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Les acteurs économiques au cœur des législatives

CPME et la FDSEA même combat.

De gauche à droite : Damien Demarigny (DLF), Martine Laporte (PS), Laurence Pache (FI), Jean-Baptiste Moreau (REM), Jérémy Sauty (LR) et Martial Maume (FN)
De gauche à droite : Damien Demarigny (DLF), Martine Laporte (PS), Laurence Pache (FI), Jean-Baptiste Moreau (REM), Jérémy Sauty (LR) et Martial Maume (FN)
© AM

Lors d’une réunion publique organisée conjointement par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de la Creuse (FDSEA), les acteurs du monde rural ont rencontré et débattu avec les candidats aux élections législatives.
La tâche n’était pas pour autant aisée pour les organisateurs de ce débat, qui ont souhaité interpeller les candidats sur leurs intentions et leurs programmes électoraux en matière économique. Mais au-delà des intentions, l’objectif était essentiellement de faire prendre conscience au futur élu des préoccupations et de la place qu’occupent les secteurs de l’artisanat, des métiers, de l’industrie et de l’agriculture dans l’économie départementale.
Les deux présidents, Philippe Micard pour la CPME et Thierry Jamot pour la FDSEA, représentant les forces vives du département, n’ont pas manqué de rappeler aux candidats les enjeux majeurs que représentent ces élections pour les chefs d’entreprises.
Pour des raisons de clarté dans les débats, les organisateurs avaient choisi de n’inviter que 6 candidats parmi les 14 que compte le département. En toute transparence n’ont été retenues pour ce débat que les organisations politiques ayant obtenu les meilleurs résultats à l’élection présidentielle.
Ainsi, Jean-Baptiste Moreau représentait La République en Marche, le mouvement présidentiel, Jérémie Sauty pour le parti Les Républicains, Damien Demarigny pour Debout la France, Martine Laporte représentait Michel Vergnier pour le Parti Socialiste, avec au passage une absence très remarquée pour la circonstance, Laurence Pache, pour La France Insoumise, et Martial Maume pour le Front National. Le débat était animé par Jean-Louis Laverdant.
Après une brève introduction par les présidents respectifs, Philippe Micard a rappelé le poids économique que représentent les secteurs économiques de l’artisanat, du commerce, de l’industrie, et de l’agriculture, et des multiples enjeux pour notre département et notamment, en termes d’emploi, de vitalité des territoires, de création de richesses économiques et culturelles et d’environnement.
À travers quatre thèmes évoqués, le compte pénibilité, la fiscalité locale, la téléphonie et la surtransposition des normes et des contrôles, chaque candidat, à temps égal, a pu s’exprimer sur ses convictions, ses idées, et ses propositions.

De profondes divergences
Les sujets évoqués ont donné lieu à des visions très différentes selon les candidats. Ainsi, pour le compte pénibilité tant décrié par les entreprises, certains partis comme La République en Marche considèrent ces dispositions comme une « usine à gaz, inapplicable ». Même opinion pour les représentants des Républicains et du Front National qui estiment que cette mesure n’apporte que des contraintes pour les entreprises, tout en déclarant vouloir apporter des solutions alternatives. Quant à la France Insoumise, elle prône pour la suppression pure et simple de cette mesure, alors qu’à l’inverse le Parti Socialiste soutient pleinement cette disposition.
Au sujet de la fiscalité locale et des charges qu’elle représente pour les entreprises, les avis divergent. Pour le représentant de la République en Marche, « les collectivités locales passeront des contrats avec l’État pour compenser les pertes induites par l’exonération de la taxe d’habitation ». « Une mesure utopique » pour le PS qui estime « qu’il sera difficile de baisser les impôts locaux ».
Pour Les Républicains, la solution consiste à « mieux gérer les charges des collectivités locales », alors « qu’il faut redonner aux collectivités locales les moyens d’investir ».
Si un sujet mettait tous les candidats d’accord, c’était bien celui de la téléphonie en Creuse. Chacun des candidats s’accordait à dénoncer l’attitude des opérateurs téléphoniques qui laissent de nombreuses zones blanches dans le département, privant de nombreux habitants de réseau GSM, internet et de haut débit. « Nous devons forcer les opérateurs à travailler ensemble » déclarait Jérémie Sauty.
Par contre, au sujet des surtranspositions des normes et des contrôles, tous les candidats admettaient que les excès de normes et de réglementations nuisaient au développement des entreprises.
En seconde partie du débat, consacrée au programme de chacun des candidats en matière économique, le représentant de La République en Marche préconisait la suppression du RSI afin de libérer et d’accompagner les TPE et les PME. Sur les questions agricoles, Jean-Baptiste Moreau a mis l’accent sur les États généraux de l’alimentation que compte mettre en œuvre le gouvernement pour redéfinir les relations entre producteurs et distributeurs. Pour Jérémie Sauty du parti des Républicains, son axe de développement portait davantage sur le secteur médical, il faut « redoter » le département de médecins et préserver une couverture médicale digne de ce nom, avec les maisons de santé pluridisciplinaires, tout en conservant le maximum de services publics sur nos territoires. Même constat pour Damien Demarigny, le représentant de Debout la France, qui souhaite également développer les services publics et exonérer les entreprises qui recrutent. Alors que pour le Parti Socialiste, Martine Laporte préconise davantage de formations pour les salariés afin que les entreprises puissent trouver des personnels qualifiés.
Laurence Pache, de la France Insoumise, mettait l’accent sur les investissements des entreprises, notamment dans le bâtiment et les logements sociaux pour redynamiser l’économie locale. Quant à Martial Maume du Front National, il préconise la revitalisation des zones rurales en reclassant l’ensemble du département en Zone de revitalisation rurale (ZRR), la baisse des charges des entreprises et le développement des circuits courts auprès des collectivités locales pour la restauration collective.
Tout en essayant d’aborder le maximum de sujets en deux heures trente de débats, les présidents Philippe Micard et Thierry Jamot ont apprécié, tout comme les candidats, cette rencontre riche d’enseignements, tout en rappelant que la politique économique ne peut se faire sans les chefs d’entreprises quel que soit le secteur d’activité.

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