire dispose d'une conseillère dédiée au numérique. Florence Moury propose un accompagnement entièrement gratuit (financé par l'État et la Chambre d'agriculture 43) des agriculteurs sous la forme de sessions de formation collectives, d'ateliers collectifs concrets « les Cafés numériques » et de permanences numériques sur le territoire. Son intervention, orientée sur les besoins exprimés par les agriculteurs, peut s'effectuer en présentiel ou bien à distance, sur un public agricole au sens large (agriculteur en activité, conjoint, enfants, ancien exploitant, salarié). 

Et selon elle « il n'est jamais trop tard pour se mettre au numérique, l'important c'est de pratiquer ! Mon objectif c'est de faire en sorte que les agriculteurs soient plus autonomes, plus confiants et plus sereins face au numérique».

L'accompagnement de Florence Moury est complet et va du conseil sur le matériel (en vue d'une adaptation à chaque utilisateur), à la découverte des fondamentaux en passant par le perfectionnement des acquis. « Le numérique doit cesser d'être une contrainte. Il doit être vu comme un outil du quotidien au service des activités agricoles. Dans un monde où le numérique est partout, notre but est de donner aux exploitants les moyens de rester acteurs de leur activité ». 

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