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« L’élevage extensif du Massif central est celui posant le moins de soucis »

Au regard des enjeux de l’élevage pour nos régions et suite à la tenue de la Cop 21, Nicolas Hulot a accepté de répondre à nos questions.

© Jennifer Jaquemart

La Cop 21 vient de s’achever. Quel bilan en tirez-vous ? Quels sont les prochains grands défis des négociations internationales ?
Réjouissons-nous pour commencer que plus personne ne nie le problème. Saluons aussi la mobilisation sans précédent du monde entier. La présence au premier jour de la Cop 21 de 150 chefs d’État et de gouvernement l’illustre parfaitement. Sur l’accord lui-même, le bilan est positif, même s’il reste beaucoup à faire. C’est le premier accord universel sur le climat. Ce n’est pas rien. Il a fallu attendre la vingt-et-unième Cop pour y parvenir. L’accord de Paris s’imposera aux 195 pays, avec un degré de flexibilité pour les pays en voie de développement. Tous les pays ont pris en amont des engagements volontaires pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre sur lesquels ils devront rendre des comptes. Cela nous permet de passer d’une augmentation de cinq à six degrés à la fin du siècle, à seulement trois. C’est encore beaucoup trop et tous les États devront réviser leurs plans de réduction d’émissions obligatoirement en 2025, et pour ceux qui le souhaitent dès 2020, si le monde veut espérer contenir le réchauffement nettement en dessous de deux degrés et si possible en deçà de 1,5 degré par rapport au début de l’ère industrielle, seuil au-delà duquel l’adaptation sera difficile dans de nombreux pays. Les financements apportés par les pays du Nord aux pays du Sud, pour diminuer leurs émissions et s’adapter au réchauffement climatique, sont confirmés dans le texte : 100 milliards de dollars par an au minimum à compter de 2020. On peut toujours penser que cela ne suffit pas, que le compte n’y est pas. Ce n’est pas faux, notamment du point de vue des pays en développement. Si l’on tient compte des intérêts divergents des pays, de leurs positions de départ très éloignées, je pense que l’accord obtenu à Paris relève du tour de force. Honnêtement, on a obtenu le mieux qu’on pouvait raisonnablement espérer et cela n’allait nullement de soi. Au delà des engagements des États, il faut évoquer ceux pris par de très nombreux acteurs de la société civile pour contribuer, chacun dans son domaine, à cette transition vers une économie bas carbone. Ce rendez-vous de Paris a mobilisé les régions, les villes, les entreprises et toutes les parties de la société, les agriculteurs comme les autres. Un élan a été donné à Paris avec cet accord. Sans ce dernier, il aurait été vain d’espérer pouvoir contenir le réchauffement climatique dans des limites acceptables. Maintenant, le défi est d’accélérer la transition et que tous les pays mettent en œuvre leurs engagements et régulièrement revoient leurs exigences à la hausse.
Pour la première fois, la sécurité alimentaire a été reconnue comme un enjeu à ne pas brader dans la lutte contre le changement climatique. Que cela change-t-il pour l’agriculture ?
La sécurité alimentaire figure dans le préambule de l’accord qui précise que les États reconnaissent la priorité fondamentale de sauvegarder la sécurité alimentaire et d’éliminer la faim. Ils reconnaissent également la vulnérabilité particulière des systèmes de production alimentaire face aux effets néfastes du changement climatique.

La suite dans le Réveil Lozère, page 8, édition du 7 janvier 2016, numéro 1341.

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