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L’engraissement au programme des rencontres Interbev

« Point d’étape pour la filière viande régionale » selon les propos de Jean-Bernard Sallat, président d’Interbev Nouvelle-Aquitaine, les Rencontres d’Interbev 2026 du 25 mars ont permis d’aborder notamment la question de l’engraissement.

Des veaux en moins mais une dynamique d’engraissement enclenchée

 

 

Depuis quelque temps, l’Observatoire de la filière viande et élevage de Nouvelle-Aquitaine constate une hausse de l’engraissement en région. Celle-ci, bien que fragile, vient contrebalancer le recul du nombre de veaux. À l’occasion des Rencontres Interbev, un point sur la situation de la filière viande a été réalisé par l’Idele. L’institut a rappelé que la décapitalisation a débuté dès 2016 en lien avec le départ en retraite de nombreux éleveurs entre autres. Le recul, particulièrement marqué en bovins lait tend à s’atténuer en bovins allaitant avec une baisse de 1,6 % contre 3,2 % les années passées. Avec les crises sanitaires, la région enregistre également une surmortalité et des naissances fortement en baisse en 2024 et 2025. Le nombre de veaux disponibles est donc en recul de 1,3 %. Les systèmes naisseurs étant majoritaires en Nouvelle-Aquitaine, une forte proportion de ces veaux part à l’export. Malgré ce contexte, la production de Jeunes Bovins (JB) connaît toutefois une poussée jusqu’en 2024. Depuis, les naisseurs engraisseurs ont marqué le pas. Problèmes de trésorerie, risque financier, contexte sanitaire viennent nuancer l’attractivité des prix.

 

 

Quelle stratégie pour sécuriser la filière élevage en Nouvelle‑Aquitaine ?

 

 

La table ronde qui a suivi a rassemblé des éleveurs, des représentants de coopératives, de l’Idele ou encore du Crédit Agricole autour de la stratégie à mettre en place pour soutenir l’élevage. La possibilité de reconquérir les zones intermédiaires qui se sont détournées de l’élevage au profit des grandes cultures a été évoquée. « Si l’on ne change pas de modèle sur certains territoires, on est mort, a souligné Christian Daniau, agriculteur en Charente. Il nous faut la souveraineté alimentaire mais aussi la souveraineté économique ». Les groupes Océalia et Corali ont présenté les actions mises en place pour soutenir l’engraissement. Au centre du projet d’Océalia, la contractualisation pour « sécuriser les charges et donner de la perspective » a rappelé Stéphane Ducher, directeur élevage. Dans le soutien mis en place il y a un an et demi, le prix de l’aliment est garanti tout au long de l’engraissement et la facturation n’intervient qu’à la fin, une façon de répartir les risques. L’Idele a présenté un projet d’engraissement des veaux laitiers conduit avec le Cirbeef. Ciblant en priorité la RHD, plusieurs itinéraires techniques sont à l’étude. Du côté du Crédit Agricole, des offres sont également disponibles afin de « remettre du financement dans les fermes » et lever les freins liés au besoin de trésorerie. « La région Nouvelle-Aquitaine est le premier cheptel français et il y a une complémentarité à trouver, rappelle Jean Bernard Sallat. Entendre parler de contractualisation aujourd’hui est important; il faut donner de la perspective aux jeunes si demain nous voulons occuper l'espace et en vivre ».

Des soutiens régionaux et nationaux

 

 

Invitées à clore les débats, la Région Nouvelle-Aquitaine et la DRAAF ont réaffirmé leur soutien à l’engraissement sur le territoire. Jean-Pierre Raynaud, vice-président en charge de l’agriculture à la Région, a rappelé notamment que celle-ci a voté en novembre dernier une enveloppe de 490 000 € destinée à soutenir l’engraissement des JB par l’octroi de prêts à taux  zéro. « L'impact du changement climatique est fort dans notre région, il faut réfléchir à de nouvelles voies pour retrouver productivité et, par-delà, valeur ajoutée, a souligné le vice-président. Malgré une situation contrainte, la région maintient ces soutiens à l'élevage en 2026 ». De son côté la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, par la voix de Yannick Monteilhet son directeur adjoint a rappelé la volonté de l'État d'atteindre la souveraineté alimentaire et de reconquérir les capacités de production agricole, engagement pris au Salon de l’agriculture par Annie Genevard dans le cadre du grand réveil alimentaire et de la Loi d'orientation agricole.

P. Dumont

 

 

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